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 [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Lun 30 Juil - 23:18

Son Ouvrage sur ses genoux, Ermaëlle dessinait le paysage matinal qui s'offrait à son regard. Malgré les douloureux événements qui s'étaient produits au Parc Suspendu, la jeune femme avait fini par y revenir. Bien sûr, cela n'avait pas été simple au départ mais elle ne pouvait pas éviter cette partie de la capitale jusqu'à la fin de ses jours. Surtout que le Parc n'était pas un lieu malfamé, du moins, tant que des gardes peu scrupuleux ou quelque peu éméchés ne s'y trouvaient pas pour des raisons obscures. Ermaëlle chassa cette pensée de son esprit, se concentrant d'avantage sur son dessin. Elle voulait représenter avec la plus grande exactitude le paysage estival qui s'offrait à elle.

L'été était là. Son premier été loin de chez elle. L'espace de quelques instants, Ermaëlle laissa divaguer ses pensées jusqu'aux terres qu'elle avait du quitter à regret... Les paysans devaient être en train de commencer leurs semailles, à cette période. Du moins, si les terres s'étaient suffisamment réchauffées. Il arrivait que les choses prennent plus de temps, surtout si la saison précédente avait fait preuve de grande rudesse. Si cette pensée se révélait exacte... Il n'y avait pas que les paysans qui risquaient de se retrouver en mauvaise posture. Les marins ne seraient pas en reste, et il leur faudrait certainement beaucoup de temps pour briser la glace qui les empêchait de sortir des ports. Ermaëlle avait déjà vu des esclaves faire ce travail. Du moins, son maître lui avait montré ce qu'il pouvait se passer à l'extérieur de leur demeure. Les accidents y étaient nombreux, c'était un fait... Les maîtres savaient jouer avec la peur de leurs esclaves. Bien sûr, cela n'empêchaient pas certains de fuir, mais les autres finissaient par se dire que leur condition pouvait être bien plus misérable. Et vu les conditions de vie qu'avait eu la jeune femme pendant sa fuite, elle ne pouvait que leur donner raison. Il en fallait des ressources, pour survivre loin de tout repère...

Ermaëlle chassa cette pensée de son esprit et fit en sorte de reporter son attention sur son ouvrage actuel. Il s'agissait d'un dessin représentant à la fois l'été d'Hetenlaüd et celui de Kartendark. L'ancienne esclave utilisait deux pages, pour son esquisse. La page de droite représentait Hetenlaüd et celle de gauche, ses terres de naissance. Les deux parties d'un même monde, avec leurs différences et leurs ressemblances. Avec l'été, l'ancienne esclave ressentait d'avantage le besoin de retourner chez elle. Aussi, les dessins portants sur Kartendark s'étaient multipliés, aussi bien dans son Ouvrage que sur d'autres feuillets. Ermaëlle soupira à cette pensée. Elle savait qu'elle ne pourrait pas rentrer chez elle... Bientôt, Kartendark ne serait plus qu'un lointain souvenir...

Et dire que la jeune femme devrait très certainement se replonger dans les mois qui avaient précédés son arrivée à la capitale. Après tout, elle devrait bien révéler certaines choses à Ásmundr. Mais quoi exactement ? Ermaëlle avait tenté de faire la part des choses entre ce qu'il lui était possible de raconter et les choses qui devaient absolument rester secrètes. Mais parler du livre revenait à parler de sa fuite, de comment elle était arrivée ici. Et ça, l'ancienne esclave n'avait pas le droit de le cacher à l'Arlaüd. Il ne pourrait pas l'aider si elle ne lui disait pas toute la vérité.

La vérité... A cette pensée, le cœur d'Ermaëlle se serra. Mentir avait été son seul moyen de survivre jusqu'ici. Si on avait apprit qu'elle était une esclave en fuite alors qu'elle était sur les terres de l'Empire, elle aurait fait une proie de premier choix pour les chasseurs de prime. Si on avait apprit qu'elle n'était qu'une fuyarde, qui l'aurait prise au sérieux ? Qui n'aurait pas craint qu'elle ne lui apporte que des ennuis par la suite ? La jeune femme n'était pas une menteuse. Du moins, elle essayait de s'en convaincre. Elle n'avait mentit que pour assurer sa protection. Pour rester en vie... Bien sûr, l'ancienne esclave n'était pas un exemple et n'en serait sûrement jamais un. Mais elle avait fait avec le peu de moyen qu'elle avait... Elle n'avait mentit que lorsque la situation le lui imposait. Le reste du temps, Ermaëlle avait été sincère. A croire qu'elle voulait contrebalancer les mensonges qui pesaient sur sa conscience...

Maussade, la jeune femme referma son Ouvrage, alors même que son esquisse n'était pas achevée, et le rangea dans son sac. Ensuite, elle se redressa. Cela faisait un moment que l'ancienne esclave était assise. Aussi, ses muscles étaient tout engourdis et ses vêtements froissés. Ermaëlle  s'étira donc quelques instants, avant de chasser les plis de sa robe. Avec les chaleurs estivales, la jeune femme avait du ranger ses épaisses tuniques faites pour l'hiver de ses terres d'origines pour les remplacer par des vêtements plus légers avec des couleurs plus vives que le gris ou le noir. Le vert feuillage avait donc remplacé les teintes neutres et froides de l'hiver. Le rouge et le vert étaient très certainement les couleurs préférées d'Ermaëlle. Cependant, les étoffes rouges coûtaient chers, trop cher pour l'ancienne esclave. Le vert était plus accessible. Aussi, c'était sûrement la couleur la plus présente pour ce qui était de vêtements que la jeune femme s'était procuré dernièrement.

D'un mouvement las, Ermaëlle remit correctement sa tresse autour de son cou. Malgré les conseils d'Ismelle, la jeune femme n'était pas décidée à se couper ne serais-ce que quelques centimètres de sa longue chevelure. Bien sûr, cette dernière finissait par s'abîmer, mais l'ancienne esclave ne voulait pas se séparer de la seule chose qui la reliait encore un tant soit peu à sa vie d'avant... Sa vie d'avant... La jeune femme retient de justesse un nouveau soupir. Que dirait Ásmundr quand il apprendrait toute la vérité ? Ermaëlle n'en avait aucune idée. Elle ne voulait même pas y penser, même si l'Arlaüd ne devrait plus tarder. Bientôt, elle devrait faire face à son passé. Elle devrait l'accepter, et surtout, le faire accepter...

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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Mar 31 Juil - 1:32



Ermaëlle Fyrnam et Àsmundr Krönos


Confidences



L'ombre de Dementör glissait rapidement sur l'herbe desséchée des vastes plaines d'Hetenlaüd. Je sentais dans l'obscurité de son sombre plumage la chaleur du soleil à peine levé qui s'emmagasinait en lui, tout comme je ressentais sous mes tissus ébènes l'effet des premiers rayons de l'astre du jour fraîchement dressé au dessus des collines de l'Est. Nous étions pourtant parti avant le début de l'aube, sous une couverture d'étoile parfaitement visible, protégés par la fraîcheur nocturne de la nuit et guidés par la lueur d'une pleine lune étincelante.

Je tenais parole. Ce vol si tôt n'était pas une patrouille de routine. Je m'en allais à Hàntonael, sept jours après avoir envoyé ma dernière lettre à Ermaëlle, où tous deux nous avions convenu d'un rendez-vous discret dans la capitale. Et je me devais d'arriver assez tôt car la notion de discrétion lui avait été essentielle. Cette ancienne esclave de l'Empire du Nord avait quelque chose à me révéler, et avait besoin de moi. Aussi, pour cette relation amicale que nous entretenions, j'avais jugé juste de lui accorder cette faveur. Il ne s'agissait nullement de frivolité. J'avais repéré le sérieux de la situation. Et quand bien même le devoir me poussait à être plus raisonnable, je n'avais pas eu la force de tourner le dos à la jeune femme. J'avais gagné sa confiance, et je désirais l'entretenir. C'était bien la moindre des choses que je pouvais faire pour elle.

Je ne cachais pas une certaine curiosité à l'égard de ce qu'elle m'avait écrit dans sa lettre. Même s'il s'agissait d'affaire qui ne me concernait pas. Je tâcherais d'être le plus objectif possible. Il y avait un moment, qui plus est, que je ne m'étais rendu à la capitale. Et donc un moment que je n'avais de nouvelles d'Ermaëlle hormis la lettre qu'elle m'avait envoyé. Ces derniers temps, je les avais accordé d'avantage au sud du pays, où l'invasion Laïos avait été imminente. Nous autres Gardiens avions été précipité sur les lieux lorsque les remparts ont été rapidement mis en déroute et que la marche de la tribu barbare avait dangereusement progressé de villages en villages. Valkëol, leur but, a été épargné par notre assaut à temps. Avec l'armée de la cité, nous avions pu les repousser hors du royaume et les renvoyer dans leur nation désertique. La bataille avait été courte, mais pas sans dommage. De nombreux civils avaient été tué durant le raid des guerriers. L'armée de la ville avait perdu quelques soldats et des Gardiens envoyés sur place avaient été blessé. J'en réchappais de quelques plaies insignifiantes par rapport à d'autres plus grave de certains de mes camarades. Mais l'ennemi ayant été repoussé, c'était ce qui importait le plus.

Hàntonael fut enfin en vue. Le soleil matinal luisait de plus en plus haut dans le ciel d'été alors que Dementör perdit doucement de l'altitude sans que je n'eus besoin de lui en citer l'idée. Il savait parfaitement quelle était notre destination et très vite, le Parc Suspendu de la ville devenait visible à ses yeux perçants. Une seule silhouette errait parmi le gazon et les allées de pavés marbrés. Il n'y avait encore personne d'autre pour se rendre en ces lieux à une heure aussi matinale. C'était là, dans l'idée du rendez-vous. Le Laüd battit des ailes pour contrôler son atterrissage alors qu'il tendit ses quatre patte vers la pelouse bien tondue du parc. Sa queue battait gracieusement derrière lui pour maintenir son équilibre et la seconde d'après, il toucha le sol et replia ses ailes contre ses flancs avant d'adresser un regard ambré vers la seule personne présente qui avait assisté à notre arrivée. Un brut ronronnement sorti de sa gorge à l'adresse de l'ancienne esclave dans le but de la saluer.

Me redressant sur son dos, j'entrepris de bondir à terre, tombant de plusieurs mètre qui séparait son garrot du sol, mais sachant atterrir en toute simplicité sur mes deux jambes. Monter et descendre d'un Laüd pouvait paraître difficile à apprendre et pourtant, il n'y avait rien de plus naturel, même pour un apprenti Ar. Etant donné que le Laüd grandissait en même temps que nous, qui apprenions à devenir Gardien depuis nos dix ans, il devenait rien de plus naturel que d'apprendre à sauter plus haut chaque année. Je rabattis ma cape noire en arrière avant de m'éloigner de la créature pour aller à la rencontre d'Ermaëlle qui se tenait non loin de nous.

- Ermaëlle, je vous souhaite le bonjour, lui dis-je enfin.



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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Mar 31 Juil - 19:29

En entendant le ronronnement émit par Dementör, Ermaëlle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. L'espace de quelques instants, elle oublia même ce qui lui pesait tant sur le cœur et la conscience. Ils étaient venus. Non pas que l'ancienne esclave en doutait, elle savait qu'il en fallait beaucoup pour qu'Ásmundr ne tienne pas parole. C'était juste que la jeune femme avait entendu parler des récents événements concernant Valkëol et ses alentours. Aussi, elle était rassurée de voir que l'Arlaüd et son Laüd semblaient être en pleine forme.

