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 [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Ven 23 Fév 2018 - 0:47

Sentant l'haleine avinée de l'homme qui la maintenait, Ermaëlle fit comme prise d'un haut de cœur. Elle n'arrivait même pas à se souvenir de la manière dont elle s'était retrouvée dans cette situation, ni comment celle-ci avait dérapé. La seule chose dont se souvenait la jeune femme, c'était qu'elle avait décidé de se rendre au Parc Suspendu dès les premières lueurs du jour afin d'y travailler ses enluminures sans être dérangée. Et ensuite, trois hommes étaient arrivés. Étant donné qu'ils portaient ce qui semblait être un uniforme, la jeune femme avait déduit qu'il s'agissait de gardes ou d'un tout autre corps militaire qui venaient de finir sa nuit de travail ou bien une toute autre tâche. Sa vision des choses avait changé quand elle s'était rendue compte que les hommes semblaient avoir abusé de la boisson.

Ermaëlle se souvenait de tout à présent ! Oui, elle avait essayé de fuir en voyant les trois bougres, se disant que ce n'était pas la meilleure idée du monde de rester seuls avec trois personnes passablement éméchées. Malheureusement pour elle, l'un des hommes l'avait remarquée, puis hélée d'un nom lui étant inconnu avant de l'attraper pour éviter qu'elle ne puisse s'enfuir. Et maintenant, elle était retenue prisonnière tandis que les deux collègues de son geôlier étaient en train de fouiller dans ses affaires, comme s'ils avaient à affaire à une criminelle ! A croire que l'alcool leur avait ôté toute raison ! Et toute douceur aussi ! Il suffisait de voir l'état d'une partie de son matériel ! Les hommes avaient tout bonnement jeté sur le sol certaines de ses fioles d'encre ou ses boîtes à pigments. Ermaëlle venait de perdre sa seule fortune !

C'est alors que l'un des gardes avinés tomba sur son ouvrage personnel en fouillant dans ses affaires. Ermaëlle retint un cri de stupeur. Qu'on lui prenne ses pigments et son encre, soit, mais pas cet ouvrage ! C'était son œuvre, ce qu'elle laisserait aux enlumineurs des générations futures ! Si on le détruisait, Ermaëlle perdrait son seul trésor. Au comble du désespoir, l'ancienne esclave laissa échapper une plainte :

« Non !! N'y touchez pas ! s'exclama Ermaëlle, en voyant l'un des deux hommes feuilleter son ouvrage personnel. Vous n'avez pas le droit ! Je travaille sur cet ouvrage depuis des années ! Vous allez l'abîmer ! Je ne suis pas une criminelle ! Vous faites erreur ! Je n'ai rien fait de mal ! Vous n'avez pas le droit de détruire ce qui m'appartient ! » gémit la jeune femme, en tentant de se dégager.

Sentant la poigne du troisième homme se resserrer autour de ses poignets, la jeune femme sentit des larmes lui monter aux yeux. Depuis quand des soldats se comportaient-ils de la sorte ?! Elle n'avait rien fait de mal, ils n'avaient le droit de détruire ce qui lui appartenait ! Au comble de la terreur et de la crainte, Ermaëlle hurla de toutes ses forces. Ce Parc ne pouvait pas être vide ! Certes, il était encore tôt, mais elle ne devait pas être la seule en ces lieux ! La jeune femme n'eut pas le temps d'y penser d'avantage, l'homme la poussant violemment sur le sol.

Sonnée, la jeune femme ne comprit pas immédiatement ce qui venait de se produire. C'est alors que l'homme lui donna un puissant coup de pied dans l'estomac. Poussant un glapissement de douleur, Ermaëlle se recroquevilla sur elle-même, priant pour que les coups s'arrêtent rapidement. Protégeant sa tête avec ses bras, la jeune femme ne put rien faire quand un coup atteignit l'une de ses jambes. Le cri de douleur qu'elle poussa fut tel que l'homme s'arrêta un temps de la brutaliser, l'observant, ahuri. Ermaëlle n'y faisait même pas attention, se lassant aller aux sanglots les plus intenses, incapable de bouger sa jambe qui était comme paralysée. Transie de douleur, la jeune femme n'espérait plus qu'une chose. Que quelqu'un accepte de l'achever. Et vite.


Dernière édition par Ermaëlle Fyrnam le Sam 24 Fév 2018 - 1:20, édité 1 fois
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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Sam 24 Fév 2018 - 0:46

La patrouille du matin avait commencé bien tôt, aux premières lueurs du soleil levant. Je ne faisais jamais de grasses matinées, ce n'était plus de mon ressort. Ce n'était pas qu'une question de devoir, c'est juste que rien n'était plus beau que de survoler le royaume sur Dementör alors qu'au loin s'éveillait l'astre de lumière...Chaque jour était une nouvelle beauté à voir. En cette fraîche saison, la pâleur du soleil lui donnait un nouveau rayonnement que je prenais plaisir à voir. L'air frais caressait mon visage déjà bien habitué au froid de l'hiver. Mes longs cheveux d'ébènes s'élevaient en un obscur rideau derrière moi tandis que mon regard sombre perçait le voile de brume qui enveloppait la vallée. Les premiers rayons du clair soleil hivernal se reflétait sur cette brume, nous offrant un océan lumineux à survoler. Derrière nous, les cieux nocturnes se faisaient peu à peu repousser par le nouveau jour, retombant dans les abysses de l'horizon pour passer leur couverture de nuit sur l'autre face du monde.

Endurant et rapide, Dementör était capable de me porter avec aisance d'un point à l'autre du pays sans broncher. Bien que de nature ténébreuse, il ne rechignait pas non plus devant le spectacle d'un lever de soleil pourtant déjà mille fois vu. Au fur et à mesure que nous progressions dans les airs, le brouillard du matin se dissipait lentement. J'observais alors le halo du jour prendre place dans les plaines. Malgré la vitesse à laquelle nous allons, je tenais correctement en place derrière les ailes de Dementör, avec pour seul appuie mon équilibre sur la plus magnifique des créatures de ce monde. Ma sombre tunique se perdait dans son plumage bleu agité par les vents. Très vite, nous apercevions au loin l'impressionnante capitale du royaume : Hàntonael. Voilà bien quelques jours que je n'y étais pas allé. Généralement, nous nous contentions de la survoler, comme bien des villes et villages. Il fallait juste s'assurer que tout aille bien avant d'aller jeter un oeil du côté des frontières. Je ne pouvais m'y éterniser bien longtemps. J'avais encore de jeunes recrues à entraîner au Panlaüd. Ces dernières n'étaient sûrement pas encore levées.

C'est en passant non loin au dessus de la cité que Dementör se mit à réagir. Ses yeux perçant de rapace et son ouïe fine ne le trompaient jamais. Il venait de remarquer quelque chose d'inhabituel. Il poussa un cri pour m'avertir. Son regard ambré dévia en contre bas alors que nous passions au dessus du grand Parc Suspendu de la ville. Pour mes simples yeux d'humains, j'avais encore bien du mal à cette hauteur de voir de quoi il s'agissait. Par la Langue des Anciens, je demandais confirmation à Dementör sur ce qu'il voyait qui le dérangeait temps. Il répliqua d'un nouveau cri alors qu'il volait en saint-esprit au dessus de la ville. Je lui demandais donc de se rendre là où quelque chose n'allait pas. Il ne se fit pas attendre et piqua vers le sol. Ce n'est qu'à une certaine distance que je pus enfin voir ce qui se passait dans le parc. Il y avait là trois hommes, visiblement des soldats, qui s'en prenait à...Ermaëlle !

C'était une jeune femme que j'avais rencontré lors de la dernière visite dans la cité, il y a quelques jours de cela. Une ancienne esclave de Kartendark. Serait-ce pour cela que ces hommes s'en prenaient à elle...? Dementör, outre l'agitation, avait sûrement entendu les cris désespérés de la jeune femme depuis les cieux. Nous arrivions justement alors que cette dernière était en train de subir un douloureux châtiment. Dementör se posa non loin de la scène, ses grandes ailes lançant malgré elles des rafales de vent lorsqu'il se posa sur la pelouse. Il poussa un cri menaçant pour attirer l'attention et faire stopper ce qui était en train de se passer tandis que je descendais agilement de lui, achevant sur un petit saut jusqu'au sol. Sitôt après, une main sur le pommeau de mon épée, je m'avançais à grande enjambé vers le trio bourreau.

- Honte à vous, soldats de la garde ! m'exclamais-je, remonté, est-ce réellement vous qui représentaient la force et la sécurité d'Hàntonael, à maltraiter ainsi une femme ?!

Il s'imposa au milieu de tous, les regardant d'un oeil sévère à tour de rôle.

- Eh bien ? poursuivit-il, j'attends des explications sur vos actes.

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Sam 24 Fév 2018 - 1:53

Le répit d'Ermaëlle fut court. Si l'homme ne semblait pas avoir les idées très claires, il comprit rapidement qu'il pouvait tirer un avantage de cet étrange point faible affiché par sa victime.Le voyant préparer un nouveau coup, la jeune femme ferma les yeux, serrant les dents de toutes ses forces pour retenir son prochain cri. Elle avait l'impression d'être retournée à l'époque où, alors qu'elle n'était qu'une enfant, son maître profitait de ses plaies encore vives pour lui rappeler son rang et ses obligations. Et dire qu'en quittant Karn, la jeune femme pensait être en paix. Elle s'était bien trompée !

C'est alors qu'un cri menaçant résonna. Si Ermaëlle fut surprise en l'entendant, elle le fut d'avantage en se rendant compte que le coup qu'elle attendait ne lui avait pas été donné. Écartant quelque peu ses bras de son visage, l'ancienne esclave ne tarda pas à se rendre compte que ses bourreaux étaient tous trois stoïques. Ses cheveux, déliés pour une fois, masquant en partie sa vision, la jeune femme du secouer légèrement la tête pour comprendre l'exacte teneur de la situation. Remarquant enfin la présence du Laüd, la jeune femme poussa un petit cri de surprise. C'était Dementör, elle en était sûre ! Comme beaucoup d'artistes, elle avait apprit à faire attention aux détails, et la jeune femme avait bien reconnu les longues plumes argentées qui ornaient le crâne de l'immense créature. Si on ajoutait à cela la présence d'Ásmundr, Ermaëlle savait qu'elle ne s'était pas trompée.

Profitant du trouble de ses bourreaux, la jeune femme avança comme elle le put sur le sol, traînant sa jambe lésée comme elle le pouvait. L'ancienne esclave ne s'arrêta qu'une fois son ouvrage en sa possession. Le garde, qui le tenait encore quelques minutes auparavant, l'avait sûrement laissé tombé en voyant Ásmundr et Dementör. Rassurée d'avoir retrouvé son trésor, Ermaëlle le serra contre elle, ne faisant même plus attention aux douleurs provoquées par sa jambe encore à demi-paralysée. Ce n'est qu'après quelques secondes que la jeune femme reporta son attention sur la scène qui se jouait devant elle.

Ses bourreaux semblaient être en bien mauvaise posture. Brutaliser une femme, passe encore, mais avoir des comptes à rendre à un Arlaüd et son Laüd semblait leur avoir fait perdre toute contenance. Si l'un d'entre eux posa un instant sa main sur la garde de son arme, les autres le dévisagèrent, lui faisant comprendre que ce n'était pas une bonne idée. L'homme le plus belliqueux, ou inconscient selon les critères d'Ermaëlle, retira donc sa main de son arme. L'ancienne esclave tressaillit quand son regard se porta sur elle. Serrant son ouvrage contre elle, la jeune femme baissa les yeux. Cela ne l'empêcha pas de ressentir une profonde colère quand le garde exposa son point de vue.

« C'est une voleuse. Nous sommes juste venus récupérer ce qui nous appartenait, Messire.
- C'est faux... Entièrement faux... Je n'ai rien fait de mal... Je le jure... » bredouilla Ermaëlle, en serrant d'avantage son ouvrage contre elle.