Quand Ásmundr sauta du dos de Dementör, Ermaëlle ferma instinctivement les yeux. Même si elle se doutait que les Ars et les Arlaüds avaient très certainement apprit très tôt à descendre du dos de leur Laüd, cela n'en devenait pas rassurant pour autant en ce qui la concernait. La jeune femme ne rouvrit les yeux qu'en entendant des pas se diriger vers elle. L'espace de quelques secondes, l'ancienne esclave scruta le visage de l'Arlaüd. N'y voyant ni cicatrice, ni bandage, la jeune femme se détendit. Tout semblait aller pour le mieux pour ce qui était d'Ásmundr.

« Bien le bonjour, Ásmundr. J'espère que vous avez fait bon voyage. commença la jeune femme. Auriez-vous la gentillesse de passer mes salutations à Dementör ? Sachez que je suis très heureuse de vous revoir tous les deux. Vous me semblez être en pleine forme. »

Gardant son sourire, Ermaëlle se détourna quelques instants son attention de duo afin de récupérer sa sacoche. Mieux valait ne pas la laisser sans surveillance, même si le Parc n’accueillerait pas ses réels premiers visiteurs avant encore une ou deux heures. Du moins, c'est ce que la jeune femme espérait. Dans le cas contraire, un Arlaüd et un Laüd ne risquaient pas de passer inaperçus. L'ancienne esclave chassa cette pensée de son esprit. Pour le moment, tout était calme. Elle n'avait pas de raison de s'inquiéter. Du moins, elle l'espérait.

« Merci d'avoir fait le déplacement... Je vous en suis sincèrement reconnaissante. Je suis désolée de ne pas avoir pu tout vous dire à l'écrit. Voyez-vous, si cette affaire venait à s'ébruiter, je crains que... »

Ermaëlle perdit son sourire. Par quoi commencer ? Elle avait tant de chose à l'esprit...  Et si Ásmundr ne la croyait pas ? Et s'il la prenait pour une menteuse qui ne voulait que s'approprier des savoirs qui lui étaient interdits ? La jeune femme avala difficilement sa salive. Une boule s'était comme formée dans sa gorge, l'empêchant de dire tout ce qu'elle gardait pour elle depuis si longtemps. Cela faisait presque un an que l'ancienne esclave gardait tout cela pour elle. A présent qu'elle savait qu'elle pouvait en parler... La situation lui semblait irréelle, même si c'était elle qui l'avait provoquée...

« … Je crains que ma vie ne tienne plus qu'à un fil... »

La voix d'Ermaëlle n'était plus qu'un murmure. Les mots étaient dits et rien ne pourrait plus les effacer. Fermant les yeux et baissant la tête, la jeune femme fit en sorte de contenir ses larmes. Pendant sa fuite, elle s'était promit de ne pas pleurer. Du moins, de tout faire pour. Les larmes n'arrangeaient rien. Au mieux, elles inspiraient la pitié et au pire... Le dégoût. Instinctivement, la jeune femme ramena sa sacoche contre elle, la calant au creux de sa hanche. Qu'allait-il se passer, à présent ? L'ancienne esclave n'en avait pas la moindre idée. La seule chose dont elle était certaine, c'est qu'elle ne pouvait plus reculer...

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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Mar 31 Juil - 20:41



Ermaëlle Fyrnam et Àsmundr Krönos


Confidences



Le sourire d'Ermaëlle m'enseigna beaucoup sur son état actuel. Il est vrai que depuis notre dernière rencontre, elle avait su se remettre de tous les maux qui lui étaient tombés dessus. J'étais soulagé en tout cas de pouvoir le constater même si je ne doutais plus désormais qu'elle était capable de mener une vie heureuse à la capitale. Ou du moins, une vie sans encombre, rangée, intégrée, comme bon nombre en ce monde le désirait. Mes pas m'amenaient face à la jeune femme qui avait revêtu tenue légère pour supporter plus aisément le climat de notre pays à la saison estivale. Je n'avais pas oublié son origine nordique. Aussi je devinais facilement qu'elle découvrait en Hetenlaüd une météo tout à fait nouvelle et sans doute peu agréable.

- Nous nous efforçons de maintenir en toute circonstance santé et vitalité, répondis-je aux paroles de l'ancienne esclave.

Le voyage avait été bon, sans nul doute. Planer sous un ciel d'été nappé d'étoiles et de galaxies était quelque chose que j'appréciais grandement pour mon confort et ma sérénité personnelle. Il n'y avait pas plus belle vision en ce bas-monde que la contemplation des cieux dans leur paroxysme. A dos de Laüd comme si nous y étions. Le tout en assistant par la suite au lever du jour depuis l'horizon. Puisqu'elle me le demandait, je me tournais ensuite vers Dementör avant de lui traduire, dans la Langue des Anciens, les salutations de la jeune femme. Le Laüd, attentif à mes paroles, adressa par la suite un regard amical à l'humaine. Je reprenais mon attention sur elle également.

- Vos salutations ont été bien accueillit.

Je restais à ma place, observant la jeune femme qui récupéra une sacoche contre elle. C'était à elle de mener ce rendez-vous, étant donné que je n'étais ici que l'invité et celui vers qui elle avait décidé de se tourner pour trouver de l'aide. J'ignorais encore si je serais en mesure de lui apporter ce dont elle avait besoin. J'hochais la tête lorsqu'elle me remercia pour le déplacement, qui n'était pas un mince trajet, il fallait le reconnaître. Je voyais en l'expression de la jeune femme la crainte d'un avenir incertain au sujet de ce dont elle aimerait me parler. Je ne doutais pas un seul instant qu'elle ne m'aurait fait venir jusqu'ici si cela n'avait pas son importance. Je gardais un instant le silence sans la lâcher des yeux. Silence que je rompis au bout d'un moment.

- C'est un fait que je comprends. Aussi, pouvons-nous en venir ainsi à cette menace qui pèse tant sur vous ?




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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Mar 31 Juil - 23:04

Ermaëlle inspira profondément, ravalant les sanglots qui l'avaient assaillit. Les larmes viendraient plus tard. Il le fallait. La jeune femme se rapprocha à nouveau du banc, avant de s'y asseoir, faisant signe à  Ásmundr de faire de même. Raconter tout ce qu'il s'était passé risquait de prendre un certain temps. Pendant quelques instants, la jeune femme se replongea dans ses souvenirs. C'était la première fois qu'elle allait en dire autant sur elle. Mais c'était là un mal nécessaire. Autant faire bonne figure, ou tout du moins, essayer.

Fébrile, la jeune femme ouvrir sa sacoche pour en sortir le livre qui lui avait causé tant de tort. L'Arlaüd l'avait déjà entrevu, étant donné qu'il s'agissait de celui que l'un des gardes ivres avait manipulé il y a quelques mois de ça. Ermaëlle retira le tissu qui protégeait le recueil avant de passer sa main sur la couverture de cuir. La matière avait été minutieusement travaillée et teintée de bleu sombre. Si la jeune femme n'avait pas tant souffert à cause de l'ouvrage, elle aurait presque pu le trouver agréable à regarder. Ôtant sa main de l'ouvrage, Ermaëlle le regarda une dernière fois, avant de le tendre à l'Arlaüd.

« … Voici l'instigateur de tous mes malheurs... Un livre totalement illisible. Il a été écrit dans plusieurs langues anciennes. Quand j'étais à Karn, ma maîtresse me l'a confié dans l'espoir que je puisse le traduire. Malheureusement, cela m'est impossible. J'ai quelques rudiments dans certaines langues mortes mais rien qui ne me permet de donner un sens à tout cela... Je n'en comprends que quelques bribes, rien de plus... »

La jeune femme marqua une pause, poussant un soupir.  Ce livre n'avait pas voulu lui révéler ses secrets. Si elle avait réellement comprit ne serais-ce qu'une page, sa maîtresse serait peut-être encore en vie à l'heure actuelle... Elle aurait pu la prévenir, l'avertir du danger. Mais Ermaëlle avait échoué... Le pire échec de sa vie, sans doute...

« … Mais certaines personnes comprennent cet étrange charabia... Je n'ai pas été affranchie, Ásmundr... On m'a forcé à fuir... C'est... C'est une très longue histoire... Ma maîtresse devait partir en voyage et avait demandé à ce que je l'accompagne. Je lui avais été offerte pour son mariage et elle me considérait comme son dernier lien avec sa famille. Elle tenait beaucoup à moi, et je tenais tout autant à elle... Elle n'a jamais été violente avec moi, contrairement à son père. Là où elle allait, j'allais. Les choses étaient faites ainsi... A ce moment, j'avais déjà ce livre en ma possession. Ma maîtresse voulait que j'essaye d'en trouver le sens. Mais rien ne s'est passé comme prévu... Notre convoi a été attaqué par ce que nous pensions être des brigands... Mais des brigands n'auraient pas pu vaincre aussi facilement nos gardes... Et... »

Ermaëlle essuya les larmes qui commençaient à couler sur ses joues. Elle n'avait rien pu faire pour sa maîtresse. Elle aurait du essayer de la protéger, de l'aider à fuir. Mais elle n'avait rien fait... La jeune femme s'était enfuie... Ce qu'elle avait pu être lâche. Ses larmes n'étaient pas dues qu'à la tristesse, non, elles étaient également des larmes de rage. L'ancienne esclave avait laissé mourir l'une des seules personnes qui l'avait considérée comme une personne et non pas comme un objet. Comment avait-elle pu...

« … Ils ont massacré notre escorte... reprit Ermaëlle, alors que de nouvelles larmes roulaient sur ses joues. Je me suis enfuie... J'ai honte, si vous saviez... J'ai trouvé refuge dans les bois... J'y suis restée des heures durant... J'entendais les pas de ces hommes... Leurs paroles... Ils me cherchaient... Ils voulaient récupérer ce livre... J'étais tétanisée... Mais ils ne m'ont pas trouvé... Je ne sais pas combien de temps je suis restée cachée... J'avais si peur... Ces hommes auraient pu se trouver n'importe où... C'est en sortant de ma cachette que j'ai appris toute la vérité... Ma maîtresse était la fille d'un puissant seigneur de Karn... La nouvelle de son meurtre n'a pas prit beaucoup de temps à se répandre... Et on me recherchait en tant qu'esclave en fuite et tant que traîtresse. Ils pensaient que j'étais complice de cette horrible mascarade... »

Quand Ermaëlle avait vu sa tête mise à prix, elle s'était sentie flouée et surtout, seule. On lui avait fait comprendre que sa version des faits ne comptait pas, qu'elle était coupable avant même d'avoir été jugée. Les esclaves étaient remplaçables. Elle était remplaçable et sa mort aurait fait un exemple parfait... Qui se frotte aux maîtres y laisse forcément des plumes... Tout était bon pour faire respecter l'ordre, quitte à exécuter des innocents... La jeune femme finit par reporter son attention sur Ásmundr.

« Je suis désolée, profondément désolée d'avoir mentit. Mais je n'avais pas le choix. Ce livre m'a tout prit ! Absolument tout ! Et ces hommes pourraient me prendre la vie pour se l'approprier ! A Karn, personne ne m'aurait cru ! Pour eux, je ne suis qu'une traîtresse ! s'exclama la jeune femme. Personne ne croit les esclaves. Personne... » termina l'ancienne esclave, en chuchotant.

Ermaëlle plongea son visage dans ses mains, sanglotante. Elle aimait sa patrie, son Empire. Mais ce foyer ne voulait plus d'elle. Elle était vue comme une traîtresse, une femme bonne à jeter aux loups. Son foyer n'aurait aucune pitié pour elle. Aucune... Tout ça à cause d'un livre... La jeune femme aurait voulu le brûler, l'anéantir... Mais cela ne lui aurait pas rendu son ancienne vie... Ermaëlle en avait bien conscience... La chose qu'elle pouvait faire, à présent, c'était essayer de comprendre les intentions de ces hommes afin de pouvoir les contrer...