En sentant le regard hargneux du garde sur elle, Ermaëlle baissa les yeux, se recroquevillant sur elle-même par la même occasion. Au vu de l'état de l'homme, la jeune femme pressentait qu'il n'hésiterait pas à lui faire du mal, et ce, malgré la présence d'Ásmundr et Dementör. Ne pouvant parler, l'ancienne esclave trouva tout de même le courage d'adresser un regard suppliant dans la direction de l'Arlaüd, le priant de la croire.

« Ce n'est qu'une étrangère et une voleuse. Une femme de mauvaise vie. reprit le premier garde. Elle a volé l'un de mes hommes. Elle ne devrait même pas être libre. »

Ermaëlle ne put retenir ses larmes. Pleurant silencieusement, la jeune femme enfouit une partie de son visage dans l'un des pans de sa cape, pour cacher ses pleurs. Non, elle n'était pas une voleuse. Elle préférerait se laisser mourir de faim plutôt que de voler la nourriture d'autrui ou de vendre ses charmes pour arriver à ses fins ! Certes, elle était une étrangère, elle ne pouvait pas le nier, mais elle n'en était pas une coupable pour autant !
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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Sam 24 Fév 2018 - 16:33

Dementör s'approcha de la petite troupe, en alerte, mais préférait de loin laisser les humains traiter entre eux. Lui aussi reconnu la jeune femme qui rampait à terre et bien qu'il ne la portait pas dans son coeur, il savait faire abstraction de ses ressentis personnels au profit de son sens de la justice. Et pour lui, à trois contre un, c'était tout sauf juste. Les Laüds avait la noblesse dans le sang, la justice au coeur dès leur naissance. On ne pouvait rien reprocher sur la pureté de leur âme, contrairement à moi par exemple, qui avait dû l'apprendre sur de longues années.

Mon intervention avait eu l'effet escompté. Les trois hommes s'étaient immobilisés. Je ne prêtais guère attention à Ermaëlle pour le moment, mon regard noir -dans tous les sens du terme- toujours tourné sur les gardes. Pendant un moment, l'un d'eux semblait vouloir me défier. Je vis sa main s'approcher de son arme. Je n'eus aucune réaction, laissant sa conscience éventuellement faire demi-tour, mais s'il le fallait j'étais prêt également à sortir les armes, quoi que ce serait véritablement stupide. Nous étions du même royaume et il était indigne de se battre entre nous. Ce ne fut qu'une fois à proximité que je pu humer une odeur particulière dans l'air. Je devais ainsi me rendre à l'évidence, ces soldats n'étaient pas sobres, ce qui rajoutait que d'avantage de honte à leur actif. Je n'avais rien contre ceux qui prenaient un peu de bon temps dans l'alcool. Je ne pouvais néanmoins pas toléré qu'ils s'évertuent à être de service dans un tel état.

Après abstinence finalement de me provoquer, l'homme me répondit enfin. Une voleuse ? Mon regard s'abaissa sur la jeune femme qui tenta de se défendre verbalement. Personnellement, je ne la voyais pas du tout en tant que voleur. Elle n'avait guère d'assurance en elle pour ce genre de chose. Cependant, je ne pouvais basé mon jugement sur mes seules pensées actuelles car je ne connaissais cette personne que...Eh bien, cela faisait à peine notre deuxième rencontre et la première s'était achevée bien vite. Pour tout avouer, je ne la connaissais pas assez pour affirmer ou infirmer les paroles du garde.

- Soit, répondis-je finalement, mais qu'elle soit voleuse ou bien criminelle, nul traitement aussi inhumain que les vôtres n'a à être mené sur qui que ce soit, moins encore au sain de notre prestigieuse "Cité Royale". Ne vous a-t-on guère appris à appréhender une personne sans avoir à la battre comme le blé ?

Je fis demi-tour, vers la jeune femme au sol, avant de l'agripper par le bras pour la faire se relever. Ce n'était peut-être pas le geste le plus doux dont je fis part, car je ne lui laissais guère le choix cette fois-ci. Mais je ne pouvais me résoudre plus longtemps à la laisser souffrir dans la poussière comme un chat maltraité. Une fois chose faite, j'adressais à nouveau mon attention sur les gardes.

- La classe d'étrangers vous offre donc un critère supplémentaire pour vos actions ? ajoutais-je, vous perdez en honneur messieurs. A présent, dites-moi un peu ce qu'elle vous a volé exactement ?

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Sam 24 Fév 2018 - 19:18

Ermaëlle n'arrivait plus à se souvenir de la dernière fois où quelqu'un avait prit sa défense au sujet des violences qui lui avaient été faites. Cela avait du arriver une ou deux fois à Karn. La fois la plus marquante pour l'ancienne esclave avait été quand son maître d'enluminure s'était interposé entre elle et son maître noble. L'enlumineur avait empêché l'autre de lui abîmer les mains à coup de lanières, à cause d'une petite jarre d'encre qu'elle avait fait tomber. Il avait même renvoyé le noble chez lui, jugeant qu'il punirait son élève lui-même. Punition qui n'était jamais venue, son maître enlumineur ayant préféré soigner les plaies de son élève pour éviter qu'elle ne perde en dextérité, et donc, ne puisse plus jamais travailler correctement. Ermaëlle n'avait que douze ans, à l'époque. Aujourd'hui, grâce à ses soins, Ermaëlle n'avait gardé aucune cicatrice sur ses mains ou ses avant-bras. Sa peau était comme neuve. Autant dire que l'intervention d'Ásmundr lui réchauffait un tant soit peu le cœur. La jeune femme ne sortit de ses pensées qu'au moment où le garde reprit la parole pour exposer sa version des faits :

« Cette femme a tenté de fuir. commença le garde. Nous l'avons maintenue en respect un moment sans utiliser la violence, mais elle a voulu nous empêcher de vérifier le contenu de son sac. Nous avons fait ce qui nous semblait être le plus judicieux. » termina l'homme, sûr d'être dans son bon droit.

Sans comprendre ce qui se passait exactement, Ermaëlle fut agrippée par l'Arlaüd et relevée du sol par ce dernier. La jeune femme eut juste le temps de positionner correctement sa jambe valide pour éviter de retomber sur le sol à peine remise debout. La jeune femme ne put cependant pas poser son pied droit sur le sol. En réalité, son pied ne lui était pas douloureux, c'était juste que sa jambe droite ne pouvait pas encore supporter son poids convenablement. L'ancienne esclave pressentait que si elle se tenait normalement, elle retomberait aussi rapidement sur le sol qu'elle ne l'avait quitté. Aussi, pour garder l'équilibre sans pour autant réellement poser son pied, la jeune femme se contenta d'en appuyer la pointe sur le sol, non sans grimacer légèrement au passage. Son équilibre trouvé, Ermaëlle ne put s'empêcher de regarder à nouveau les éclats de de verre colorés qui jonchaient le sol. Noirs, rouges, bleus et verts, ils représentaient les dernières traces des pigments ou de l'encre qu'ils contenaient auparavant. A cela, on pouvait ajouter la présence d'un boîtier de bois de pin vernis, dans lequel l'ancienne esclave rangeait ses différentes plumes ainsi que ses stylets. C'était le seul objet qui avait résisté à la chute, avec l'ouvrage qu'Ermaëlle avait contre elle. En parlant d'ouvrage... Où était  passé l'autre ?! La jeune femme chercha le livre du regard, mais ne le trouva pas sur le sol. L'ancienne esclave remarqua alors que l'un des hommes tenait toujours son sac. Ce dernier semblant encore contenir quelque chose d'assez volumineux, la jeune femme retint un soupir de soulagement. Au moins, elle n'avait pas perdu l'autre livre.

« Notre suspecte lui ressemble. Et ne parlons même pas de l'accent. Même si celui de cette demoiselle est pour le moins remarquable dans ses paroles, celui de notre suspecte l'est tout autant. expliqua le plus haut gradé. Pour ce qui est de son larcin, elle a subtilisé de la bourse d'un de mes gardes. De toute façon, si nous l'arrêtons, nous aurons tous le temps d'en savoir plus. Que se soit sur elle ou sur d'autres possibles vols. »

Ermaëlle ne pensait pas que son accent était aussi perceptible que ce que semblait dire le garde. Cela expliquait peut-être pourquoi certaines personnes refusaient de l'engager. Ils devaient se demander d'où elle venait et préféraient ne pas prendre de risques à engager une étrangère pour éviter qu'elle ne fasse mauvaise presse à leur affaire. Sur le coup, la jeune femme se demanda s'il lui serait possible de gommer cet accent ou au moins de le rendre moins audible. Heureusement que peu de personnes avaient eu le loisir d'entre des gens originaires de Karn discuter. Au moins, personne ne pouvait savoir qu'elle était originaire d'un territoire considéré comme ennemi...

L'homme fit signe à son camarade de reprendre la fouille du sac, sûr d'y trouver ce qu'ils étaient venus récupérer. L'autre garde s’exécuta en sortant dans un premier temps une sorte de paquet. Intrigué, il le tendit au dernier garde, qui se tenait un peu en retrait. Ce dernier récupéra l'objet, et l'observa sous toutes les coutures avec des gestes malhabiles. Jetant un regard à son chef, ce dernier l'intima d'un mouvement de main de vérifier son contenu. Le garde entreprit donc de retirer le tissu, découvrant ainsi le contenu du paquet. Il s'agissait d'un livre aussi grand que celui que tenait l'ancienne esclave, dont la couverture était faite dans un cuir d'un bleu assez sombre, presque noir. Ermaëlle pria que l'homme ne décide pas d'ouvrir le livre. Elle ne tenait pas à perdre ses feuillets de traduction en plus de ses pigments et de son encre. Le regard du garde passa de l'ouvrage à Ermaëlle avant de se reposer à nouveau sur le livre. Jugeant certainement qu'il n'était pas suspect, il entreprit de remballer le livre, sans pour autant y arriver. Pendant ce temps, son collègue avait fini de fouiller le sac de la jeune femme, y ayant trouvé une bourse faite dans un tissu gris assez épais. Ouvrant la bourse, l'homme ne tarda pas à se rendre qu'elle était vide. Il lança donc un regard à son supérieur, tout en secouant la tête pour signifier qu'il n'avait rien trouvé. Le chef en sembla réellement surpris, et Ermaëlle fut heureuse de voir sa version accréditée. A présent, elle allait peut-être enfin comprendre pourquoi elle avait été prise pour cible, étant plus ou moins sûre que l'alcool n'était pas la seule cause du comportement de ces hommes.

« Mais... Comment... » commença le plus haut gradé du groupe.

Le garde qui tenait toujours le sac se pencha comme il le put pour saisir le boîtier qui traînait toujours sur le sol. Fronçant les sourcils, il lui fallut bien une minute ou deux pur déchiffrer ce qui y était écrit. Au bout d'un moment, ayant plus ou moins comprit de quoi il en retournait, il lança, à l'attention de la jeune femme :

« Vous vous appelez Erma ?
- Ermaëlle. corrigea l'intéressée, d'une petite voix.
- … Je crois qu'il y a méprise, dans ce cas... » avoua le garde qui tenait toujours le boîtier, penaud.

Méprise ?! Ermaëlle n'en croyait pas ses oreilles ! Ils s'en étaient pris à elle par méprise ! Ils l'avaient brutalisée par erreur ! C'était bien la première fois qu'elle entendait une chose pareille ! La jeune femme prit conscience d'une autre chose. Ces hommes auraient sûrement fait subir un sort identique au sein à une autre personne ! Certes, cette dernière était peut-être réellement coupable, mais rien ne disait que c'était le cas. Le garde volé pouvait tout à fait avoir oublié son bien quelque part ! Rien n'indiquait, au vu de la situation actuelle, qu'il s'agissait véritablement d'un vol ! La jeune femme serra ses poings sur la couverture de son ouvrage. Cette méprise aurait pu lui coûter une jambe et la perte de tout son travail, voire plus encore si Ásmundr et Dementör n'étaient pas arrivés à temps !
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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Sam 24 Fév 2018 - 20:11

Il n'était pas de coutume généralement à ce que je vienne à m'occuper de petites affaires de ville comme celles-ci, étant donné que mon rôle tenait plus à m'occuper des "énormes" affaires, du style d'une invasion en cours. Mais la vérité étant que j'avais rarement l'occasion de pouvoir mettre ma compétence protectrice au sein d'une ville ou d'un village. Ce genre de chose restaient discrètes et je ne tombais pas forcément dessus au bon moment. Il semblerait que ce matin soit le cas et bien que j'ignorais encore si je protégeais une personne d'une violence injustifiée ou non, c'était naturel chez moi que de me permettre au moins de lui épargner des souffrances inutiles. Le garde s'expliqua ainsi, annonçant une tentative de fuite de la jeune femme.

- Ca ne l'était pas, répliquais-je tout en gardant néanmoins un certain calme, vous devriez être capable de procéder à une fouille à trois personnes sur l'une sans avoir à user de traitements pareils.

Ce ne fut qu'en aidant la jeune femme à se relever que je compris qu'elle avait un soucis au niveau de sa jambe, soucis que venais à peine de remarquer. Ca n'aurait pas été la meilleure des excuses pour la laisser au sol cela dit. Je décidais alors de ne pas relâcher son bras pour le moment, utilisant ce contact pour lui apporter un appuie sécuritaire où sur lequel se soutenir pour le moment. A son bon vouloir. Dementör restait immobile et en retrait mais suivait la scène des yeux avec une certaine attention, ne pouvant comprendre ce qui s'y disait, mais devinant plus ou moins sur l'attitude des personnes présentes et les gestes effectués.

- Fort bien, répondis-je à l'homme qui avait répondu à ma question, dans ce cas, terminez donc la fouille et voyez déjà par vous-même si, effectivement, elle se trouve en possession de ce dont elle vous a déposséder.

Sur ce, la fouille reprit. J'observais avec attention ce qui s'y passait. Mais dans le sac d'Ermaëlle, il ne restait rien d'autre qu'un livre soigneusement emballé, ainsi qu'une bourse désespérément vide. Pendant une fraction de seconde, mes prunelles s'étaient déviées sur des débris de flacons qui traînaient au sol, et visiblement d'autres affaires qui avaient été extraites du sac peu avant mon arrivée. Au bout d'un moment, le soldat dû se rendre à l'évidence qu'il s'était trompé sur toute la ligne. A ces mots, Ermaëlle parut scandalisée. Il était clair que ces hommes s'étaient tout bonnement laissés emporté par les effluves de la boisson.

- Il me semble que vous devez des excuses à cette jeune personne.

Je scrutais soigneusement l'ensemble des trois gardes, les incitant du regard à se rabaisser à mes dires. Mais pour le mal causé, il était clair qu'ils ne pouvaient pas non plus en rester là. Je poursuivis donc :

- Et pour les dommages causés et destruction de biens d'autrui, je pense qu'il est tout à fait normal de la dédommager d'une somme suffisante afin qu'elle puisse racheter ce vous avez saccagé.

Et, aux éventuels réticents à ces dernières idées, je m'empressais d'ajouter :

- Qui plus est, je crois cela inutile de vous rappeler une nécessité de sobriété exemplaire lorsque l'on fait partie des troupes d'Hetenlaüd, ce qui n'est visiblement guère votre cas. Dois-je en tenir informer quelques-uns de vos supérieurs sur ces faits en plus ?

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Sam 24 Fév 2018 - 21:58

Les gardes s'observèrent un moment. Ils ne pouvaient pas dire que l'Arlaüd avait tort. Ils s'étaient montrés rustres et n'avaient pas fait honneur à leur fonction. De plus, si deux d'entre eux étaient encore blancs comme neige ayant été recruté il y a peu de temps, ce n'était pas le cas de leur chef qui avait déjà quelques antécédents. Si dans le cas des récentes recrues, leurs supérieurs sauraient se montrer cléments, le sort du plus gradé serait tout autre. C'était sans compter sur la présence d'Ermaëlle également. Si celle-ci était toujours remontée contre les gardes, elle était tout à fait à même de passer l'éponge si on lui remboursait son matériel. Après tout, elle avait toujours son ouvrage et l'autre livre et d'ici une journée ou deux, sa jambe devrait être à nouveau à même de la porter convenablement. De plus, Ermaëlle avait de très mauvais souvenirs, concernant certaines corrections. Certes, les punitions encourues étaient bien différentes entre Karn et Hentonael, mais si c'était vraiment une erreur... Prenant son courage à deux mains, Ermaëlle décida d'exprimer ses pensées.

« … S'ils acceptent de me rembourser ce qui a été perdu, à quoi bon pousser la punition plus loin ? Tout le monde fait des erreurs, et je m'en sortirai. Ils ne sont pas responsables de la fragilité de ma jambe, après tout. Pour une personne normale, cela aurait été douloureux mais pas dangereux pour autant. Mettons cela sur le compte de l'obscurité qui était encore présente il y a peu de temps. Après tout, la nuit tous les chats sont gris. »

Les gardes furent surpris de la réaction de la jeune femme, du moins, c'est ce qu'elle déduisit en voyant leurs mines. Ermaëlle n'était pas ici pour causer du trouble. Elle ne connaissait pas les antécédents des gens présents devant elle, et l'ancienne esclave ne voulait pas être responsable de la disgrâce d'autrui. Cependant, l'ancienne esclave savait que les gardes pouvaient commettre d'autres abus. Aussi, elle ajouta :

« Vous ne me semblez pas être de mauvaises personnes... Mais si vous causez d'autres troubles, je trouverai un moyen de prévenir vos supérieurs de ce qui s'est passé ici. Si rien d'autre ne se produit après ce malencontreux accident, aucun mot ne sortira de ma bouche à ce propos. Nous serons quittes. »

Les deux moins gradés se mirent à chuchoter entre eux, avant que celui qui ne tenait le livre ne le remette dans la sacoche, imité ensuite par l'autre qui déposa le boîtier à sa place. Une fois cela fait, ils vinrent tout deux déposer le sac auprès de sa propriétaire, avant de s'en éloigner, prouvant ainsi qu'ils n'y toucheraient plus. Profitant de l'appui que lui offrait Ásmundr, Ermaëlle récupéra sa sacoche avant d'en passer la sangle sur son épaule. L'ancienne esclave fut rassurée d'avoir retrouvé certains de ses effets personnels. Si sa rancœur était toujours présente, elle devait avouer que les deux gardes avaient fait preuve de bonne volonté. Aussi, sa décision de ne pas en parler lui semblait des plus logiques, à présent. Cette idée se confirma quand celui qui avait auparavant le livre en sa possession prit la parole.

« Nous sommes désolés pour la casse et tout le reste. Cela ne se reproduira plus. Avez-vous une adresse ou un endroit où nous pourrions parler de la question des réparations ?
- Si seulement... Je vais d'auberge en auberge en fonction de mes revenus. avoua Ermaëlle, avec une certaine gêne.
- … Venez à la caserne un jour alors. Je pense que c'est le plus simple. Enfin, pas vraiment à la caserne, dans ses environs plutôt. La zone est interdite aux civiles. Autant vous éviter des problèmes. » déclara celui qui tenait auparavant le sac.

Ermaëlle ne connaissait pas encore très bien la ville et ses environs. Ce faisant, elle serait bien capable de se perdre. Sans guide, Hentonael était comme un labyrinthe de rues et de ruelles suspendues et l'ancienne esclave commençait à peine à savoir s'y repérer. L'idée d'aller dans un lieu lui étant totalement inconnu ne lui plaisait pas tant que ça, surtout si elle était seule. Aussi, la jeune femme du s'adresser à la seule personne lui étant au moins connue de nom ici, à voix basse pour être sûre que les gardes ne l'entendent pas.

« Qu'en pensez-vous, Ásmundr ? Est-ce un endroit convenable ? Je n'aimerai pas avoir d'autres problèmes... »

Si dans sa ville d'origine, Ermaëlle connaissait les lieux sûrs et ceux qui ne l'étaient pas, à Hentonael, elle se sentait comme une enfant. Si elle n'était pas encore tombée dans des endroits étranges ou potentiellement dangereux dans la capitale, la jeune femme savait que cela finirait bien par se produire. Après tous, toutes les villes avaient une part lumineuse et une beaucoup plus sombre.
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Sam 24 Fév 2018 - 23:18

La décision et réponse de la jeune femme cloua sur place les trois gardes. Je devais reconnaître que moi-même, j'étais assez surpris. Je ne le démontrais cependant pas. Sûrement que son statut d'ancienne esclave lui avait appris à passer aisément l'éponge sur ce genre d'incident. Ce n'était malheureusement tout ce que je pouvais en déduire. Après ce que m'avait raconté Ermaëlle la dernière fois, j'étais encore loin de connaître tous les détails concernant l'esclavage. Je posais mon regard sur elle alors qu'elle jugeait bon de laisser passer ce qui venait de se produire en échange d'un simple remboursement des dégâts. Mais je n'en dis mot. Je la laissais parler et, en quelque sorte, régler son affaire. Finalement, elle conclut par une sorte de contrat à l'amiable, menaçant de porter plainte en cas de nouvelle bavure de la part des soldats.

Mon attention se porta à nouveau sur les trois gardes. Après concertation, les dernières affaires de la jeune femme furent rendues. C'est alors que les gardes lui suggérèrent de parler du remboursement par la suite, à la caserne, étant donné qu'Ermaëlle n'avait nul logement pour le moment. Et après ce qu'elle venait de perdre, elle ne risquait pas d'en avoir de sitôt, quoi qu'elle avait déjà affirmer qu'elle voyageait et donc ne traînera sûrement pas en ville, encore moins après ce qu'il venait de se passer. La seconde chose qui me surpris fut la messe basse que m'offrit la jeune femme peu après la proposition du soldat. Etant plus grand qu'elle, je dû me pencher légèrement vers elle pour recueillir ses doutes. Je me sentais un peu flatté de l'étrange et subite confiance dont elle faisait désormais preuve à mon égard.

- Assurément, répondis-je alors sur le même volume qu'elle, à proximité de la caserne, vous n'aurez point d'ennuis. Ce n'est certainement pas sous l'oeil avisé des garnisons que qui que ce soit cherchera à attirer l'attention.

Je comprenais son hésitation. Je savais qu'elle ne connaissait pas encore la capitale comme il se doit et par ailleurs, il lui sera sûrement problématique d'atteindre les alentours de la zone militaire de la ville -même si en général, il suffisait de suivre les régiments qui patrouillaient dans les rues- Voyant les événements s'apaiser, Dementör se coucha ventre contre terre non loin de nous, se permettant de se mettre un peu plus à l'aise au milieu du grand parc, cependant, il ne nous quittait pas du regard pour autant.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Dim 25 Fév 2018 - 0:09

Ermaëlle devait avouer qu'elle s'était surprise elle-même. L'adrénaline sans doute. Si pour certain, cela permettait de faire des exploits physiques fabuleux, pour elle, cela se résumait à mieux s'exprimer en public. Enfin, c'est ce qu'en déduisait la jeune femme. Elle ne voyait pas d'autres explications à cette brusque prise de confiance, et ne pensait pas que cela était du à une évolution de son caractère. L'ancienne esclave avait toujours été du genre discrète, et elle savait que ce comportement ne changerait pas en un jour, si toutefois il devait changer.

Toujours est-il que la jeune femme n'avait plus de quoi se payer une chambre dans une quelconque auberge et que sans son matériel, il lui serait difficile de gagner de quoi changer la donne. Mieux valait attendre que les gardes soient dans un état normal pour discuter avec eux, Ermaëlle ne voulant pas abuser sans s'en rendre compte de leur état. De plus, elle ne trouverait pas de vendeurs de pigments et d'encres en un jour. Cela voulait dire que l'ancienne esclave passerait sûrement une nuit ou deux dehors, si ce n'est plus. L'hiver commençant, cette perspective aurait du l'effrayer. Mais il n'en était rien. Les hivers d'Hetenlaüd étaient sûrement bien moins rudes que ceux de Kartendark. Ermaëlle y survivrait, bien qu'elle devrait rester méfiante pour ne pas être repérée et qu'elle ne dormirait pas sur ses deux oreilles. Les prochains jours risquaient d'être plus épuisants que les autres, mais l'ancienne esclave n'avait pas vraiment d'autres possibilités.