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Mer 1 Aoû - 0:37



Ermaëlle Fyrnam et Àsmundr Krönos


Confidences



Quand bien même j'avais aisément perçu la tristesse qui s'était emparée de la jeune femme, je demeurais d'allure indifférente, sans pour autant manqué de compassion en moi. J'étais un homme altruiste qui ne manquait pas d'empathie mais qui peinait néanmoins à l'exprimer. J'avais cette attitude indifférente qui était susceptible de me faire considérer comme un sans coeur, ou un dénué d'émotion. Mais dans mon esprit, j'en restais pas moi un être humain capable de sentiment et je reconnaissais de ce fait que la détresse d'Ermaëlle ne me laissait pas indifférent. Pas mentalement en tout cas. Aussi, quand elle me fit signe de m'asseoir à ses côtés, je m'avançais le faire pendant que Dementör s'allongea dans l'herbe pour se reposer de sa longue traversée.

Un instant de silence s'imposa durant un moment que je me refusais de briser, sentant cette pause nécessaire, cette préparation avant des aveux que l'ancienne esclave se contraignait de faire. Mon regard aux iris aussi noirs d'une nuit sans étoiles s'abattit sur le livre que la jeune femme sortit de sa sacoche. Un ouvrage en sa possession visiblement depuis longtemps. Sans être un spécialiste dans le domaine, je pouvais néanmoins dès lors deviner l'ancienneté de ce livre à sa simple couverture. Mais je n'en dis mot. J'attendis que la jeune femme me le tende avant de m'en saisir pour l'examiner de plus près. J'écoutais en même temps son récit tout en faisant basculer la couverture pour en découvrir les premières pages et les fameux écrits dont elle me parlait. Je parcourais les pages d'un bref regard, les tournant avec délicatesse à chaque fois, sans manquer un mot des explications d'Ermaëlle. En effet, je constatais bientôt les faits. Les différentes écritures de l'ouvrage, les divers dialectes qui avaient été utilisé.

Lorsqu'elle avoua son mensonge, elle me sortit finalement de mon expertise. Mon regard se leva vers elle à nouveau. Je n'appréciais guère le mensonge, sans lui en faire part. Je crois que mon intérêt soudain piqué par la question pourra déjà la mettre sur la voie. Nous autres Gardiens apprenions tout de l'honnêteté, de la sincérité et de bien des vertus nécessaires pour être un Gardien digne de ce nom. Tels les Laüds, créatures sans défauts pétries de vertus, nous apprenions la vie selon leur modèle. Je n'étais pourtant pas en colère contre Ermaëlle car je savais que son mensonge n'était pas signe de trahison. J'étais néanmoins prit de déception, comme si un fragment de confiance entre nous venait de se briser. Je pensais être le genre d'être qui inspirait un minimum de confiance. Au moins après quelque temps de relation. Mais j'avais tendance à me faire trop rapidement des idées. Je restais donc silencieux, toujours, et en gardant mon attention sur Ermaëlle, j'écoutais sans faillir son histoire.

L'histoire fut interrompu par la détresse d'Ermaëlle, en proie aux larmes qui avaient fini par passer la barrière des paupières. Je baissais finalement les yeux sur le livre que je tenais toujours d'ouvert sur mes genoux, incapable d'en vouloir d'avantage à la jeune femme pour le mensonge avoué. Mon regard retourna sur elle quand elle trouva la force de reprendre. De me parler de l'attaque, du meurtre de sa maîtresse, de sa fuite. Je soupirais à la fin de son récit. J'aimerais aborder les choses rapidement, mais il y avait tout d'abord une chose importante à faire avant de se lancer dans la suite.

- Vous êtes pardonnée.

Par la suite, je reposais mes prunelles sur le livre un instant, considérant l'objet et repassant les paroles d'Ermaëlle dans mon esprit.

- Cependant, j'ose espérer que vous ne comptez pas à nouveau fausser la vérité en ce qui vous concerne ? Comprenez bien qu'il me serait difficile de vous aider en ce cas. Me faites vous confiance ?

Je marquais une nouvelle pause, songeur. Il était à présent temps de passer à la suite.

- Je tiens également à vous rassurer. Il n'y a aucune honte à avoir dans ce qui vous est arrivé. Il n'est pas lâche de fuir devant un danger. Loin de là. Il en va de la survie. Même les plus courageux Gardiens doivent apprendre à fuir lorsqu'ils savent qu'ils ne peuvent lutter.

Mon attention se reporta à l'ouvrage. Je me repris à le feuilleter.

- Il serait important de savoir pourquoi ce recueil est aussi précieux aux yeux de certains.





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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Mer 1 Aoû - 1:21

Pardonnée ? Il fallut quelques instants à Ermaëlle pour comprendre la teneur de la phrase de l'Arlaüd. Pardonnée... Après tout ce qu'elle avait dit ? Après tous les mensonges qu'elle avait du inventer et proférer ? La jeune femme avait presque du mal à le croire. Pardonnée... L'ancienne esclave aurait pu jurer que son cœur s'était allégé. Au moins, il y avait une personne, deux en comptant Dementör, à qui elle ne serait plus obligée de cacher la vérité. A qui elle ne cacherait plus rien. Le temps des mensonges venait de s'achever, en partie du moins. Il faudrait encore un certain temps à la jeune femme pour avouer toute la vérité à d'autres personnes. Mais avant d'en arriver là, elle voulait être certaine que les hommes qui voulaient le livre ne deviendraient pas un danger pour les autres à cause d'elle.

« … Merci... Merci beaucoup... Je n'ai plus rien à cacher... Plus rien du tout. Vous connaissez toute l'histoire. Si je l'ai cachée... C'était pour éviter que d'autres personnes ne se retrouvent dans mon cas. Personne ne mérite d'être poursuivi comme je l'ai été... Je ne le souhaiterai même pas à mon pire ennemi... »

C'était peu de le dire... Ermaëlle ne voulait même pas imaginer ce qui se produirait si les personnes qui recherchaient le livre arrivaient à la retrouver. C'était tout bonnement affreux et mieux valait éviter ce sort au plus de personnes possibles. L'ancienne esclave avait déjà assez de morts sur la conscience. Ce livre n'avait pas le droit de faire plus de victimes. Il fallait trouver la clef de ses mystères au plus vite.

« Je vous fais confiance. Entièrement confiance. Il n'y aura plus de mensonges entre nous. Il y en a déjà eu de trop. Continuez d'être sincère à mon égard et je ferais de même. »

Ásmundr avait été très altruiste à son égard, Ermaëlle s'en souviendrait toute sa vie. Lui mentir lui avait causé beaucoup de mal, c'était un fait. Mais un mal nécessaire. Du moins, c'était ce qu'elle s'était répété pour alléger sa peine. Chassant les dernières larmes qui perlaient aux coins de ses yeux, l'ancienne esclave reporta son attention sur les paroles de l'Arlaüd. Disait-il cela pour la rassurer ? En tout cas, Ermaëlle ne pouvait pas nier que cela apaisait quelque peu sa conscience. Il avait raison. Elle n'aurait pas pu lutter contre tous ces hommes. Ou alors, elle serait morte avec les autres. Et le livre, ainsi que tous ses secrets, seraient tombés entre leurs mains...

« J'ai fais beaucoup de recherches depuis mon arrivée. avoua Ermaëlle. Pour moi, il y a plusieurs auteurs. La manière d'écrire change en fonction des dialectes. C'est à peine visible dans certains cas, mais plus flagrant pour d'autres. D'un autre côté, ce n'est pas étonnant. Je ne pense pas qu'une seule personne ait pu apprendre aussi parfaitement autant de dialectes. Pour être franche... J'ai même l'impression que le livre n'a pas été rédigé en une seule fois. Des pages ont été ajoutées à la fin du livre et elles semblent plus récentes que les autres. Malgré cela, le livre reste ancien. Si quelqu'un voulait cacher quelque chose, je ne pense pas qu'il ait été seul. C'est le travail de plusieurs mains, plusieurs mains qui ont sûrement travaillé à plusieurs années d’intervalle. Le livre n'a pas été écrit par l'un de nos contemporains, ou alors c'est un faussaire très habile. Mais cela me semble peu probable. Si c'était le cas, sa valeur serait moindre. Vu ce qu'il s'est passé... Je pense que sa valeur provient plus de des écrits que de la couverture qui les protège. »

Habile au point que même elle, pourtant formée par le meilleur maître enlumineur de Karn, n'y aurait vu que du feu. Mais cela semblait peu probable aux yeux d'Ermaëlle. Un livre aussi récent n'aurait pas causé un tel engouement et une telle hécatombe... Il devait vraiment être précieux pour qu'on en vienne à tuer pour l'obtenir. Toujours est-il qu'il n'était pas précieux pour sa couverture ou ses matériaux en général. Si le livre était de très bonne facture, cela ne faisait pas réellement sa valeur pour un connaisseur. Non, le secret ne pouvait se cacher que dans les textes... Pourquoi les écrire dans tant de dialectes différents, sinon ?

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Mer 1 Aoû - 2:39



Ermaëlle Fyrnam et Àsmundr Krönos


Confidences



Elle avait l'air étonnée de mon pardon. Je voulais bien admettre qu'en certaines circonstances, je pouvais être un homme intransigeant. Mais je n'avais pas à être rancunier sur une telle affaire. Disons que je prenais pour moi les sentiments personnels qui m'ont ébranlé lorsqu'elle m'avait avoué sa faute. Un bon Arlaüd devait être capable de savoir quand être sévère et quand accorder le pardon et passer outre une sanction. La vérité étant que je ne l'avais pas cru capable de mensonge. Je l'avais mal jugé et je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même. En tout instant, après tout, je me devais de suivre la dernière règle de notre code "A jamais, nous continuerons à perfectionner nos capacités et à approfondir notre savoir." Même en tant qu'Arlaüd accompli, je ne cessais d'apprendre, tant que je vivrais. En croisant son regard, je dévoilais à la jeune femme la sincérité de mes paroles tant elle ne semblait pas vouloir le croire, tant elle était persuadé qu'en ce royaume, les esclaves étaient traités sans confiance comme chez elle. Mais dans ce royaume, n'existait nul esclave.

Ermaëlle assura qu'il n'y avait plus rien de faux dans ses propos. Que tout avait été dit. J'hochais la tête, déjà satisfait et prêt à nouveau à croire en ces mots. Après un mensonge, beaucoup auraient tendance à ne plus croire, ne plus faire confiance. Je pouvais comprendre pourquoi elle me l'avait caché quoi que j'étais sûrement la dernière personne qui risquerait d'avoir les mêmes ennuis qu'elle. De Kartendark ou non, les gens savaient qu'il ne fallait pas s'en prendre à un Arlaüd, ou même un Ar, sans craindre de conséquences en retour. Je la soupçonnais finalement de taire le fait qu'elle préférait de loin être vu comme une affranchie plutôt qu'une esclave en fuite. J'ignorais qu'elles auraient été les intentions des autorités d'Hetenlaüd devant ces faits et peut-être aurait-elle été reconduit dans son pays où la mort l'attendait fermement.

- Bien.