« … Vous avez raison, il est vrai qu'il serait malvenu pour quelqu'un de commettre un délit devant des représentants de l'ordre. » remarqua Ermaëlle, toujours à voix basse et jugeant qu'elle aurait du y penser elle-même.

Reportant son attention sur les gardes, Ermaëlle devait avouer que les paroles d'Ásmundr avaient eu le don de la rassurer quelque peu. C'était ce qu'elle avait besoin d'entendre. Qu'elle serait en sécurité. A présent, mieux valait en finir au plus vite pour qu'elle puisse s'asseoir et enfin s'occuper de sa jambe lésée. Certes, la jeune femme ne pourrait pas y faire grand chose, mais elle voulait au moins s'assurer que d'anciennes plaies ne s'étaient pas rouvertes. Elle n'avait pas les moyens d'aller consulter quelqu'un qui pourrait la soigner. Si certaines de ses plaies saignaient, Ermaëlle n'aurait pas d'autre choix que de réduire le flux autant que possible le temps de trouver de quoi se faire des bandages tout en priant pour que ses plaies ne s'infectent pas le temps qu'elle récolte assez d'argent pour se faire soigner. Autant dire que cela pouvait lui prendre plusieurs semaines et si Ermaëlle ne craignait que peu le froid hivernal, elle était terrorisée à l'idée que sa jambe puisse s'infecter cause d'un manque de soins.

« Vous feriez mieux d'y aller, à présent. Je suppose qu'on vous attend et qu'une absence de votre part serait considérée comme suspecte. déclara Ermaëlle à l'attention des trois gardes. Je viendrai vous voir demain, ou après-demain. Ma jambe n'est pas en mesure de me porter pour le moment, comme vous pouvez le constater. Je ne pourrai faire le voyage que selon son bon vouloir. »

Autant dire que cela pourrait prendre une journée comme trois jours. Si Ermaëlle disposait de quelques plantes calmant la douleur chez sa maîtresse, elle n'en avait pas ici ce qui faisait que sa jambe lui serait douloureuse pendant un moment. D'un autre côté, la jeune femme s’accommoderait très bien de la douleur si sa jambe redevenait fonctionnelle rapidement. C'était tout ce qui lui importait.

Comprenant finalement qu'ils avaient l'autorisation de s'en aller, les gardes finirent par s'exécuter. Les deux plus jeunes s'excusèrent une dernière fois en passant à côté de leur victime, avant de s'en aller d'un bon pas, suivit de près par le plus haut gradé. Les trois hommes partis, Ermaëlle poussa un profond soupir de soulagement. Après s'être assurée que les gardes étaient loin, l'ancienne esclave, sentant sa jambe valide qui commençait à fatiguer à force de jouer son rôle et celui de l'autre à sa place, demanda à Ásmundr, sur un ton visiblement gêné :

« Sans vouloir abuser de votre gentillesse et de votre temps... Pourriez-vous m'aider à m'asseoir quelque part ? Ma jambe... Disons que j'aimerai m'assurer de son état. »

Ermaëlle se doutait bien que l'Arlaüd et son Laüd avaient des choses plus importantes à faire que de l'aider. Aussi, dès qu'elle serait assise, elle espérait sincèrement qu'Ásmundr ne se sentirait pas obligé de rester un peu plus longtemps ici à cause d'elle. A quoi bon de toute façon ? Le danger était écarté et elle ne risquait plus rien, si ce n'est chuter par la suite à cause de sa jambe. Et pour ce qui était de ce problème, personne ne pouvait rien y faire. L'ancienne esclave n'aurait plus qu'à se procurer une canne ou un bâton pour pouvoir se déplacer sans trop de difficultés.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Dim 25 Fév 2018 - 13:46

Les choses n'allaient pas s'améliorer pour Ermaëlle maintenant qu'elle n'avait plus rien pour gagner son pain pour le moment. Sachant qu'elle vivait d'auberge, ça serait bien délicat de passer les nuits dehors, avec la mauvaise saison en perspective. Après, je me disais qu'elle avait sûrement acquis une certaine résistance au froid en étant née à Kartendark, néanmoins je doutais qu'elle soit habituée à passer les hivers en extérieur, elle qui disait pourtant être plutôt bien traité jadis dans son pays. Et quand bien même, ne serait-ce que pour des raisons sécuritaires, il était tout sauf conseillé de traiter dehors aux heures tardives, et ce, quel que soit l'endroit où on se trouvait.

Elle confirma mes paroles. Je crois que j'ai réussi à la rassurer un peu. Ca m'aurait parut logique en tout cas que plus elle était près de la caserne, moins elle courait de risque. Ce n'était pas dans cette zone là en tout cas qu'elle risquerait de retomber sur d'autres soldats ivres. Et j'avais confiance aux nobles troupes d'Hàntonael. Ce matin s'en trouvait juste, hélas, une bavure. Cela dit, ça aurait pu être bien plus grave si je n'étais pas intervenu, ne serait-ce que pour calmer ce qui s'était passé. Finalement, Ermaëlle fit comprendre aux trois hommes qu'ils pouvaient s'en aller. L'incident était donc clos, et les soldats s'en allèrent.

A nouveau, la jeune femme, une fois la garde partit du parc, m'interpella. Elle désirait s'asseoir, ce qui était normale, je la savais moi-même blessé par la brutalité des hommes. Comme quoi, elle pouvait affirmer ce qu'elle voulait, la méprise en question avait tout de même était bien sévère et il avait été noble de sa part de se contenter de peu en guise de dédommagement pour ce qui venait de se produire. Noble ? C'était bien ainsi que je voyais les choses. Je notais l'absence de rancune comme une qualité.

- Certainement, et si vous me le permettez, j'y jetterais moi-même un coup d'oeil.

Tandis que Dementör suivait d'un oeil avisé le départ des soldats, je soutenais la demoiselle jusqu'au banc le plus proche, objet qui ne manquait pas sur les vastes pelouses et sentiers des lieux. J'étais venu à son aide, il serait mal de ma part de l'abandonner à son sort alors qu'elle tenait à peine debout. J'espérais de ce fait que les dégâts ne soient pas dramatiques. Que cela vous surprenne ou non, j'avais des connaissances en médecine. Cela faisait partie de notre enseignement des Ars. On nous apprenait avant tout à nous débrouiller seul, à savoir nous repérer lorsque nous étions perdus, à savoir chasser pour nous nourrir, à savoir nous soigner lorsque l'on était blessé...Au contraire des garnisons du pays, nous n'avions aucun solde pour notre destin protecteur du royaume. Nous étions sans sou. Nous étions pauvres, du moins financièrement. Nous disposions de grandes richesses sur bien d'autres domaines. Mais nous nous sommes détachés des richesses matérielles de ce monde.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Dim 25 Fév 2018 - 19:27

Ermaëlle devait avouer qu'elle ne s'attendait pas à ce que l'Arlaüd veuille voir l'ampleur des dégâts causés par le coup de tout à l'heure. En soi, cela ne dérangeait pas l'ancienne esclave. Ses blessures les plus récentes étaient sûrement plus belles à voir que les traces laissées par des plaies plus anciennes. En réalité, c'était ces dernières qui gênaient le plus Ermaëlle. Si la jeune femme s'était habituée à la présence de ses cicatrices, ce n'était pas pour autant qu'elle aimait les montrer au grand jour. Faisant fi de ses pensées, la jeune femme claudiqua jusqu'au banc le plus proche, toujours soutenue par Ásmundr.

« Merci beaucoup de votre aide. Seule, il m'aurait sûrement fallut plus de temps pour un trajet aussi simple. commença Ermaëlle. Je préfère vous prévenir, ces maudites jambes ne sont pas très belles à voir, hélas. Mais si vous y tenez, vous pourrez toujours y jeter un regard. » termina la jeune femme, sur un ton un peu plus gêné que celui qu'elle avait utilisé auparavant.

En s'installant sur le banc, Ermaëlle ne put retenir un soupir de contentement, pouvant enfin reposer sa jambe valide. Encore un peu et cette dernière aurait pu lui faire défaut à cause de la fatigue. La jeune femme déposa ses affaires juste à côté du banc, se promettant de garder un œil sur elle pour qu'il ne leur arrive rien. Ceci fait, l'ancienne esclave entreprit de retirer sa botte. Si cela ne fut pas sans douleur, l'ancienne esclave finit par y parvenir. A présent, il ne lui restait plus qu'une chose à faire. Retirer la jambière de cuir brun qui protégeait sa peau du froid en temps normal, mais pas des chocs. En effet, Ermaëlle n'avait pas un métier réellement physique, étant une esclave secrétaire. Aussi sa propriétaire n'avait pas jugé nécessaire de lui procurer des jambières renforcées, avec du métal ou plusieurs couches de cuir successives, qui auraient pu réellement protéger d'un coup de trique ou pendant un combat au corps à corps.

La jambière s'arrêtait juste en-dessous de son genou, et était frappée des armoiries de sa maîtresse, ou plutôt de l'époux de cette dernière, les femmes n'ayant pas droit à un blason leur étant propre. En général, elles possédaient le même que celui de leur plus proche parent masculin puis prenaient celui de leur époux par la suite. Si le cuir n'était pas coloré, on y voyait distinctement deux loups qui se faisaient face, tout deux dressés sur leurs pattes arrières et tenant chacun une épée. Les armes se trouvaient de fait croisées. En défaisant les liens qui maintenaient la jambière en place, Ermaëlle ne put s'empêcher de se remémorer la devise d'époux de sa maîtresse... Avant de la chasser bien vite de son esprit. A quoi bon se rappeler de cela. Ses quelques connaissances de l’armorial des familles nobles de Karn ne lui seraient d'aucune utilité ici et leurs devises n'étaient pas des plus agréables à entendre.

Sa jambière retirée, Ermaëlle retroussa avec une certaine appréhension le tissu qui empêchait la peau et le cuir d'être en contact. Quel ne fut pas son soulagement quand l'ancienne esclave se rendit compte que ses cicatrices ne s'étaient pas rouvertes à cause du coup. Si sa peau était dans un sale état de base, cet état ne s'était pas aggravé. Sa peau restait pâle et bien que des cicatrices anciennes creusaient d'importants sillons dans sa chair, l'ancienne esclave savait qu'elle n'avait pas à s'en soucier. Ces marques ne disparaîtraient jamais, et Ermaëlle avait accepté cette idée. La chose qui inquiétait plus la jeune femme, c'était la marque rougeâtre qui longeait tout un côté de sa jambe. Si la tâche n'était pas très foncée pour le moment, l'ancienne esclave se doutait qu'elle deviendrait plus sombre avec le temps et sûrement plus douloureuse. Une chose était certaine, la jeune femme risquait de garder des ecchymoses et des hématomes dus au choc pendant un bon moment. Cela ne l'aiderait pas à se déplacer convenablement, et elle risquait de boiter pendant plusieurs semaines. Se procurer une canne, et quelques plantes calmantes, lui semblait plus que nécessaire, à présent...

« … Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas vu ma peau avec une teinte pareille... avoua finalement Ermaëlle. Heureusement, cela ne me semble pas être très grave. Je m'attendais à pire. »

Dans son for intérieur, Ermaëlle savait qu'elle avait de la chance de ne pas s'être retrouvée avec des plaies ouvertes. Sa peau était si fragile qu'un choc important aurait tout à fait pu causer plus de dégâts que de simples marques plus ou moins grandes. Du moins, l'ancienne esclave espérait que cette marque rougeâtre n'évoluerait pas de manière dramatique. Des bleus et des hématomes, passent encore, son corps s'en remettrait de lui-même comme il l'avait toujours fait. D'un autre côté, l'ancienne esclave n'avait pas vraiment de connaissances médicales. Aussi, elle pouvait tout à fait se tromper et avoir à faire à quelque chose de bien plus grave qu'une simple coloration de peau accompagnée de quelques douleurs.
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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Dim 25 Fév 2018 - 21:05

J'espérais que la jeune femme ne voit pas en ma demande une quelconque mauvaise intention, parce qu'il n'en était rien. Elle devait sans doute s'étonner de l'attention dont on lui portait subitement, alors que pour ma part, ce comportement restait on ne peut plus normal. Je n'avais pas eu l'occasion de réellement mesurer l'importance des dégâts qui lui avait été infligé tout à l'heure, pas encore à une hauteur qui rendrait toute constatation possible. Ainsi, je voulais m'assurer par moi-même qu'elle n'avait rien de grave. Le garde l'avait frappé suffisamment fort pour que sa jambe ne supporte plus son propre poids, ce n'était pas rien. Après, peut-être que j'exagérais un peu les choses. Un réflexe de combattant je suppose. Pour moi, c'était une nécessité de vérifier chaque possibles blessures qui pourraient attenter à la vie de celui ou celle qui en était victime. Les Gardiens prenaient toujours soin de leur camarade mais cela redoublait de vigilance durant les instants de combat où on devait parer toute forme de faiblesse. Enfin, je me rendais bien compte que le risque était moindre pour une civil, mais que les dégâts pouvaient s'avérer tout aussi gênants. D'autant plus qu'elle n'avait pas les moyens de se faire soigner, les blessures ne pourraient qu'empirer. Je pense néanmoins que sa condition d'ancienne esclave lui avait fallu des traitements pire que ça.

- Ne soyez pas si dur envers vous-même. Ces "maudites" jambes, remerciez-les. Elles vous ont offert une échappatoire de votre vie d'avant.

Et quand bien même, qu'elle n'aille pas s'imaginer que je lui avais proposé un regard pour pouvoir me rincer l'oeil sur les jambes d'une femme. La luxure également ne faisait pas partie de mes enseignements, et je pense que ça aurait été le cas même si je n'avais pas fini Gardien. Je laissais cela à ceux qui ne pensaient pas être capable de connaître autre plaisir au cours de leur existence. J'aidais donc Ermaëlle à se poser sur le banc et l'observa ainsi retirer botte et jambière. J'y découvris alors sans stupeur néanmoins une peau lésée par le traitement réservé aux esclaves. Je ne m'attendais pas à trouver autre chose à dire vrai. A part éventuellement des esclaves dont la nécessité de beauté extérieure était importante à prendre en compte, je pense que tout autre se voyait assigné à pareilles cicatrices.

Repoussant les pans de ma sombre tunique pour mieux m'accroupir auprès du membre blessé de la jeune femme, j'y accordais par la suite un regard attentif. Cela ne saignait pas. La marque était cependant grande, rouge, probablement douloureuse et pour le moment de gravité aléatoire. L'idée était maintenant d'espérer que les dégâts n'étaient qu'extérieurs, car la majorité des problèmes se passaient sous la peau et n'étaient pas forcément visibles tout de suite. Rapidement, j'ôtais d'une de mes mains le gant ébène qui la recouvrait afin d'avoir un meilleur contact. Je touchais ainsi de mes doigts dénudés la zone de l'épiderme qui avait viré à l'écarlate. Elle était également plus chaude que le reste du membre, signe d'inflammation. J'agissais avec une certaine délicatesse, n'ayant aucunement envie de faire souffrir d'avantage la jeune femme. L'idéal aurait été d'appliquer sitôt de la glace sur la zone atteinte pour limite la future ecchymose, ce que je n'avais pas sur moi en ce moment même ! Cependant, le mal ne me semblait pas être grave. Il sera juste bien embarrassant pour les jours à venir de la jeune femme. J'écoutais d'ailleurs cette dernière tandis que je poursuivais l'examen.

- Je vous le confirme, répondis-je en me redressant, bien que je ne vous cache pas qu'une application de glace vous soulagerez grandement, ainsi que quelques herbes médicinales que je n'ai malheureusement pas en ma possession actuelle.

C'est à cela que l'on regrettait de ne pas avoir d'argent sur soi pour demander l'aide directement à un guérisseur de la ville. Et le Panlaüd était beaucoup trop loin pour que je puisse également me fournir là-bas.

- Mais n'ayez crainte, votre mal devrait passer assez rapidement, ajoutais-je en remettant mon gant, faites le nécessaire pour mettre votre jambe au repos.

Je regardais un instant autour de moi. Par chance, l'heure bien matinale rendait les lieux encore déserts. Chance ou malchance finalement ? Qui serait venu au secours de la jeune femme si je n'étais pas intervenu ?

- Qu'allez-vous faire désormais ? Sans ressource pour vous offrir repas et toit jusqu'à votre remboursement par la garde ?

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Dim 25 Fév 2018 - 22:59

Ásmundr avait raison. Sans avoir des jambes capables de la porter, Ermaëlle n'aurait pas pu s'enfuir. D'un autre côté, la jeune femme aurait préféré ne pas fuir et continuer sa vie d'avant. Certes, l'esclavage n'était peut-être pas le meilleur mode de vie existant, mais au moins la jeune femme se sentait en sécurité à Karn. Pas comme ici. A Hantonael et ailleurs, Ermaëlle se sentait traquée, suivie. Elle avait l'impression qu'elle ne pourrait plus jamais retrouver une vie paisible...

« C'est indéniable, en effet... Je le sais, je devrais en vouloir aux personnes qui m'ont fait subir cela... Mais cela m'est impossible. Les personnes qui m'ont fait souffrir sont les mêmes qui m'ont nourrie et qui m'ont offert une éducation. Sans eux, ma vie aurait été différente, c'est sûr... Mais rien ne dit qu'elle aurait été plus heureuse... »

Alors que l'Arlaüd l’auscultait, la jeune femme ne la quitta pas des yeux. Certes, elle lui devait beaucoup, peut-être même lui devait-elle la vie, mais l'ancienne esclave n'arrivait pas à se départir de sa méfiance naturelle. Si la jeune femme savait que la plupart des rencontres entre hommes et femmes se passaient pour le mieux, il restait tout de même certains cas où les choses dégénéraient. Ásmundr ne semblait pas avoir de mauvaises intentions à son égard, il était d'ailleurs sûrement plus avenant que certaines anciennes connaissances de la jeune femme. Dans son for intérieur, une partie des pensées de la jeune femme doutait qu'Ásmundr l'ait aidé pour ensuite lui faire du mal. Mais Ermaëlle n'y pouvait rien. Elle ne pouvait s'empêcher de garder une certaine méfiance à son égard. Méfiance renforcée par sa jambe blessée. N'importe qui pouvait en profiter pour s'en prendre à elle. La jeune femme retint un soupir. Mais un Arlaüd n'était pas n'importe qui, c'était un fait. L'ancienne esclave ne savait plus quoi penser de sa méfiance. Était-elle méritée ou inutile ?

Ermaëlle eut quelques frissons quand l'Arlaüd frôla la zone lésée de sa jambe. Si l'homme agissait avec ce qui semblait être de la prudence et de la délicatesse, la jeune femme ne pouvait pas nier son appréhension. Elle avait quelques mauvaises souvenirs des périodes où on avait du lui soigner les jambes, pour tout un tas de raisons, que se soient à cause de certaines pratiques médicales ou juste à cause du peu de compassion de certains représentants du corps médical. Avec le temps, ce dernier point avait fini par devenir normal aux yeux de la jeune femme. A cette époque, elle se considérait même comme une privilégiée, sachant très bien que beaucoup d'esclaves n'auraient jamais accès aux soins qu'elle avait reçu.

« En tant normal, j'ai toujours quelques plantes avec moi. Si mes jambes ne sont pas douloureuses en temps, il arrive qu'elles me fassent souffrir sans prévenir, surtout quand il fait très froid. Malheureusement, j'ai perdu mes quelques réserves pendant mon voyage. Pour ce qui est de prendre du repos, je ferai en sorte que cela me soit possible. »

Malgré sa bonne volonté, Ermaëlle ne savait pas comment elle allait faire pour laisser sa jambe se reposer. Pour cela, il lui faudrait assez de ressources pour vivre dans une auberge au moins une journée, si ce n'est deux. Ressources que la jeune femme n'avait pas et n'aurait pas avant plusieurs jours. Elle devait tenir au moins une journée dehors. Ensuite, il lui faudrait sûrement une nouvelle journée, peut-être deux pour remplacer son matériel saccagé et composer un pécule respectable pour ensuite prendre du repos. Autant dire que la jeune femme avait tout intérêt à se trouver une canne au plus vite histoire de ne pas souffrir inutilement en se déplaçant.

Qu'allait-elle faire ? En voilà une bonne question. Ermaëlle avait mangé la veille, elle tiendrait donc un jour ou deux avant de vraiment devoir se nourrir à nouveau. De plus, elle avait gardé une partie de sa nourriture du soir. Les gardes n'y ayant pas touché, elle pourrait tenir une journée de plus, peut-être. Pour ce qui était de se trouver un toit, l'ancienne esclave trouverait bien un endroit où dormir au sec. Après tout, elle avait déjà passé plusieurs nuits dans le froid mordant de Kartendark, n'étant protégée que par des abris de fortune découverts de manière fortuite. D'un autre côté, les territoires de son Empire d'origine étaient en grande partie vide et le seul véritable ennemi était le froid, celui qui emportait les vivants dans leur sommeil ou qui les gelait sur place pendant la journée. Cela n'avait rien à voir avec Hentonael, qui était beaucoup plus vivante, et ce, dans tous les sens du terme. Pendant la nuit, il y avait donc plus de possibilités de croiser quelqu'un, et donc de ne pas pouvoir dormir sans être en danger.

« J'ai encore un peu de nourriture, au moins pour tenir une journée, peut-être deux dans le meilleur des cas. Pour ce qui est d'avoir un toit.. Il me sera impossible d'en retrouver un avant un moment. Je sais que ce n'est pas la meilleure des solutions, mais je devrais passer les prochaines nuits dehors. Ce n'est peut-être pas très sûr comme décision, surtout avec une jambe blessée, mais je ne commettrait pas de bassesses. Elles m'apporteraient plus d'ennuis qu'une patte folle. Je pourrai toujours essayer de me trouver un autre travail, mais sans avoir mes deux jambes fonctionnelles, je ne pourrai pas faire de travaux physiques et mon état en rebutera sûrement quelques uns à m'engager... »

Pensive, Ermaëlle passa une main dans ses cheveux. En se levant ce jour, elle n'avait pas jugé bon de les tresser. En effet, le tressage avait tendance à abîmer sa chevelure. De ce fait, pour la garder ses cheveux en bon état, l'ancienne esclave les laissait libres de temps à autre. Pour ce qui était du fait de se trouver un refuge, l'ancienne esclave devait se rendre à l'évidence. Il n'y avait pas d'issues à cette situation, du moins, pas avec une jambe incapable de la porter. Dans son état, elle ne pouvait même pas grimper dans un arbre pour se mettre à l'abri en cas de danger ou pour espérer dormir en paix plus de dix minutes...
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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Lun 26 Fév 2018 - 1:28

Evidemment, je ne pouvais pas lui reprocher d'être reconnaissante envers ceux qui se sont occupés d'elle, mais ce confort, cette chaîne autour du coup, valait-il le prix de la liberté ? Pour elle, qui était née dans cette vie, cette situation, qui n'avait connu que cela de la normalité, sûrement que c'était la meilleure des vies. Pour moi, être de liberté que j'étais, que personne ne pouvait enchaîné, ce serait impossible à vivre. Même si je n'étais pas de noble ascendance, j'ai toujours su au fond de moi que j'étais un esprit libre et c'était sûrement cette âme là que les Arlaüds avaient vu en moi et qui les avait incité à me choisir pour devenir Gardien. Riches, ou pauvres, tout enfant pouvait un jour être choisi. Mais il devait avoir ce quelque chose d'invisible, ce quelque chose que seuls les Maîtres-Gardiens pouvaient voir, qui leur signale qu'il était fait pour être l'un des nôtres. Et moi, en tant qu'Arlaüd, je me devais aussi d'être capable de distinguer ce quelque chose de si particulier. A vrai dire, je me sentais encore un peu "jeune" et inexpérimenté pour cela, et pour le moment, je m'étais juste contenter de suivre mes aînés dans leur pèlerinage car même en étant un Gardien accompli, je n'avais de cesse d'apprendre encore et toujours. C'était la dernière loi de notre code d'honneur : A jamais, nous continuerons à perfectionner nos capacités et à approfondir notre savoir.

- C'est vrai, mais rien ne dit non plus qu'elle aurait été pire.

Quoi qu'à Kartendark, si on était pas né du bon côté du mur, on vivait difficilement. Mais après tout, nul besoin d'être riche et beau pour être heureux dans la vie. Une vie à la dure ne signifiait pas toujours une vie malheureuse. Il ne fallait pas mélanger les mots. Une vie heureuse était une vie épanouie, avec un soupçon d'amour, de fraternité. Quelque chose comme ça. La base. Du moins, c'était mon opinion. Je doutais qu'elle ai eut droit à de l'amour auprès de ses maîtres. Ce n'était pas parce que ses chaînes étaient plus confortables, qu'elle pouvait s'épanouir. Ce n'était pas parce qu'on était soigné, nourri, logé, que l'on était heureux. Mettez autant de coussins et de viandes dans la gamelle d'un chien que vous voulez, s'il n'a pas votre amour et vos attentions, il ne sera pas un chien heureux.

De tout le temps que je parcourais des yeux la marque imposante qui s'était ancrée dans la chaire de la jeune fille, je ne faisais plus vraiment attention à elle, même si je sentais son regard au dessus de moi, je savais qu'elle surveillait mes moindres faits et gestes. Je ne pouvais pas lui en vouloir. J'étais à ses yeux sûrement encore un parfait inconnu qui se permet de porter un regard trop près de son corps, qui plus est d'oser la toucher. Pour être honnête, à sa place, je ne serais pas à l'aise non plus. C'est pour cela que je pensais vraiment qu'elle refuserait que je le fasse. Je la sentais anxieuse et seule ma concentration sur ce que je faisais m'empêcher de trop m'attarder à son sujet. Quand il s'agissait de concentration, j'étais plutôt expert. Je savais oublier les choses autour de moi pour m'atteler à une tâche sérieuse. Je ne surprenais personne en disant que ce genre de contact entre un homme et une femme pouvait parfois paraître un peu dévié de son contexte. Et généralement par la faute de l'homme le plus souvent. Elle se sentait vulnérable, faible, elle était à ma merci, c'est vrai. N'importe qui pourrait honteusement profiter d'elle, de sa fragilité flagrante. Rien que pour ça, je pense qu'il valait mieux que ce soit moi qui lui porte secours, plutôt qu'un vaillant citoyen de passage.

Elle avait tout intérêt à prendre du repos, au risque de souffrir et surtout de voir perdurer cette douleur. Par chance, les hivers en Hetenlaüd n'étaient pas aussi rudes que dans l'Empire du Nord. Mais néanmoins, ils restaient des hivers froids, aux températures non négligeables. Si Ermaëlle avait ses petites résistances grâce à ses origines, elle ne devrait pas surestimer son corps qui n'a que trop souffert, trop voyagé et sûrement trop perturbé par son soudain changement de vie.

La jeune femme n'avait pas plus de solutions quand à son problème actuel. Rester dehors ? Trouver un autre travail ? Dans tous les cas possibles, je voyais en cela autant d'impossibilités à réalisé que de mauvaises idées. Qu'elle ai su se rationner était une chose, mais qui sait ce qui pourrait lui arriver en traînant trop longtemps dehors ? Je ne doutais pas que l'incident de ce matin était un cas isolé, néanmoins, il y avait des gens bien peu recommandables dans la grande ville qui n'avaient rien à voir avec un ou deux gardes trop alcoolisés. Qui plus est, pareille vie n'aidera pas plus sa jambe à aller mieux. Mais comme devait le penser Ermaëlle, elle n'avait pas tellement d'autres alternatives. Aussi, je me mis à réfléchir un moment en contemplant le panorama de la ville qui égalisait en hauteur avec le parc suspendu.

- J'ai possiblement une alternative à vous suggérer, finis-je par annoncer avant de reporter mon regard sur elle, mais pour cela, vous devez me faire confiance.

Je concluais cette phrase en lui proposant ma main. Elle avait bien comprit, il faudra se lever de ce banc et marcher.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Lun 26 Fév 2018 - 10:45

Une chose était sûre aux yeux d'Ermaëlle. Si elle n'avait pas été libre de ses mouvements pendant une partie de sa vie, elle avait tout de même pu profiter d'une certaine liberté de temps à autre. Surtout pendant son adolescence, en réalité. Si des règles de préséances s'appliquaient au sein de l'atelier de son ancien maître enlumineur, pour lui, tous les élèves étaient du même niveau. Aussi, il félicitait aussi bien les esclaves que les enfants de nobles familles. Pour lui, le rang n'avait que peu d'importance pourvu que la personne devant lui ait de la volonté pour réussir. La jeune femme avait souvent eu l'impression que son maître ne comprenait pas le danger. En effet, s'il félicitait, il savait aussi punir. Punir des enfants qui adultes seraient plus puissants que lui n'était pas un bon calcul, selon Ermaëlle. Néanmoins, son maître n'avait jamais connu de représailles. Sûrement craignait-on de perdre l'un des meilleurs maîtres enlumineur des environs. Aussi, le vieil homme laissait souvent ses élèves libres de leurs mouvements et les esclaves en avaient profité bien plus que les enfants de nobles. Ermaëlle avait donc connu ses premiers jeux à douze ans. C'était triste à dire, mais les jeux d'enfants n'avaient guère leur place dans le monde des esclaves. Aussi, les jeunes de sa condition profitaient de cette liberté nouvelle, créant des liens entre eux, chose qui aurait été impossible chez leurs maîtres respectifs. Ils découvraient enfin le monde, loin des murs et des chaînes. Ils vivaient, riaient, s'étonnant parfois même de leurs capacités. Certains s'étaient découverts d'autres talents, dansant avec grâce, chantant à qui voulait les entendre. Chez leur maître enlumineur, ils étaient des personnes et non plus des objets. Autant dire que les pleurs avaient été nombreux quand il fut temps de se séparer. Ermaëlle ne savait même pas si elle reverrait ceux et celles qui avaient partagé ses premiers jeux. Sans doute jamais, surtout au vu de sa situation...

Étrangement, cette liberté n'avait pas manqué à Ermaëlle par la suite. La jeune femme n'avait jamais comprit pourquoi. Sûrement avait-elle fini par oublier ce que s'était, d'être libre et heureuse de l'être. A quoi bon être libre loin de ce qu'elle avait toujours connu ? Loin de sa culture, de ses coutumes ? Ce n'était pas de la liberté mais de la torture. Un amusement cruel tout trouvé par le hasard ou une quelconque notion de destin...

A la fin de l'auscultation, Ermaëlle entreprit de remettre sa jambière. Pour éviter de compresser de trop la partie la plus douloureuse de sa jambe, la jeune femme ne serra convenablement qu'un côté, laissant l'autre un peu plus lâche, juste assez serré pour qu'il puisse tenir en place. Sa botte se chargerait du reste, évitant ainsi à la pièce de cuir de glisser ou de tomber. Une fois sa chaussure enfilée, la jeune femme reposa délicatement son pied à terre. Si la douleur fut vive à ce moment, l'ancienne esclave prit le parti de ne pas y faire attention, dans la mesure du possible du moins. De toute façon, elle ne pouvait rien y faire. Se plaindre n'arrangerait pas la situation.

La douleur plus ou moins passée, la jeune femme savait qu'elle avait désormais un choix à faire. Elle n'avait pu faire confiance à personne, depuis le début de sa fuite, si ce n'est à ce garde qui avait accepté de la laisser passer la frontière. L'ancienne esclave espérait d'ailleurs que personne n'était au courant de cela. Elle ne voulait pas que son sauveur ait des problèmes par sa faute. Toujours est-il que la jeune femme avait accordé sa confiance de manière circonstancielle. C'était-elle trompée ? Pas à sa connaissance. Devait-elle retenter l'expérience ? C'était une bonne question. D'un côté, l'ancienne esclave n'avait pas le choix. Si elle commençait à se faire à la ville, elle n'y connaissait encore personne et n'avait pas de refuge. De plus, même si elle ne voulait pas se l'avouer, Ermaëlle savait qu'elle en demandait beaucoup à son corps. Beaucoup trop sûrement. Depuis son départ de Karn, l'ancienne esclave avait perdu de sa superbe, c'était indéniable. Elle se demandait même si son ancien maître la reconnaîtrait, si elle passait devant lui. Que faire alors ? Suivre Ásmundr ? Il l'avait aidé, c'était indéniable, et sans lui, elle serait très certainement dans un pire état qu'actuellement...

Il le fallait. Ermaëlle n'avait pas le choix. Dans tous les cas, elle ne savait pas ce qu'il l'attendait et mieux valait rester avec quelqu'un qu'elle connaissait plus ou moins que seule. Fébrile, l'ancienne esclave attrapa la sangle de son sac et la passa sur l'une de ses épaules. Glissant sa main dans celle d'Ásmundr, l'ancienne esclave se servit de cet appui pour se redresser plus facilement. Une fois debout, la jeune femme plia légèrement sa jambe blessée, ne laissant que la pointe de son pied sur le sol. Ainsi, elle pourrait avancer sans trop de mal bien que sa démarche serait plus lente qu'à l'accoutumée.

« Soit, allons y. commença la jeune femme. Je ferai de mon mieux pour suivre. »

Ermaëlle se tut un instant, plantant son regard clair dans celui de l'Arlaüd. Elle ne pouvait plus reculer à présent. Advienne que pourra. Pour le moment, l'ancienne esclave ne s'était pas encore trompée et espérait que ce n'était pas le cas actuellement. Aussi, elle ajouta, sur un ton qu'elle voulait sûr :

« … Je vous fais confiance. »

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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Lun 26 Fév 2018 - 12:44

A nouveau, à ma stupeur cachée, elle accepta mon offre. Elle prit ma main et fit l'effort de se lever. Mais ce fut réellement lorsqu'elle m'annonça à haute voix qu'elle me faisait confiance que je me sentis comme...honoré. Farouche qu'elle était à notre dernière rencontre, je ne m'attendais pas à autant de contact à la deuxième, moins encore après ce que des gardes lui avait fait subir. J'espérais de ce fait ne pas la décevoir, mais c'était hélas le seul moyen que j'avais trouvé pour lui épargner bien des désagréments de la vie en extérieur. Je la guidais donc, mon bras pour seul support à son mal, et Dementör suivit docilement, s'étant levé entre temps.

Me déplaçant de façon à garder une cadence aisée pour la jeune femme, je la guidais en dehors du parc et nous retombions dans des allées plus fermées de rues et ruelles que les habitants commençaient à peupler au vue de la matinée qui se poursuivait.

J'étais né et avais passé les dix premières années de ma vie dans cette cité. Aussi aies-je eu le temps d'obtenir quelques relations déjà. Des relations tenues de générations en générations grâce à la famille voyez-vous. Mais ce n'était pas de la famille à laquelle je faisais allusion pour apporter de l'aide à Ermaëlle. Je ne pouvais me permettre de demander à mes parents aristocrates d'héberger une sans-abri, qui plus est étrangère au pays. Ce qui était de bonne volonté pour moi ne l'était pas pour eux, qui n'avait pas subit une évolution plus poussée dans leur ouverture d'esprit. La demeure Krönos n'était donc pas là notre destination.