Ce fut ma seule réponse lorsqu'elle m'assura que j'avais toutes les pièces en main. Toutes pour parvenir, avec elle, à percer le secret de ce livre. Je n'avais pas souvenir en avoir vu de semblable dans mon existence, pas même au Panlaüd. J'espérais, puisque j'avais la confiance d'Ermaëlle, pouvoir lui faire une proposition qui trottait dans mon esprit depuis qu'elle m'avait conté son récit. Mais j'attendis le bon moment pour ça.

- Je ne pourrais en être autrement, répondis-je à son désir de sincérité.

Telle était l'une des nombreuses qualités essentielles d'un Gardien. Nous étions fait pour cela, pour offrir confiance à autrui car la paix du royaume reposait sur nos épaules. Nous devions être les modèles d'un monde de paix et de perfection. Notre enseignement depuis nos dix ans reposait sur ce genre d'idéal. Par la suite, Ermaëlle donna les informations qu'elle avait su obtenir au sujet de ce livre, autant par recherche que par déduction de sa part. Et en le feuilletant, j'en déduisais les mêmes choses.

- Je le constate également...
fis-je, pensif, Ermaëlle, étant donné le danger que cet ouvrage représente en votre personne, il me semble judicieux et essentiel de vous en séparer. Je vous propose de me le remettre afin qu'il soit conservé au Panlaüd, notre lieu de vie, pour qu'il soit à l'abri et que vous soyez préservée de tout vol et craintes de vol. Qui plus est, au sein du Panlaüd, il me serait plus aisé d'examiner ce recueil et d'en percer les secrets en l'analyser en sécurité et avec plus d'attention.




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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Mer 1 Aoû - 12:26

Ásmundr s'était montré compréhensif. Décidément, la jeune femme avait encore beaucoup à apprendre des Gardiens et sur eux. Elle ne connaissait pas beaucoup de personnes qui auraient accepté à nouveau de lui faire confiance après autant de mensonges. N'étant pas née à Hetenlaüd, beaucoup de choses lui échappaient encore même si elle faisait en sorte de les comprendre. A Karn, on parlait des Gardiens, bien sûr. Mais ce n'était pas forcément en des termes élogieux. Les Laüds étaient surtout considérés comme des machines de guerre impressionnantes, mais rien qu'à voir Dementör, Ermaëlle savait qu'ils n'étaient pas que cela. Ils savaient se battre, mais ne le faisaient pas sans raison. Ils étaient sûrement aussi intelligents que des humains, si ce n'est plus. Rien que pour cela, les traiter comme des animaux ou des machines de guerre n'était pas envisageable. Cela revenait à amoindrir la valeur du lien qu'Ar, ou Arlaüd, et Laüd partageaient.

A l'annonce de l'Arlaüd, Ermaëlle contint sa surprise à grand mal. Si elle s'était bien jurée une chose pendant sa fuite, c'était de ne pas se séparer du livre. Après tout, il s'agissait de sa seule monnaie d'échange si le pire arrivait. C'était bien pour cette raison que la jeune femme ne l'avait pas détruit. Aussi, le fait de le confier à quelqu'un d'autre, même de confiance, n'était pas pour lui plaire. D'un autre côté, cet ouvrage, aussi précieux soit-il, n'aurait pas empêché ces hommes de s'en prendre à elle. Au mieux, ils lui laisseraient quelques instants de répit le temps de s'assurer que le livre était bien celui qu'ils recherchaient. Dans tous les cas, la fin qui l'attendait ne plaisait guère à l'ancienne esclave...

« … Soit, emportez-le avec vous. Mais n'en parlez à personne, à moins que cela ne soit nécessaire et qu'il n'y ait pas d'autres alternatives. Je me doute que vous avez une grande confiance en vos camarades mais... Je ne tiens pas à ce que la présence de ce livre ne s'ébruite de trop. Certains ou certaines pourraient avoir des mots maladroits, même si leurs intentions sont des plus pures... »

La chose que craignait réellement la jeune femme, c'était que des rumeurs ne finissent par naître. Après tout, les Ar et Arlaüds voyageaient beaucoup. De ce fait, ils devaient très certainement rencontrer un certain nombre de personnes. Et elle ne tenait pas qu'ils lancent des rumeurs sans même s'en apercevoir. Si des racontars et des on-dit finissaient par atteindre les oreilles de ceux qui recherchaient le livre... Disons qu'il serait sûrement plus aisé pour eux de remonter à elle. Ensuite, faire le lien entre une ancienne esclave de Karn en fuite et elle ne serait pas complexe.

« J'aimerai aussi être informée de ce que vous trouverez. De mon côté, je continuerai les recherches et je vous transmettrai tout ce que j'aurai appris. On ne sait jamais, il y a peut-être des choses qui m'ont échappé la première fois que je les ai vues. »

Avec tous les livres que la jeune femme avait consulté, cela ne l'étonnerait même pas qu'un détail important ne soit passé inaperçu. Étudier à nouveau ces ouvrages lui offrait un sacré travail en perceptive mais c'était nécessaire. Ermaëlle ne se voyait pas rester les bras croisés alors que c'était elle qui avait amené le problème jusqu'ici. Elle avait une part de responsabilité dans cette histoire et  comptait participer à sa résolution.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Mer 1 Aoû - 15:57



Ermaëlle Fyrnam et Àsmundr Krönos


Confidences



Dementör restait attentif à notre conversation bien qu'il ne pouvait en comprendre le sens. Ce n'était pas bien grave. Je lui expliquerais tout en détail sur le chemin du retour. Les Laüds aussi étaient pourvu de connaissance. Après tout, des légendes racontent qu'ils étaient bien plus vieux que l'espèce humaine. Je ne m'étonnerais pas que ces créatures puissent apporter leur soutien dans cette affaire. Peut-être il y avait-il un chapitre en Langue des Anciens dedans. C'était la première chose que je vérifierais lorsque je l’emmènerais au Panlaüd, si Ermaëlle l'accepte. Ayant caché ce livre depuis tout ce temps, je me doutais bien que la décision ne serait pas facile à prendre pour elle. Mais j’espérais qu'elle fasse le bon choix.

Le fait qu'elle s'étonnait de ma proposition laissait comprendre qu'il ne sera sans doute pas facile pour elle de faire ce bon choix. Mais je la regardais avec insistance. Elle devait bien se rendre compte de la situation et cet ouvrage ne la protégera pas si quelqu'un venait la chercher pour ça. Là où je l’emmènerais, personne ne tenterait une approche, même en sachant que le livre s'y trouve. Et outre la protection, comme je venais de le dire, il y avait aussi le fait qu'il sera plus simple pour moi d'analyser l'ouvrage dans un environnement plus approprié. Par chance, l'ancienne esclave accepta de me le céder. Et comme je m'y attendais cependant, elle désirait que je n'en parle à personne, ce qui ne sera pas chose aisée en considérant que nul secret ne résidait entre Gardiens.

- Je peux comprendre vos craintes Ermaëlle mais si cela peut vous rassurer, ce qui s'ébruite au Panlaüd, demeure au Panlaüd.

Je refermais l'ouvrage.

- Qui plus est, il se trouve au Panlaüd bien des Ars et Arlaüds aux connaissances variées. Certains ont plus de savoir dans le domaine touchant ses écrits que moi-même et seront plus à même d'en découvrir les secrets, peut-être même d'en traduire certains.

Le Panlaüd contenait pour ainsi dire une mine de connaissances qui feraient envier les plus grands archéologues, bibliothécaires et savants du monde. Les Gardiens ne cessaient jamais d'apprendre et les Laüds apportaient également leur lot de savoir qu'ils se transmettent de générations en générations depuis la nuit des temps.

- Mais soit, ce livre est vôtre. Aussi, tout ce qui y sera découvert vous le sera transmis aussitôt.



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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Mer 1 Aoû - 18:54

Ermaëlle comprenait la confiance qu'accordait Ásmundr aux autres Gardiens. Du moins, la trouvait-elle logique. Il était toujours mieux de faire confiance à ses compagnons d'armes. Dans les situations les plus graves, cela avait sûrement sauvé la vie de beaucoup de personnes. Mais le fait était que ces personnes étaient les proches de l'Arlaüd et non pas les siens. D'un autre côté... Pour rien au monde la jeune femme n'aurait confié un secret d'une telle importance à un autre esclave. Les murs avaient des oreilles et un secret n'en était jamais un très longtemps, dans le monde des esclaves... Tout était bon pour être, ou rester, dans les bonnes grâces des maîtres. Que faire alors ? Remettre en question la bonne foi des Gardiens était une chose idiote, pas de doute. Si Ásmundr avait une telle confiance en ses camarades, Ermaëlle se devait de faire de même. C'était sûrement la meilleure chose à faire.

« … Je comprends. finit par dire la jeune femme. Si cela permet de savoir pourquoi ces gens veulent tant obtenir ce livre, je me plie à votre expertise. Montrez-le aux personnes les plus compétentes. Elles sauront voir et comprendre ce qui doit l'être. »

Et elle, elle s'en retournerait à ses enluminures et aux livres de médecine, tout en glissant certains ouvrages sur les langues mortes entre ces derniers. Malheureusement, la jeune femme n'avait pas encore eu l'occasion de rencontrer Messire Yllahorn. En attendant, elle épluchait tous les ouvrages au sujet de la médecine. Si cela était peu ragoûtant par moment, c'était toujours mieux que de rester les bras croisés. Ermaëlle voulait être certaine que toutes les chances étaient du côté de Naïa. La moindre information pourrait avoir son utilité.

« C'est tout ce que je souhaite. Transmettez-moi ce que vous trouverez par écrit ou oralement, si vous êtes de passage dans les environs. Je vous laisse décider de la solution que vous conviendra le mieux, le moment venu. » commenta Ermaëlle, sur un ton qu'elle voulait assuré.

Au moins, le livre était en sécurité, à présent. C'était un bon point. Ermaëlle devait penser à elle, à présent. Elle ne voulait pas abuser de la protection offerte par Ismelle et son compagnon. La jeune femme comptait bien prendre son envol d'ici très peu de temps afin d'être installée avant la prochaine saison froide. Mais vivre seule avait quelques inconvénients. La jeune femme allait devoir assurer sa protection seule. Du moins, elle voulait être capable de se défendre si personne ne pouvait l'aider. A l'occasion de son dernier voyage, l'ancienne esclave s'était procurée une dague. Il était peut-être tant qu'elle apprenne réellement à s'en servir. Encore fallait-il trouver quelqu'un qui accepterait de lui apprendre le maniement d'une lame... Peut-être que le compagnon d'Ismelle pourrait la renseigner à ce propos.

Mais l'homme ne reviendrait pas avant un moment. Comme souvent, son travail faisait qu'il ne revenait pas auprès de sa compagne avant plusieurs jours, si ce n'est plusieurs semaines. Ismelle avait l'habitude, et ne s'en était jamais plainte. D'un autre côté, Ermaëlle doutait que sa camarade ait réellement besoin d'une autre personne pour subvenir à ses besoins. Bien sûr, cela ne l'empêchait pas d'aimer sincèrement son compagnon, mais disons que ses absences n'étaient pas un facteur de stress pour l'autre jeune femme. L'ancienne esclave tâcha de se concentrer à nouveau sur son problème. Parmi ses collègues, personne ne semblait vraiment avoir ce type de connaissances. Peut-être qu'Ásmundr pourrait la renseigner. Certes, il ne vivait pas réellement à la capitale mais il la connaissait bien mieux qu'elle.