"A la Gueule du Loup". Voilà ce qui était marqué sur l'enseigne de cet établissement devant lequel j'avais fini par m'arrêter. Une auberge, à ne pas en douter. J'ignorais si Ermaëlle était étonnée que je l'emmène ici, mais j'espérais au moins qu'elle n'en ai pas peur. Après tout, ce n'est qu'une bâtisse à peine plus imposante que les autres, qui sert à la fois de refuge pour les voyageurs de passage et de débit de boissons pour les fermiers à la recherche de détente après une journée de dur labeur. Mais une auberge est bien plus que cela. On sent le mystère derrière la poussière soulevée par les clients. C'est un lieu qui a vu passer beaucoup d'étrangers, qui a entendu raconter nombre d'histoires, qui a vu se terminer bien des drames et commencer tant de nouvelles aventures. Comme une écharpe de secret, un souffle de mystère si puissant que le temps lui-même semble ne pouvoir l'affecter.

Je lançais un regard encourageant à la jeune femme. Je ne voulais pas qu'elle s'inquiète de son sort suite à cette découverte. Je poussais ensuite la porte tandis que Dementör, tout naturellement, attendait dehors, sur la petite place pavée qui se trouvait juste devant, attirant nombreux regards des passants. Lorsqu'il me vit, le propriétaire poussa un cri d'étonnement mêlé à l'enthousiasme. C'était un homme déjà bien âgé, ventripotent, mais bien plus costaud qu'il ne le semblait. Brasser la bière ne se fait pas avec des bras de femmelettes. Il avait construit cet établissement pour être avec ses amis toute la journée, et il acceptait volontiers de servir les voyageurs, échangeant même parfois un repas et un lit chaud contre une belle histoire ou une blague particulièrement désopilante.

- Ca alors, quelle bonne surprise ! s'exclama t-il en contournant le comptoir pour aller à ma rencontre.

Un simple sourire chaleureux de ma part suffisait à le saluer, car sourire n'était pas dans mes expressions les plus courants, je devais le reconnaître. Mais je ne pouvais m'empêcher de l'afficher chaque fois que je voyais les rides de ce vieil homme. Voilà bien longtemps que je ne lui avais pas fait honneur de ma visite.

- Je suis bien heureux de vous revoir, jeune ami ! ajouta t-il, et vous ramenez une demoiselle ?

C'est alors que mon visage à nouveau se baissa vers celui d'Ermaëlle.

- Ermaëlle, je vous présente Jackõn D'Hysülv, ami de longue date de la famille.


- Pour sûr ! poursuivit le concerné, j'ai connu Maître Krönos alors qu'il était littéralement pas plus haut que trois pommes ! Et a qui aies-je l'honneur ?

Excentrique. C'était le bon terme pour désigner Jackõn. Mais pas méchant pour un sou. Je lui faisais confiance les yeux bandés. Il a été d'un grand soutien à mon père lorsque celui-ci a perdu la vue. Contrairement à Kartendark, ici il n'était pas rare que les nobles côtoient de plus modestes bourgeois. Je laissais ainsi la jeune femme se présenter d'elle-même. Peut-être que ça l'aidera à être un peu plus à l'aise. Je pouvais aisément comprendre sa réticence vis-à-vis de cet individu que je considérais pourtant comme l'un des plus honorables de la ville.

- Cette jeune femme n'a nul logis pour les jours à venir, expliquais-je finalement à l'homme, je vous en serez reconnaissant d'accepter de la dépanner en chambre et repas.

- Je vois ! A toute bonne connaissance de maître Krönos est la bienvenue entre ces modestes murs ! Madame D'Hysülv vous préparera sa spécialité de la maison, succulent ragoût de lupin ! C'est si peu courant, les clients d'aussi bonne heure.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Lun 26 Fév 2018 - 14:18

Si Ermaëlle avait gardé un certain rythme de marche en boitant, cela n'était pas de tout repos pour elle pour autant. En temps normal, ses remèdes lui permettaient de marcher, ou plutôt de se traîner selon les points de vue, sans trop souffrir ou juste de pouvoir travailler assise sans douleur. Pour dire vrai, cela faisait bien longtemps que la jeune femme devait se passer des calmants dont elle avait l'habitude et avait totalement oublié ce que cela faisait de devoir marcher avec une jambe aussi douloureuse que la sienne actuellement. Cependant, la jeune femme fit en sorte de reléguer sa douleur dans un coin de ses pensées, se concentrant plutôt sur ses mouvements. Malgré cela, il fallut un moment à la jeune femme pour retourner dans les rues, et ce, malgré l'aide d'Ásmundr.

A cette heure de la journée, les rues étaient bien plus vivantes qu'au moment où Ermaëlle les avait traversé pour rejoindre le Parc Suspendu. La jeune femme trouvait que la foule était rassurante, d'une certaine façon. Certes, c'était dans cette même foule qu'elle avait cru reconnaître l'une des personnes qui avaient attaqué son convoi, mais aujourd'hui, Ermaëlle était certaine qu'il n'en était rien. Elle avait du se tromper car rien ne s'était produit par la suite. C'était aussi pour cela que la jeune femme s'était permise de rester à Hentonael. Si ses craintes s'étaient révélés fondées, elle aurait quitté les lieux depuis fort longtemps.

'' A la Gueule du Loup ''. La jeune femme ne put s'empêcher de songer, à la fois amusée et contrite, que cela la décrivait bien. Faire confiance à quelqu'un n'était pas dans ses habitudes, et elle avait vraiment l'impression d'être prise au piège, malgré toute sa bonne volonté pour se convaincre que tout irait bien. Toujours est-il qu'Ermaëlle trouvait cette auberge toujours plus sûre que certains endroits où elle avait du passer la nuit. Le pire, ce devait être la nuit où elle s'était reposée dans une grotte. Malgré que cette dernière soit vide, les hurlements du vent qui s'engouffraient à l'intérieur lui avaient rendu la vie impossible et la jeune femme n'avait pas pu fermer l’œil. Pendant un moment, elle avait même cru qu'un ours sommeillait dans la même caverne qu'elle, à cause du bruit du vent. Cela avait fait qu'elle avait quitté la grotte dès les premières lueurs du jour et sans demander son reste.

A l'intérieur de l'auberge, Ermaëlle fut désarçonnée par le cri de joie poussé par l'homme qui se trouvait derrière le comptoir. Faisant en sorte de cacher son trouble passager, la jeune femme esquissa un petit sourire avant d'incliner légèrement la tête dans la direction du maître des lieux afin de le saluer. Mieux valait faire bonne impression. Ásmundr avait eu la gentillesse de l'amener jusqu'ici et l'ancienne esclave ne se voyait pas paraître impolie.

« Enchantée de faire votre connaissance. Je suis Ermaëlle. Ermaëlle Fyrnam. se pressa d'ajouter la jeune femme en se rendant compte qu'elle avait faillit donner le nom de son ancien maître au lieu de celui qu'elle s'était choisit en fuyant. Je suis enlumineuse, en temps normal. Du moins, si je trouve du travail dans ce domaine. Le reste du temps, je loue mon écriture à qui en ressent le besoin. »

La jeune femme, se doutant que son accent risquait de la trahir, si ce n'était pas déjà fait, se demanda s'il était judicieux de parler de ses origines. D'un autre côté, cette auberge semblait assez ancienne. Elle n'était sûrement pas la seule personne originaire de Kartendark a être passée ici. Cependant, le contexte avait changé. Les frontières avaient été fermées, au point qu'il était presque impossible de quitter un territoire pour se rendre dans un autre. L'ancienne esclave avait beau chercher, elle ne trouvait pas de demi-vérité pour expliquer son cas et comment elle s'était retrouvée ici. D'un autre côté, l'Arlaüd connaissait la vérité. Mieux valait expliquer quelque peu son cas à l'aubergiste. Si cela ne plaisait pas particulièrement à la jeune femme, c'était sûrement la meilleure chose à faire.

« … Je suis originaire de Karn. avoua la jeune femme, sur un ton plus bas. J'étais esclave, là-bas. J'ai été affranchie il y a peu de temps, et j'ai fais en sorte de quitter le territoire pour éviter qu'on essaye de me remettre en esclavage pour une raison ou pour une autre. »

L'ancienne esclave sentit la gêne l'envahir quand l'Arlaüd expliqua son cas à son ami. Ermaëlle n'avait jamais apprécié être un poids. Aussi, elle se promit intérieurement de rembourser les sommes dues dès que possible. Sa gêne ne fut que plus intense, mais pour une autre raison, quand l'aubergiste annonça qu'elle était la bienvenue ici. Aussi, la jeune femme ne put s'empêcher de dire, révélant ainsi ses pensées précédentes :

« Je n'ai pas de ressources pour le moment, c'est un fait. Mais dès que je pourrai me remettre au travail, je paierai mes dettes. Mieux vaut partir sur des bases saines et je ne souhaite pas passer pour une profiteuse. J'ai aussi été une domestique à une certaine période de ma vie. Si je peux faire quelques menus travaux pour vous aider, j'en serais très heureuse. » assura la jeune femme, avec un sourire.

Certes, elle n'avait été domestique que de ses neuf à ses onze ans, mais ce n'était pas le genre de travaux qu'on oubliait. Surtout que par la suite, il lui était arrivé d'aider d'autres esclaves. Quand la fatigue se faisait sentir pour les plus âgés, il n'était pas rares que les esclaves dans la force de l'âge leur donne un peu d'aide. A côté de cela, Ermaëlle avait toujours fait en sorte de s'occuper elle-même de son bureau, pour éviter du donner du travail à plus aux autres possessions de sa maîtresse. Forte de cette résolution, Ermaëlle avait l'impression de ne pas pouvoir prendre le sourire. Avec tout ce qu'il s'était passé, la jeune femme en avait presque oublié sa jambe douloureuse.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Lun 26 Fév 2018 - 16:10

J'essayais d'aider du mieux que je pouvais, d'avancer surtout en fonction du rythme qui conviendrait le mieux à la jeune fille. Autant dire, un rythme assez lent. Mais heureusement, je savais parfaitement où il fallait aller. Et ce n'était pas trop loin. C'était même probablement cette proximité qui m'avait donné l'idée de m'y rendre. Petit à petit, l'aube prenait de l'ampleur dans la cité, illuminant les rues de sa pâle lumière matinale.

De cette matinée, pas mal de monde se trouvaient déjà dans la salle à manger de l'auberge, se régalant de délicieuses galettes pour le petit-déjeuner. Les serveuses qui travaillaient pour Jackõn se faufilaient entre les tables et se démenaient tout autant que leur patron, à ceci près qu'elles devaient aussi esquiver les mains baladeuses de certains hommes de la cité, que les courbes des jeunes filles ne laissaient pas indifférent. Il y avait là un jeune homme aux cheveux longs et à l'air blasé qui jouait d'un instrument à corde dans un coin de la pièce. Il faisait cela pour le plaisir, et Jackõn lui en était reconnaissant : loin d'être un amateur, il réussissait à produire une mélodie d'ambiance qui mettait les gens à l'aise sans les empêcher de converser. Une vieille femme murmurait toute seule dans un coin. C'était une ermite qui vivait en recluse dans les bois à l'extérieur de la ville. ''Une sorcière !'' disaient certains. Peu importait au vieil aubergiste : il aurait eu mal au cœur de laisser cette petite bonne femme dehors par un temps si froid. Mais autour de la cheminée, un vieillard décrépi, inconnu du propriétaire des lieux, racontait des histoires de chevaliers et de Laüds, et il captivait son auditoire, qui souriait au rythme de l'épopée passionnante. Jackõn était un peu jaloux, mais il écoutait du coin de l'oreille le récit et dû reconnaître que ses propres histoires pâlissaient presque en comparaison. De l'autre côté de la salle, une cartomancienne proposait la bonne aventure aux autres clients. Certains acceptaient, amusés. Tout le monde savait que cette dame exotique était un peu bizarre, mais tout le monde l'appréciait. Je reconnu même une autre connaissance, Gaeren, un vieux soldat moustachu à la retraite depuis longtemps, qui taillait un morceau de bois.

"A la Gueule du Loup" était toujours bondé, matin, midi et soir. Parce que l'auberge était ancienne et bien connue de la ville et que son patron était chaleureux et bienveillant, toujours prêt à rendre service et à proposer une bonne dose de générosité en tant de paix comme de guerre. Toute la ville appréciait ce brave homme et j'espérais qu'il puisse tout autant mettre en confiance la jeune femme qui m'accompagnait. Cette dernière se présenta alors comme il se doit et qui plus est, annonça même son métier. Si on pouvait nommer cela ainsi.