« … Cela va vous sûrement vous paraître étrange... Mais je pense qu'il va falloir que je m'alloue les services d'un maître d'armes. Le livre est en sécurité, c'est une chose. A présent, il faut que je pense à la mienne. Bien sûr, je n'aurai aucune chance contre plusieurs personnes mais... Je ne veux pas avoir perdu avant même que le combat n'ait commencé. Pas cette fois. Hélas, je ne vois pas qui pourrait m'apprendre de telles choses... Connaîtriez-vous quelqu'un qui l'accepterait ? »

A Karn, cette question aurait sûrement plongé son auditeur dans un profond rire. Ou alors dans la méfiance. Les esclaves, et surtout les femmes, ne se battaient pas en règle générale. C'était la tâche des hommes libres, bien nés la plupart du temps. Cependant... Ermaëlle avait la souvenance d'un jeune esclave de son âge qui avait eu la chance d'être formé à l'art des armes. Il s'était montré si doué que son maître avait même fini par l'affranchir, afin qu'il puisse poursuivre dans cette voie. Bien sûr, ces cas restaient très rares, et de mémoire d'esclave, aucune femme n'avait jamais eu droit à ce privilège. Mais à Hetenlaüd, les choses seraient peut-être différentes...

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Mer 1 Aoû - 21:20



Ermaëlle Fyrnam et Àsmundr Krönos


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Une fois encore, la jeune femme avait accepté d'aller dans mon sens, s'accordant sur l'utilité, voire même la nécessité de faire appel à d'autres Gardiens qui seraient capable de venir à bout de cet ouvrage. Une telle confiance était plaisante à découvrir et je voulais en être digne. Si elle avait confiance en moi alors elle pouvait avoir confiance en toute la caste des Gardiens. Elle était là pour ça. Enfin, en partie. Elle était là pour la paix et la sécurité du royaume. Prendre ce livre avec moi relèvera de la sécurité de l'enlumineuse. Aussi, porté par une certaine curiosité vis-à-vis de ce recueil, j'avais plutôt hâte, sans le montrer, de pouvoir l'examiner de plus près.

Voilà qui me fera une occupation. Lorsque je n'étais pas en mission, ou en train d'enseigner aux jeunes recrues, j'occupais mon temps libre à la perfection de mon savoir, traînant inlassablement dans la bibliothèque du temps. Je m'occupais également écrivant mes mémoires par exemple, en m'entraînant ou au contraire en méditant dans les jardins du Panlaüd. Je ne restais jamais sans rien faire, pas une seconde. Hormis bien sûr en période de repas et de sommeil. Tout Homme devait savoir quand relâcher la pression. Mais mes responsabilités d'Arlaüds au sein de la caste me poussait beaucoup à m'occuper des autres.

- Je n'y manquerais pas, répondis-je à la jeune femme.

Personnellement, je m'attarderais rapidement à la tâche de voir ce livre de plus près et donc il y avait de fortes chances pour que mes prochaines interactions avec l'ancienne esclave se fasse par la voie du courrier. Croyant cette entrevue terminée, je me levais du banc, calant l'ouvrage contre moi, légèrement couvert de ma cape obscure, juste au dessus du fourreau accroché à ma ceinture qui contenait mon épée. Mais tout à coup, la jeune femme fit mention de son désir de savoir se battre, ou du moins, manier une arme. Je comprenais bien son envie d'être capable de se débrouiller seule, surtout maintenant que je savais le danger qui pouvait planer sur elle bien que je doutais que ce danger se trouve en Hetenlaüd.

- Il y a un grand nombre de maîtres d'armes dans la capitale. Certains meilleurs que d'autres, plus ou moins chers, plus ou moins...traditionnels.

Ca existait encore, les professeur de combats qui étaient trop misogynes pour se dire que l'on pouvait enseigner la maîtrise des armes à une femme. Inutile de dire que les meilleurs maîtres d'armes auraient tendance à être des Gardiens. Mais la capitale, je ne mentais pas, comptait beaucoup d'hommes et même de femmes qui exerçaient leur profession avec une qualité exemplaire. C'est alors que j'eus une idée.

- Je crois pouvoir vous faire part d'un maître d'arme hautement qualifié qui vous fera tarif moindre si vous venez de ma part. Nous en sommes pas spécialement loin. Voulez-vous que je vous y conduise de ce pas ?



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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Mer 1 Aoû - 22:36

Si certains maîtres d'armes avaient une vision figée de la gente féminine, Ermaëlle ne risquait pas de leur donner tort. Sans être une incapable, on ne pouvait pas dire qu'elle en imposait physiquement. C'était même tout le contraire. C'était sans doute en partie pour cela que son premier maître ne l'avait pas laissée aux cuisines ou envoyée aux champs. Autant dire qu'un maître d'armes avec des idées arrêtées au sujet de la gente féminine risquait de lui rire au nez, à raison sans doute. La seule lame qu'elle savait manier, c'était celle qui lui servait à aiguiser ses plumes et ses stylets. Rien de bien impressionnant...

« L'argent n'est plus un problème pour moi. Pour être totalement franche avec vous... Je cherche un endroit où m'installer. Il semblerait que je sois partie pour rester à Hantonael pendant un bon moment. » avoua le jeune femme, avec un sourire quelque peu embarrassé.

Avec le temps, l'ancienne esclave s'était formée sa petite clientèle. Rien de bien important, certes, mais c'était suffisant pour qu'elle puisse vivre décemment. Il lui arrivait aussi de travailler pour la garde de la ville. Une longue histoire, mais une partie de son pécule provenait de ces activités-là. Le reste était aussi bien du à ses enluminures qu'à ses écritures. Toujours est-il qu'Ermaëlle pouvait être indépendante si elle le souhaitait. C'était juste... Qu'elle avait encore un peu de mal à se faire à cet état de fait. Bien sûr que l'idée était séduisante. Mais que se passerait-il ensuite ? Y arriverait-elle ? Il le fallait bien. Heureusement qu'elle n'était pas seule. Dans le cas contraire, tout aurait été bien plus complexe...

Ainsi, Ásmundr connaissait quelqu'un. Cela ne coûtait rien d'aller voir de quoi il en retournait. Pour être totalement franche avec elle-même, l'ancienne esclave avait même hâte de rencontrer cette personne. Si l'Arlaüd pensait qu'elle pouvait lui convenir, Ermaëlle ne pouvait que le croire. Après tout, s'il y avait bien quelqu'un qui avait de l'expérience concernant la question des armes ici, c'était bien Ásmundr. L'ancienne esclave aurait tort de refuser son offre.

« Eh bien... Je serais ravie de rencontrer cette personne. avoua Ermaëlle, avec un sourire des plus francs. J'espère juste ne pas abuser de votre temps et de votre gentillesse. Vous en avez déjà fait beaucoup moi. Plus que je ne pourrai vous le rendre. »

C'était un fait, Ermaëlle ne pensait pas pouvoir rendre la pareille à l'Arlaüd. Il l'aidait depuis le début. Sans Ásmundr, la jeune femme serait sûrement encore à la rue ou dans une situation peu enviable. Que pouvait-elle faire pour lui ? Elle n'avait rien à lui offrir, rien à lui apprendre. La seule chose qu'elle possédait, c'était des connaissances sur Karn et sur son Art. Mais pour le moment, le seul qui avait fait preuve de curiosité concernant l'Empire était Ebao. Il voulait en apprendre plus sur les terres d'une partie de sa famille, et l'ancienne esclave n'avait pas refuser de lui apprendre certaines choses. Ermaëlle avait beau savoir que l'Arlaüd n'attendait rien en retour mais... La dette était trop lourde pour que la jeune femme puisse en faire abstraction...

Tout en essayant de chasser ces pensées de son esprit, Ermaëlle se leva du banc. Après avoir chassé les plis de sa robe, la jeune femme mit sa sacoche en bandoulière, afin de ne pas être gênée dans ses mouvements. Son sac lui semblait étrangement léger, à présent. Une légèreté anormale aux yeux de l'ancienne esclave. Il lui faudrait du temps pour s'habituer au fait que le livre qui lui avait causé tant de problèmes n'était plus en sa possession.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Mer 1 Aoû - 23:34



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Au moins, chez les Gardiens, il n'y avait nulle distinction des hommes ou des femmes. Tout le monde avait sa chance de faire partie de la caste. Aucune priorité, favoritisme ou discrimination. Nous étions tous égaux, de quoi parfaire l'harmonie que nous étions censés représenter. Mais j'imagine que tout n'était pas aussi radieux et facile ailleurs. Malgré sa prestance, Hetenlaüd pouvait encore habiter des personnes de l'ancienne école. Et je ne doutais pas que Kartendark était de nature majoritairement patriarcat.

Ermaëlle m'assura que l'argent ne serait pas un soucis. Certes. Mais si je pouvais, par ma simple existence, lui épargner quelques pièces à dépenser, autant ne pas la priver de ça. C'était un atout. A elle d'en penser ce qu'elle voulait. Elle était tout à fait en droit de refuser cet honneur et de passer par un tout autre maître d'arme. D'ailleurs, j'en connaissais plusieurs alors si l'un n'était pas à sa convenance, rien ne m'empêchait de la guider à d'autres. Néanmoins, j'avais tout de même une petite préférence pour le premier auquel je pensais. Vous comprendrez assez vite pourquoi.

- Et j'espère que vous trouverez votre bonheur.

C'était toujours possible de trouver à loger dans une ville aussi grande que celle-ci. Il y avait toujours des maisons ou appartement de disponible. Ca allait et venait comme dans une fourmilière ici. Selon ses revenus, elle pourra s'accommoder de logis plus ou moins luxueux et spacieux. Ce n'était pas ce qui manquait à la capitale. Je savais maintenant que Ermaëlle savait vivre dans un confort appréciable grâce à ce qu'elle gagnait. Restait à savoir jusqu'où ses gains pourront la faire vivre. Tel était le dessein de ceux qui devaient avoir un salaire pour vivre. Nous autres Gardiens étions épargnés par l'économie et la société de consommation grâce à notre indépendance vis à vis d'elle. Nous vivions à part, nous chassions et cultivons nos propres ressources et travaillons notre propre savoir et médecine.

- J'aime autant profiter de ma présence en ces lieux pour vous rendre service, répondis-je avant de faire signe à la jeune femme de me suivre.

Lorsque j'entamais la marche, Dementör se leva aussitôt pour me suivre et nous trois quittions ainsi le Parc Suspendu. Le livre toujours contre moi, je dirigeais mes pas le long de la rue qui faisait suite au parc alors que la ville s'éveilla peu à peu. Le moindre regard qui pouvait se poser sur ma personne et sur le Laüd se faisait, que ce soit depuis l'extérieur ou de l'autre côté d'une fenêtre. Nullement encombré d'attention, je progressais d'une marche tranquille, grimpant les allées qui menaient jusqu'aux hauts quartiers, les plus riches. Bientôt, même le palais royal fut aisément en vue, prenant un espace considérable dans ce dernier quartier qui surplombait toute la ville et où les résidences ressemblaient d'avantage à des villas qu'à de simples maisons. Finalement, je stoppais ma marche aux abords d'un porche à côté duquel était placardé le nom de ceux qui vivaient là. Des lettres d'argent sur une plaque dorée clouée dans le marbre blanc du muret qui cernait le domaine : Krönos.

- Nous y sommes.

Je poussais le portail de fer forgé avant de céder le passage pour qu'Ermaëlle passe devant. Lorsque chose fut faite, je suivis, refermant la grille derrière moi pour faire face au jardin qui devançais la résidence. Le long du chemin de pavés marbrés qui menait droit jusqu'à la porte de la bâtisse se trouvaient des haies taillées qui faisaient office de barrière par dessus lesquelles on pouvait apercevoir des buissons de fleurs ainsi même qu'une fontaine. La résidence était devancé de deux énormes colonnes de marbres qui soutenaient le toit protecteur de ceux qui seraient susceptibles d'attendre une ouverture de la porte sous la pluie. Porte de bois et de fer munie de deux carreaux de vitraux aux couleurs chatoyantes et dont les poignées dorées des deux battants formaient une tige qui s'enroulait sur elle-même en spirale. Aussi, je laissais l'honneur à Ermaëlle d'user du heurtoir dont l'anneau était attaché à une base en forme de tête de Laüd tenant l'anneau dans son bec.



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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Jeu 2 Aoû - 0:52

Ermaëlle l'espérait aussi. Après tout ce qu'il s'était passé, elle avait besoin de calmer et de penser à son avenir. Bien sûr, la jeune femme craignait toujours d'être découverte mais elle ne pourrait pas toujours vivre dans la peur. Elle était lasse de fuir, lasse de craindre qu'On la retrouve. C'était épuisant aussi bien physiquement que mentalement. Bien sûr, rester à Hantonael ne signifiait pas qu'elle ne se méfierait plus. L'ancienne esclave était tout simplement incapable de faire abstraction de tout ce qu'il s'était passé. D'un autre côté, elle doutait que quelqu'un en soit capable. Elle voulait juste donner une impression de normalité à sa vie. Se fondre dans la masse. Avec un peu de chance, cela contribuerait à sa protection.

« Et je vous en remercie d'avance. » commenta la jeune femme, en se mettant en marche.

Si ce n'était pas la première fois que la jeune femme marchait non loin d'un Laüd, on ne pouvait pas dire qu'elle en avait l'habitude pour autant. Il n'empêche... Ermaëlle devait avouer que la présence de Dementör avait quelque chose de rassurant. Venant de sa part, cela pouvait sembler étrange. La jeune femme se souvenait encore parfaitement de leur première rencontre, qui avait été pour le moins mouvementée. De son côté, du moins. Mais disons que les rencontres suivantes avaient fini par apaiser les craintes de l'ancienne esclave. Du moins, en partie. Mais Ermaëlle avait bon espoir qu'à force de vivre à Hantonael, elle finirait par ne plus craindre les Laüds. Après tout, la jeune femme n'avait rien fait de répréhensible avec Hetenlaüd. Elle n'avait pas de raison d'avoir peur des Gardiens.

Au fil du temps, les rues se paraient de demeures de plus en plus impressionnantes. Pour Ermaëlle, il fut rapidement clair qu'ils se rapprochaient du Palais Royal. Elle était passée dans les environs pour aider Naïa et y était revenue par la suite aussi bien pour continuer les recherches pour le jeune garçon que pour trouver l'inspiration. La jeune femme avait d'ailleurs de nombreux croquis représentants des statues ou encore l'architecture de certains bâtiments. Une chose était sûre, ici, rien ne ressemblait à Karn. C'était ce qui rendait l'endroit encore plus intéressant aux yeux de l'ancienne esclave. En se promenant dans ces quartiers, elle avait l'impression de faire de nouvelles découvertes à chaque fois !

Si Ermaëlle se doutait qu'Ásmundr avait sûrement des relations avec des personnes haut placées, elle ne pensait pas pour autant que la personne à qui il comptait la présenter vivait en ces lieux. Bien sûr, pendant ses escapades, la jeune femme avait eu l'occasion de remarquer quelques pancartes indiquant que des maîtres d'armes officiaient dans les environs mais... Le chemin qu'empruntait l'Arlaüd ne lui disait rien du tout. D'un autre côté, l'ancienne esclave n'avait pas encore eu le temps d'explorer tous les recoins de la ville. Il n'y avait rien d'étonnant au fait que certaines parties du quartier lui soient encore inconnues.

Trop occupée par sa contemplation des bâtiments des alentours, Ermaëlle ne remarqua pas immédiatement le nom qui était inscrit sur la plaque se trouvant sur le muret. A dire vrai, quand la jeune femme eut conscience de ce qui était inscrit sur la plaque, l'incompréhension transparu dans ses prunelles claires. C'était impossible... Il ne pouvait s'agir que d'une famille homonyme. Cela ne pouvait pas être...

Tâchant de garder son trouble enfouit au plus profond de son être, la jeune femme n'osa pas faire part de ses pensées à Ásmundr. Ce n'était pas le moment de faire étalage de sa méconnaissance de la capitale. A Karn, une pareille situation n'aurait pas pu se produire. L'ancienne esclave aurait immédiatement su à qui elle avait à faire. Mais elle n'était plus à Karn... Ermaëlle devait se rendre à l'évidence. Elle ne savait même pas qu'elles étaient toutes les familles nobles de la capitale alors que cela devait être un fait connu de tous... C'en était désespérant...

Après avoir remercié l'homme d'un mouvement de tête quelque peu maladroit, Ermaëlle passa le portail. L'espace de quelques instants, la jeune femme observa le jardin qui s'offrait à elle. Un vrai havre de paix. Rien ne semblait pouvoir troubler la plénitude qui régnait ici. En arrivant à la capitale d'Hetenlaüd, l'ancienne esclave avait été étonnée par la présence d'autant de jardins. Chaque demeure rivalisait d'ingéniosité pour avoir les plus belles plantes ou les plus belles fontaines. C'était   là un spectacle des plus inspirants.

Alors qu'elle avançait sur le chemin pavé, Ermaëlle porta son attention sur l'impressionnante demeure qui se trouvait non loin. L'endroit était immense, peut-être même plus que la demeure de son ancienne maîtresse ! La jeune femme en avait presque le tournis ! De plus en plus troublée, la jeune femme pressa le pas, ne s'arrêtant qu'une fois devant la porte. Ásmundr ne prenant pas la peine de frapper, l'ancienne esclave demeura immobile quelques instants avant de comprendre que c'était à elle de le faire. Fébrile, elle se saisit du heurtoir avant de l'activer par deux fois. Une fois cela fait, Ermaëlle se recula d'un pas, ne sachant où se mettre. Depuis le début, elle était sûrement en compagnie d'un membre de la Haute Noblesse et n'en avait même pas eu conscience !

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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Jeu 2 Aoû - 1:18



Ermaëlle Fyrnam et Àsmundr Krönos


Confidences



Nous marchions tous paisiblement dans les rues et allées suspendus de la ville, suivit de près par les pas lourds et puissants de Dementör qui faisait remarqué sa présence à chaque pas qu'il faisait. Alors que nous en faisions dix pour avancer, il nous rattrapait sans presser en un. Les rues étaient un peu étroites pour lui par moment, mais il avait la souplesse d'un chat et semblait capable de s'adapter à n'importe quel espace.

Dans le dernier quartier où nous nous rendons, pas une âme qui vive à l'extérieur. C'était encore bien tôt pour ceux qui n'avaient nul besoin de se presser pour vivre. Alors que tout en bas, dans les plus bas quartiers de la ville, tous se hâtaient déjà à faire tourner leur boutique pour gagner leur vie. A un moment donné, je devinais le malaise de la jeune femme, à se trouver en pareil lieu et devant désormais frapper une porte d'une riche demeure. Chose qu'elle fit après un moment, comprenant que je lui laissais la place pour le faire. Dementör, qui connaissait bien la maison, ne pouvait hélas y entrer à cause de sa taille et il y était habitué. Aussi restait-il dehors, et même hors du jardin pour ne pas abîmé les plantes, attendant sagement sur le pavé, devant le portail, il se coucha à nouveau.

Ermaëlle n'était pas à l'aise avec sa situation actuelle. Je la voyais fébrile devant la porte, attendant avec une certaine appréhension qu'elle s'ouvre. Je pense que c'était d'avantage le nom qu'elle avait dû voir plutôt que sa position devant un tel bâtiment qui l'intimidait plus qu'autre chose. Elle avait sûrement dû faire le lien avec moi et s'en gardait de tout commentaire. Discrète femme qu'elle était. Et puis finalement, l'un des battants s'ouvrit. Une jeune femme apparue derrière, vêtu d'une robe pourpre par dessus laquelle se dressait un tablier immaculé tandis que ses cheveux blonds se retrouvaient cachés derrière une étoffe de soie. Son regard céruléen se posa tout d'abord sur Ermaëlle, qu'elle ne connaissait pas, mais s'arrondit en m'apercevant. Elle finit par étirer un sourire.

- Jeune Maître Àsmundr, quelle surprise !

Jeune...Je n'avais plus vraiment l'âge d'être nommé ainsi. Mais étant donné qu'il y avait d'autres de ses maîtres plus âgés à servir, elle en avait gardé l'habitude. Je lui adressais un léger sourire alors qu'elle céda le passage en ouvrant les deux battants pour nous laisser entrer, tout en poursuivant :

- Vos parents seront bien heureux de vous revoir. Je me hâte leur annoncer votre venue.

- Merci Syrià, répondis-je simplement tandis que la jeune femme referma les portes avant de s'éclipser hors du hall.

Hall d'entrée qui était par ailleurs aussi immense que ne le laissait suggérer la devanture. Dans ce grand hall qui pouvait librement faire concurrence aux plus belles salles de bal de palais, un plafond de verre dominait et éclairait les lieux à la perfection, baignant la moindre parcelle d'une lumière éclatante. Cette vitre géante parcourue de poutre de bois était soutenue par des piliers de marbre blanc, plantés dans un carrelage de dalles grises, recouvertes d'un large tapis d'émeraude qui tranchait la salle en son centre et guidait toute personne vers les ouvertures qui donnaient sur les pièces suivantes ainsi que des escaliers qui menaient à l'étage.



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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Jeu 2 Aoû - 2:09

Quand la porte s'ouvrit, Ermaëlle tâcha de faire bonne figure. Son sourire n'avait rien de convainquant, cependant. Aussi, l'ancienne esclave l'abandonna rapidement. Les épaules légèrement voûtées, la jeune femme avait l'impression d'être revenue plusieurs années en arrière. Et le seul refuge qu'elle trouvait à cette situation, c'était ses habitudes d'une autre époque. C'est donc les épaules légèrement voûtées et la tête baissée que la jeune femme pénétra dans la demeure, non sans adresser une discrète salutation du bout des lèvres à la dénommée Syrià.

Bien que Syrià soit partie, Ermaëlle garda son regard rivé sur le sol. Elle n'osait même plus regarder Ásmundr en face, tant elle se sentait honteuse. Les mains entrelacées au niveau de son abdomen, l'ancienne esclave ressassait dans son esprit ses mantras. Elle les connaissaient depuis son enfance. C'était les premières choses qu'on apprenait aux esclaves. Obéir, ne pas poser de question, être loyal, rester dans l'ombre. Repassant plusieurs fois ces mots dans son esprit, la jeune femme ne faisait même pas attention à la pièce en elle-même. Ses habitudes artistiques étaient totalement noyées par son anxiété et Ermaëlle n'arrivait même pas à s'en rendre compte...

Qu'allait-il se passer à présent ? Ermaëlle n'arrivait plus à avoir les idées claires. Arriverait-elle à parler quand il le faudrait ? La jeune femme n'en avait pas la certitude. Fermant les yeux quelques instants, l'ancienne esclave tâcha de se rappeler des discussions qu'elle avait eu avec Dame Nyama. Elle avait cruellement besoin de ces souvenirs, de la douceur de cette jeune femme partie trop tôt. De son assistance. Relever la tête, rester droite, garder le sourire, s'exprimer clairement. Ne pas avoir peur. Ne pas avoir peur... Vivre dans en pleine lumière... Ermaëlle se souvenait clairement de l'attitude de l'autre jeune femme. C'était elle qui lui avait apprit à marcher la tête haute, à se faire entendre. Ermaëlle n'avait pas le droit de lui faire honte de la sorte. Pas après tout ce qu'elle avait fait pour elle.