- Enchanté de même jolie damoiselle, répondit le viel homme, oh enlumineuse, je vois, je vois ! Vous devez sûrement connaître maître Urthac je suppose ?

Bien sûr que non. La pauvre, elle n'était pas du coin ! Je ne pouvais pas le reprocher au vieux Jackõn qui n'était pas au courant évidemment. Maître Urthac était de loin le meilleur enlumineur de la ville. Mais je ne le connaissais pas personnellement. Son nom uniquement, qui avait réputation jusqu'entre les murs royaux. J'ignore si c'était à cause de ça ou si elle avait déjà prévu de le faire, mais Ermaëlle ajouta ses véritables origines, d'une voix néanmoins mal assurée. Discrète. Peu enclin à se faire entendre du reste de la clientèle. La tête courbée vers elle, l'aubergiste se montrait d'une attention toute particulière, mais ne fut guère étonné. Toutes sortes de gens étaient passés par son établissement durant des décennies, et des âmes du peuple nordiques n'y étaient pas étrangères non plus. Je crois que désormais, plus rien ne pouvait réellement surprendre ce vieil homme. La seule chose qu'il ne connaissait pas maintenant était le jour de son trépas et j'étais persuadé qu'il désirait encore en garder la surprise pour le moment.

- Par les plumes d'un Laüd ! fit-il, ah je ne sais plus depuis combien de temps je n'ai pas vu d'esclaves franchir ma porte mais je peux être certain que vous êtes la première affranchie.

Chose plus surprenante étant donné que la situation dans l'Empire du Nord n'était actuellement pas la meilleure. Et j'ignorais si elle allait l'être un jour, tant qu'un tyran y était à sa tête. Ermaëlle tenait à payer à l'avenir toute dette. C'était bien noble de sa part même si Jackõn avait l'habitude maintenant de faire de beaux cadeaux à certains clients. Ceci dit, je voyais là une certaine opportunité, si la jeune femme était capable d'assouvir ses besoins tout en ayant un travail en ces lieux. Ses talents d'enlumineuse ne serviraient à rien, certes, mais c'était toujours mieux que rien et je la saurais au moins entre de bonnes mains.

- Je tiens à préciser qu'Ermaëlle vient de subir une...un récent incident qui la porte à un léger handicap, néanmoins grandement temporaire, me permis-je d'ajouter à la conversation.

- Hm, hm, songeait l'aubergiste, l'index glissant sous son menton mal rasé, peut-être qu'un vieil homme comme moi aurait effectivement besoin d'un petit coup de main de temps en temps. A condition bien sûr  que mademoiselle se repose bien pour se guérir de ce fâcheux incident ! Je vais vous conduire à votre chambre et ma belle dame se fera un plaisir de vous offrir de bons soins.

Dame D'Hysülv, vieille aubergiste également mais cuisinière de haut niveau, était également plutôt doué dans les soins à porter, sans être une guérisseuse de renom. Combien de fois avait-elle dû rafistoler son époux casse-cou ? Mais on devait le reconnaître, elle était plus maître à ses fourneaux. Un vrai cordon bleu ! Actuellement, on sentait l'odeur de la cuisson des épaisses galettes qui étaient servi aux tables de chacun, accompagnés pour les désireux de miel, de sirop de ou confiture de toute sorte, certains penchant également pour un petit déjeuner plus lourd aux bonnes tranches de lards dorées à la poêle.

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Lun 26 Fév 2018 - 18:05

L'ambiance de l'auberge était des plus hétéroclite. A certains moments, Ermaëlle avait même l'impression d'y retrouver certaines caractéristiques de la pièce où certains esclaves venaient se reposer ou organisaient parfois des veillées. Des personnes y racontaient des histoires, d'autres dansaient au son d'instruments que les esclaves artistes avaient réussis à emporter avec eux après leur service. Ces petites fêtes étaient un moment de calme, et d'amusements. Elles étaient rares cependant, pour éviter d'attirer l'attention, mais cela permettait aux esclaves de se sentir entourés, d'avoir comme une famille étant donné qu'aucun d'entre eux ne pourrait en avoir une réellement.  

Maître Urthac... Maître Urthac... La jeune femme ne savait pas pourquoi, mais ce nom lui était vaguement familier. Peut-être l'avait-elle entendu au détour d'une conversation ou lu quelque part. A moins que ce souvenir ne soit plus ancien. C'était possible, après tout, son ancien maître enlumineur pouvait tout à fait avoir des connaissances ailleurs qu'à Karn ou bien posséder certains livres enluminé par quelqu'un d'autre que lui.

« … Songes Printaniers. finit par dire Ermaëlle. Un livre d'entraînement pour les apprentis. Mon maître nous laissait toujours le consulter. Il voulait que nous soyons capables de reproduire des plantes et des animaux provenant de contrées moins froides que la nôtre. Si je ne me trompe pas, c'est un livre enluminé par Maître Urthac. Je ne l'ai jamais rencontré, cependant. Après, il se peut que mon ancien mentor le connaisse, lui. Il connaissait beaucoup de monde, et pas uniquement sur nos terres. »

C'était peu de le dire, son ancien mentor entretenait des correspondances avec des artistes venant de tous les royaumes. Du moins, c'était ce que ses élèves pensaient en voyant tous les messagers qui allaient et venaient dans leur école. Par la suite, leurs hypothèses s'étaient confirmées quand leur mentor leur avait présenté des livres enluminés provenant des royaumes limitrophes, disant qu'ils provenaient de certaines de ses connaissances et qu'ils devaient en prendre grand soin en les consultant. Par la suite, les échanges s'étaient taris, sûrement à cause de la fermeture des frontières. C'était une perte indéniable, et Ermaëlle savait que son ancien mentor avait vraiment mal pris cette décision. Elle avait même reçu une lettre de lui, où il lui demandait de lui envoyer l'un de ses ouvrages afin que, selon ses dires, '' Ses nouveaux élèves puissent découvrir le monde extérieur sans que l'Empereur ne puisse les en empêcher. '' . La jeune femme avait accepté, bien sûr. Après tout, elle devait bien cela à l'homme qui lui avait tout apprit. A présent, elle n'espérait qu'une chose, que le vieil érudit soit toujours en vie et qu'il ne se soit pas attiré les foudres de l'Empereur à cause de certains de ses propos incendiaires. Si Maître Dyarm faisait preuve de sagesse la plupart du temps, il savait s'emporter et cela ne présageait jamais rien de bon...

La première affranchie ? Ermaëlle voulait croire que c'était réellement le cas. Mais en réalité, il n'en était rien. Elle avait fuit et s'était retrouvée libre en quittant ses terres de naissance. D'un autre côté, elle aurait trouvé un moyen d'acheter sa liberté. Sa maîtresse semblait disposée au fait de la laisser partir ou au moins de l'affranchir et de la garder à son service moyennant finances. Du moins, c'est ce que la jeune femme avait cru comprendre. De toute façon, à quoi bon y penser ? Sa maîtresse était morte et enterrée, et elle, elle s'était retrouvée libre de facto bien que cela se soit fait d'une manière peu enviable.

« Les affranchis sont rares, personne ne peut le nier. Pas étonnant que certains préfèrent la fuite à l'affranchissement. » avoua la jeune femme, pensive.

Quand l'Arlaüd parla de sa patte folle, la jeune femme ne put s'empêcher d'y jeter un regard. Il était vrai que pour le moment, elle serait incapable de se déplacer convenablement et à moins de travailler assise, les tâches les plus simples risquaient d'être compliquées à réaliser pour elle. D'un autre côté, au vu des dires de l'aubergiste, il ne la laisserait pas travailler avant qu'elle ne soit rétablie. Le débat semblait clos, et Ermaëlle n'avait pas la force de le relancer.

« Je suis certaine que ma jambe se remettra vite avec les soins de votre femme. commença Ermaëlle, avec un sourire des plus francs. Après tout, ce n'est pas une méchante blessure. Je ne dis pas que je serais sur pieds demain, mais je m'en remettrai rapidement, soyez-en assuré. »

Ce n'était là que la vérité. La douleur passée, Ermaëlle pourrait tout à fait utiliser sa jambe comme elle l'avait toujours fait. Certes elle ne pourrait pas se mettre à danser du jour au lendemain, quoique cela lui était égal étant donné ses piètres performances dans cet art, mais se déplacer et faire quelques menus travaux ne lui poserait plus aucun problème. Être inactive. C'était un peu l'une des pires choses qui pouvait lui arriver, surtout qu'elle ne pourrait même pas terminer certaines de ses enluminures pour passer le temps pendant sa convalescence.
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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Mauvaise rencontre à l'aube.   Lun 26 Fév 2018 - 21:55

Cette liaison d'enlumineurs entre pays ne devait pas être toute jeune, car il était évident que depuis la prise de pouvoir de l'empereur actuel, il n'était plus question de partager de nombreuses choses, l'art et la culture surtout. Ainsi Maître Urthac avait su se faire connaître de l'autre côté des frontières ? Cet homme devait être une référence importante. Je ne me suis jamais réellement passionné pour l'enluminure afin de le découvrir par moi-même. Vous savez ce qu'on dit, les grands esprits se rencontrent. Possiblement, le maître d'Ermaëlle avait dû avoir des contacts plus importants qu'un livre partagé avec le dit Maître Urthac.

Outre rares, les affranchis, je les croyais même impossible, surtout pas en cette période. Alors oui, sûrement que les esclaves préféraient fuir et apparemment qu'ils y en avait déjà eu qui étaient parvenus à atteindre un beau jour cette auberge, qui avaient eu la chance de l'atteindre et qui, je l'espérais, menés belle vie à présent. Le vieil homme hocha la tête aux dires de la jeune femme. Pour lui, c'était évident aussi. Les esclaves avaient sûrement plus de chance d'être libres en prenant la fuite qu'en attendant qu'on veuille bien les affranchir ! Mais pour avoir vu plus d'esclaves que moi dans sa longue vie, Jackõn devait sûrement mieux s'y connaître dans le domaine que moi. En tout cas, les choses semblaient s'arranger pour Ermaëlle en fin de compte et je n'en avais pas douter un seul instant. Je savais que je pourrais compter sur le vieux Jackõn pour ça.

- Alors c'est parfait, répondit l'aubergiste, qui sait, vous avez peut-être de passionnantes histoires sur le pays du nord à nous raconter ! Veuillez me suivre à présent, c'est à l'étage.

De sa démarche de vieillard néanmoins grandement assurée et stable, Jackõn fit demi-tour vers un proche escalier juste après que je l'eus chaleureusement remercier de l'hospitalité qu'il offrait à la jeune femme. Pour ma part, je ne bougeais pas de ma place, car j'avais plus ou moins accompli ce que j'avais à faire finalement. Mon regard s'attarda sur Ermaëlle.

- Nos chemins se séparent ici, lui dis-je, prenez soin de vous.

Probablement que nos chemins se recroiseront à l'occasion, si elle compte rester dans la capitale encore longtemps. J'ignorais si j'allais y revenir bientôt ou non, mais au moins, je serais déjà soulager de la savoir quelque part à l'abri, chose qui n'avait jamais été certain depuis notre première rencontre. Je laissais donc Ermaëlle au bon soins du vieux couple d'aubergistes, qui allait lui offrir chambre, repas et soins, pis quitta l'établissement, retrouvant à l'extérieur Dementör qui attendait patiemment. Ce dernier se coucha à mes mots qui signalaient que nous pouvions y aller afin que je puisse plus facilement grimper sur son dos et me caler derrière ses grandes ailes. Ailes qui se déployèrent sitôt après, et d'un battement, nous nous retrouvions déjà dans les airs, prêts à continuer notre tour dans le ciel, nous éloignant peu à peu de la prestigieuse cité qui rétrécissait dans la plaine au fur et à mesure que nous éclipsions vers l'horizon...

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