Relever la tête, rester droite... Garder le sourire... Ermaëlle avait l'impression qu'il s'agissait là d'efforts inhumains. S'exprimer clairement... Ne pas avoir peur... Si seulement c'était si simple... Marcher la tête haute... La jeune femme avait l'impression que son cou était devenu semblable à celui d'une statue de pierre. Se faire entendre... Mais que dire ? Pourquoi tout semblait si simple pour Dame Nyama ? Pourquoi tout était si complexe pour elle ? Vivre en pleine lumière... Mais l'ombre était si rassurante... Apaisante...

Relever la tête. Rester droite. Garder le sourire. S'exprimer clairement. Ne pas avoir peur. Marcher la tête haute. Se faire entendre. Vivre en pleine lumière. Les mâchoires serrées, la jeune femme répétait mentalement ces phrases inlassablement, sans pour autant se convaincre de leur véracité. Il le fallait, pourtant. Il le fallait... Elle ne pouvait pas rester ainsi.

Relever la tête. Rester droite. Garder le sourire. S'exprimer clairement. Ne pas avoir peur. Marcher la tête haute. Se faire entendre. Vivre en pleine lumière. Il le fallait. Elle n'était plus une ombre. Elle devait se comporter en femme libre, quoiqu'il lui en coûte. Ermaëlle savait qu'elle n'égalerait jamais sa maîtresse, mais elle devait au moins faire honneur à ses enseignements. Elle l'avait préparé à la liberté sans même que la jeune femme ne s'en rende compte. Mais à présent, Ermaëlle avait comprit. Elle ne pouvait pas rester ainsi. L'esclave était restée à Karn.

Au prix d'un effort qui lui sembla inhumain, Ermaëlle parvint à se détendre. En partie, du moins. Ses mains restaient toujours entrelacées, ne semblant pas vouloir se lâcher. Cela n'était pas douloureux, pour le moment du moins. Relevant la tête, la jeune femme tâcha de mettre au clair ses pensées. Elle ne pouvait pas revenir en arrière. Elle ne le pouvait plus.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Jeu 2 Aoû - 2:36



Ermaëlle Fyrnam et Àsmundr Krönos


Confidences



Mon regard se baissa sur Ermaëlle qui semblait totalement ailleurs et angoissée. Elle marmonnait des choses que je ne pu entendre et durant un temps, j'avais l'étrange sensation d'avoir fait quelque chose à tort pour elle. Je ne savais pas trop ce qui se passait. Elle réagissait comme si elle s'attendait à une mauvaise suite à tout ça, oubliant pourquoi elle se trouvait là. Parce que je ne l'avais pas trompé. C'était bien à cette adresse que nous devions nous rendre. Et lorsqu'elle parvint à se redresser et à reprendre un peu d'elle-même, je ne pu m'empêcher de la questionner :

- Quelque chose ne va pas ?

Je n'étais pas particulièrement inquiet, mais j'étais intrigué et je ne comprenais pas l'attitude de la demoiselle, incapable que je suis à voir la différence de monde dans laquelle je l'avais conduite, ayant tendance à voir d'elle une femme normale, et non plus une esclave en fuite. Et moi, homme ayant toujours vécu dans le luxe, je ne me rendais compte de rien.

Au bout d'un moment, une femme d'un certain âge débarqua. Mais l'âge ne lui faisait rien. Elle avait su garder en elle jeunesse et beauté. De longs cheveux noirs ébènes, épargnés encore d'une vieillesse trop avancée, une longue et gracieuse robe d'un bleu sombre satinée et parée de fourrure de vison sur le col et le rebord des manches, un jupon invisible sous le tissu donnait élégance et prestance à la femme qui le portait tandis que cette chevelure sombre relevée sur sa tête était soutenue d'un peigne d'argent imprégné de saphir. Souriante. Heureuse. Elle retrouvait toujours l'énergie d'une jeune demoiselle à ma présence. Elle tendit le bras, posant sa main sur mon épaule qu'elle glissa jusqu'à ma nuque pour me faire courber de ma haute taille afin de pouvoir m'enlacer comme il se doit et comme son coeur de mère le désirait tant.

- Àsmundr, votre venue me comble de joie, fit-elle, sentimentale.

- Je partage votre sentiment Mère,
répondis-je avec une douceur dans la voix que je n'offrais à personne d'autre en ce monde.

Je me redressais de son étreinte. Et elle posa finalement son regard sur Ermaëlle, intriguée par cette inconnue qui m'accompagnait. C'était bien la première fois qu'elle voyait ça.

- Et vous êtes...?

- Dame Ermaëlle Fyrnam, Mère, m'empressais-je de répondre en connaissance du malaise apparent de ma jeune amie, une bonne connaissance de la ville. Elle cherchait un maître d'arme.

- Oh je vois, vous êtes venu pour votre père, commenta t-elle avant de se tourner vers la jeune femme, Dame Ermaëlle, je suis enchantée de faire votre connaissance. Soyez la bienvenue. Je suis Dame Nyalà Krönos, épouse de votre futur instructeur j'imagine. Il vous attend dans l'aile Ouest, où j'ai demandé à Syrià de préparer du thé pour votre venue.

Elle fit demi-tour avant d'empresser mon accompagnement à ses côtés pour se rendre là où il fallait. J'encourageais d'un signe de tête Ermaëlle à suivre le mouvement.



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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Jeu 2 Aoû - 19:15

Tentant de tromper son mal être, Ermaëlle entreprit d'observer plus en détails la pièce. Cela eut au moins le mérite d'occuper son esprit encore troublé. Pour quelques instants, cependant. C'est alors qu'Ásmundr s'enquit de son état. La jeune femme ne savait pas réellement quoi lui dire. Elle n'allait pas bien, c'était un fait. Mais mieux valait éviter d'en faire étalage...

« … Tout va bien, il n'y a pas d'inquiétude à avoir. affirma la jeune femme, sur un ton qu'elle voulait assuré. C'est juste que... Ermaëlle poussa un soupir. Cela fait fort longtemps que je ne me suis pas retrouvée dans un endroit comme celui-ci... Encore moins en tant qu'invitée... »

La jeune femme était surprise par sa propre franchise. C'était un fait. A Karn, elle aurait eu le rôle de Syrià. Et encore, l'autre jeune femme était libre de naissance, ce qui rendaient les choses différentes encore. En tant qu'ancienne secrétaire de son premier maître, la jeune femme en avait accueilli des personnes venues lui parler. Elle prenait même en note leurs discussions quand son maître l'exigeait. Mais la situation ne s'était jamais inversée. Et maintenant que c'était le cas... Son malaise n'en était que plus grand. On ne l'avait pas réellement préparée à cela. Il lui restait encore tant à apprendre...

Quand Dame Nyalà fit son apparition, Ermaëlle se recula instinctivement d'un pas. De là où elle venait, les esclaves ne se tenaient jamais à la même hauteur que les personnes libres, à moins d'obtenir leur accord. Il s'agissait d'une marque de respect, et la jeune femme ne se voyait pas ne pas l'offrir à une personne aussi importante que cette femme. Surtout qu'elle n'était pas seulement importante par son statut, mais aussi pour Ásmundr. Cela faisait deux bonnes raisons aux yeux de l'ancienne esclave pour se comporter ainsi. Elle réitéra même ce mouvement afin que la mère et son fils puissent profiter de leurs retrouvailles. Des choses ne changeaient donc jamais. L'amour maternel ou filial semblait faire partie de cette catégorie.

Dans la vie d'un esclave, il arrivait toujours un moment où un enfant se demandait d'où il venait. Qui était ses parents ? Esclaves ou libres ? S'ils étaient libres, pourquoi lui était devenu esclave ? Avait-il des frères ou des sœurs ? Et si oui, étaient-ils libres ou également esclaves ? Comme tous, Ermaëlle s'était posée cette fatidique question. Et comme tous, elle n'avait pas de réponse. Les maîtres en avaient peut-être, mais il restait toujours des personnes dont la généalogie était inconnue. Plus jeune, l'ancienne esclave avait essayé de s'imaginer à quoi pouvaient bien ressembler ses parents en partant d'elle-même. Elle en avait même fait des esquisses, qu'elle gardait précieusement dans une partie de son Ouvrage. De temps en temps, il lui arrivait de les regarder à nouveau, de les améliorer même. Les premières remontaient à son enfance et les dernières... Ermaëlle mentirait si elle disait qu'elle n'avait pas fait de nouveaux dessins. C'était peut-être un comportement ridicule mais au moins cela lui permettait de ne pas garder ses espoirs au plus profond de son être.

D'un autre côté, elle n'était plus la fillette de ses quatre ou cinq ans. Si famille elle avait, personne ne la reconnaîtrait. Même son prénom avait changé, elle le savait. Mais la jeune femme n'avait pas la moindre idée de quel était son prénom de naissance. Il en allait de même pour son nom. Cela remontait à plus de vingt ans... Personne ne gardait de souvenirs précis de sa plus tendre enfance... Pour un esclave, retrouver sa famille une fois libre était comme chercher une aiguille dans une immense botte de foin. Beaucoup finissaient par abandonner, et personne ne pouvait leur en vouloir. Bien sûr, les vendeurs d'esclaves pouvaient donner quelques pistes, de même que les maîtres mais... Cela ne suffisait pas dans la plupart des cas. Et même si l'esclave retrouvait sa famille... Pour elle, il n'existait pas. Ils partageaient juste une hérédité commune, rien de plus... En tout cas, Ermaëlle n'avait pas le souvenir d'un esclave dans son cas qui aurait été bien accueillit par sa famille. La plupart du temps, la meilleure chose à faire était d'oublier et d'essayer de passer à autre chose...

Quand l'Arlaüd la présenta, Ermaëlle inclina la tête respectueusement à l'intention de Dame Nyalà. Ásmundr venait de lui éviter un sacré calvaire. Vu son état d'esprit, la jeune femme doutait de pouvoir s'exprimer sans bégayer. Toujours est-il que même si le titre de '' Dame '' était honorifique dans son cas, cela faisait étrange à l'ancienne esclave d'être appelée ainsi. Elle avait l'impression d'être au même niveau que sa défunte maîtresse ou des autres femmes de la noblesse, ce qui la gênait quelque peu. Après tout, Ermaëlle n'avait rien fait pour être appelée ainsi... Son prénom suivit de son patronyme aurait amplement suffit, à ses yeux.

C'était donc son propre père qu'Ásmundr voulait la présenter ? Ermaëlle avait vraiment du mal à y croire. L'homme risquait d'être déçu... De jeunes nobles avaient sûrement de bien meilleures prétentions, et qualités guerrières, que les siennes pour suivre un tel enseignement. Elle, elle n'était qu'une fille de personne. Que dire de plus ? Bien sûr, à force de vivre auprès de la noblesse, la jeune femme en avait gardé quelques habitudes mais ce n'était pas pour autant que son sang était digne du leur...

Alors qu'ils marchaient, Ermaëlle prit le soin de se tenir deux pas en retrait. Cela semblait faire un moment que Dame Nyalà n'avait pas vu son fils. La jeune femme se disait qu'ils devaient avoir envie de discuter ou de passer un peu de temps ensemble sans que sa présence ne se fasse sentir de trop. C'était la moindre des choses.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Ven 3 Aoû - 19:06



Ermaëlle Fyrnam et Àsmundr Krönos

Confidences



Ermaëlle mit fin à mes doutes en avouant le fait que cet environnement la mettait mal à l'aise, qu'elle avait perdu l'habitude de le côtoyer. Elle avait tort de penser que plus jamais elle n'aurait à entrer dans ce genre d'environnement. Sur dans la capitale où il y avait des quartiers entiers dans ce genre de luxe. Mais je pouvais comprendre son malaise et je ne pouvais qu'espérer que ça lui passe rapidement. Je ne l'avais pas emmener ici pour qu'elle se sente mal après tout. J'hochais la tête à ses paroles. Il y avait encore bien des choses qu'elle devait apprendre pour agir en femme libre.

Je ne m'étais peut-être pas pris correctement avec elle. Après tout, elle venait de découvrir comme une surprise que je venais d'une haute lignée de la noblesse d'Hetenlaüd, ce qu'elle n'avait sans doute jamais soupçonné. Ma famille était en effet relativement proche de la famille royale en personne. Nous étions parmi les noms les plus hauts placés du pays. Petit détail que l'ancienne esclave ne savait pas encore d'ailleurs. J'avais conscience que Ermaëlle ne devait sans doute pas approuvé le titre avec lequel je la présentai à Mère. Mais elle devra s'en accommoder pour le moment. Elle n'était plus juste une esclave avec un peine un nom à soi. Et plusieurs fois dans sa vie, elle sera amené à porter autre chose que son prénom en guise de présentation. Elle s'intégrait de plus en plus à la société. Alors il n'y avait rien de plus normal. La normalité de cette société même était une chose qu'elle apprendra également, entre ses murs même en plus d'une habitude à côtoyer les nobles sans les servir si elle acceptait de rester.

Nous marchions dans la grande bâtisse où Mère tentait de me faire d'avantage parler de ma vie de Gardien bien qu'elle savait que je n'étais pas du genre à en toucher bien des mots. Elle était juste fier de me savoir Arlaüd. N'importe quel parent serait fier de savoir son fils à la caste des Gardiens, quoi que d'autres pourraient y voir au contraire une séparation. Mère eut du mal au départ à accepter mon absence, ma nouvelle destinée. Elle avait déjà planifié dès ma naissance un destin digne du noble gens que je devais devenir. Père, au contraire, m'avait toujours encouragé sur cette voie de suivre ce que je voulais faire de ma vie. Et au fil des années, Mère avait fini, non seulement par l'accepter, mais en plus par s'en réjouir.

Nous pénétrions ainsi dans la salle de séjour, où un feu dansait dans son âtre d'albâtre et où des meubles tels que les fauteuils, les tables ou les buffets étaient richement sculptés dans de l'acajou écarlate, parfois décorés de bordures dorés. La pièce lumineuse au sol orné d'un grand tapis possédait un accès à l'extérieur sur une vaste terrasse et une table à proximité se voyait servir le thé par Syrià. A cette table se trouvait déjà un homme fort élégant aux cheveux sombres dépourvus de coiffe. Pourrait-il encore avoir du charme, si cette vile balafre ne lui parcourait par un bout à l'autre du visage en passant par chacun de ses yeux. Afin de pallier à la vue esthétique du problème, un bandeau de soi les lui recouvre désormais, cachant en grande partie la cicatrice également. Plus d'une fois la pose d'oeil de verre lui avait été proposer mais par raison de fierté semblerait-il, il les avait à chaque fois refuser. Il ne voulait nullement caché ce qu'il avait subit sur le champ de bataille.

L'homme étira un sourire en entendant les pas venir à lui, ayant eu connaissance de ma venue et du fait qu'il y avait une jeune étrangère à mes côtés. Bien vite, nous fûmes invités, Ermaëlle et moi, à la grande table avec lui où la jeune servante de la famille servait le thé pour tout le monde. Syrià était jeune. Plus jeune que moi. Je ne l'avais connu que récemment à vrai dire. D'autres étaient passées avant elle, déjà avant ma naissance et depuis toujours dans la lignée des Krönos. Avant elle, il y avait eu Nëliss, une femme bien âgée qui, depuis tout ce temps, n'était plus. Toutes les résidences de ce quartier avaient des domestiques, certaines plus que d'autres. Ici, depuis mon départ, mes parents s'étaient résignés à une seule personne -à croire que ne plus avoir d'enfant à charge, ça soulageait les tâches !-.

- Mon Fils, fit-il, votre visite m'enchante au plus haut point. Vous n'êtes apparemment pas venu seul.

- Je suis heureux de vous revoir également Père, répondis-je, Dame Ermaëlle Fyrnam est celle qui m'accompagne, venue quérir vos enseignements depuis mon conseil.

Le visage se tourna dans la direction de celle qu'il ne pouvait pas voir. On pouvait être sceptique, de ce dire qu'un aveugle donnait des cours de maîtrise d'armes. Mais il ne fallait jamais sous-estimer les gens. Père était aveugle depuis bon nombre d'année désormais, autrefois grand soldat de l'armée royale, il ne pouvait désormais plus assurer cette fonction depuis son dernier combat. Alors il avait affûté ses sens et ses techniques redoutables pour trouver une nouvelle voie dans sa vie. Croyez-le ou non, il était devenu un grand maître, hors pair.

- Vraiment ? fit l'homme, avez-vous quelconques notions dans ce domaine Dame Ermaëlle ?



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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Ven 3 Aoû - 22:21

Tandis que la mère et le fils discutait, Ermaëlle observait ce qui les entouraient. Sa maîtresse aurait sûrement beaucoup apprécié cet endroit. Elle qui se plaignait toujours du froid qui régnait à Karn, et au sein de l'Empire en général, Hetenlaüd aurait très certainement été à sa convenance. La jeune femme se souvenait des désirs de voyage de sa maîtresse. Si on lui avait permis, l'ancienne esclave ne doutait pas que Dame Nyama soit partie découvrir le monde. Elle en parlait si souvent. Mais cela s'était révélé impossible avec la fermeture des frontières. Cependant, Ermaëlle savait que la jeune femme se serait contentée de l'Empire, si son avis avait été demandé. Malheureusement, la place d'une femme de son rang n'était pas sur les routes, non, mais aux côtés de son époux et de sa famille.

En arrivant dans le séjour, Ermaëlle ne put s'empêcher d'apprécier le lieu. L'endroit était décoré avec un goût certain. La jeune femme avait même l'impression d'être en décalage avec l'endroit. Son humble tenue devait y contribuer. Peut-être qu'avec ses anciens vêtements, la situation aurait été tout autre. Toujours est-il que cet endroit n'avait rien à voir à certaines des austères demeures que la jeune femme avait l'occasion de visiter quand son maître logeait ailleurs que dans son propre foyer. L'ancienne esclave trouvait même cet endroit plus agréable que la demeure principale de son ancien maître, à dire vrai . Le regard clair de la jeune femme finit par se poser sur l'homme présent dans la pièce. Il devait s'agir du père d'Ásmundr. La présence du bandeau intrigua immédiatement la jeune femme. Il n'y avait pas beaucoup de raisons pour une personne de cacher sa vision de la sorte...

Ainsi... Le père d'Ásmundr était peut-être... aveugle ? Pas de naissance, en tout cas. Bien que le bandeau de soie soit plutôt long, une petite partie de la cicatrice restait visible. Ermaëlle ne s'attendait pas à cela, mais fit en sorte de cacher sa surprise. Sûrement un combat qui avait très mal tourné. La jeune femme n'avait pas réellement connu la guerre, contrairement à d'autres. Elle ne l'avait vécu qu'avec le retour des guerriers et des nobles partis au combat. Et avec ceux qui n'étaient tout simplement pas revenus. Sa maîtresse avait perdu un cousin dont elle était très proche, à la guerre. Ermaëlle ne souvenait encore de son immense chagrin. Personne n'avait pu la consoler, pas même elle... Et dire qu'à ce moment, l'ancienne esclave en avait voulu à leurs ennemis d'avoir causé de telles pertes... Ces pensées étaient surtout dues à son impuissance, sans doute... Tout le monde avait beaucoup perdu pendant les combats... Tout ça à cause des délires et des ambitions d'un seul homme...

Ermaëlle fut surprise en voyant le père d'Ásmundr tourner la tête dans sa direction. Pourtant, elle avait pris le soin de ne faire aucun bruit... Comment savait-il qu'elle se trouvait précisément là où s'était portée son attention ? Bien que sachant que l'homme ne pouvait pas la voir, l'ancienne esclave inclina poliment la tête. Le fait que le père de l'Arlaüd ne soit pas en mesure de discerner le monde comme le commun des mortels n'était pas une raison pour lui manquer de respect.

« Je suis enchantée de faire votre connaissance. Il en va de même pour vous, Dame Krönos. Veuillez excuser mon si long silence. La jeune femme marqua une pause, puis reprit. Hélas, l'art militaire m'est totalement inconnu. La seule lame que je sais manier, c'est celle qui me sert à tailler mes plumes. » avoua la jeune femme, quelque peu gênée.

C'était bien la seule lame que son maître avait accepté qu'elle utilise. Sans être paranoïaque, son premier maître savait qu'il ne fallait pas armer le plus grand nombre, surtout si ledit plus grand nombre pouvait se retrouver avec des idées de révolte. Ermaëlle n'avait donc jamais vu le métal d'une arme blanche de près avant son arrivée à Hetenlaüd. Pour qu'un esclave se retrouve avec une arme entre les mains, il fallait vraiment que la situation soit désespérée au point d'armer tous ceux qui étaient en état de se battre...

A un moment, Ermaëlle se demanda si son mutisme précédent n'était pas également dû à une action de son inconscient visant à masquer sa manière de s'exprimer. Malgré les mois qui s'étaient écoulés depuis son arrivée à Hantonael, l'ancienne esclave n'avait toujours pas perdu son accent. Bien sûr, ce dernier s'était légèrement atténué avec le temps, mais rien qui ne permettait de douter de ses terres d'origines. Il était fort probable que l'ancienne esclave le conserve toute sa vie, fait qui ne la dérangeait pas en outre mesure. Bien sûr, certains se retournaient en l'entendant parler mais... Que pouvait-elle y faire ? On lui avait apprit à parler ainsi et oublier une chose pareille lui semblait impossible.

« … Je suis originaire de Karn. reprit la jeune femme, sans détour. J'y suis née et y ai passé toute ma vie, pour ainsi dire. Les femmes ne s'y battent pas, ou alors très peu. Et mon ancienne condition faisait que les armes m'étaient refusées dans tous les cas. »

Mieux valait être franche avec la famille d'Ásmundr. Du moins, dans la mesure du possible. Mieux valait éviter que sa véritable condition ne s'ébruite à moins que cela ne soit réellement nécessaire. Mais la jeune femme ne voulait pas mentir. Elle s'en tiendrait aux faits les plus simples et devrait improviser si des questions venaient à être posées. C'était sûrement la meilleure solution pour le moment. A ses yeux, elle avait déjà dit beaucoup. Mais l'ancienne esclave était prête à en dire plus, tant que cela ne la mettait pas en danger. Le temps des mensonges était achevé.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Ven 3 Aoû - 22:52



Ermaëlle Fyrnam et Àsmundr Krönos

Confidences



Mère hocha la tête aux salutations, bien que tardives, d'Ermaëlle. Le temps était venu pour moi de garder le silence et de laisser les choses se faire. J'avais une entière confiance en ma famille et Père avait l'habitude de gérer de futurs élèves. Je n'avais plus mon mot à dire. Je me contentais alors de goûter le thé qui nous était offert. C'était du noir. Très bon. Une alliance exquise parfumée de bergamote et agrémentée de pétales de bleuet. Pendant ce temps là, Ermaëlle avoua à Père qu'elle n'avait pas même les bases dans le maniement d'arme. Tout laissait croire qu'il faudra prendre tout depuis le début pour elle. Mais seul Père pourra juger si elle était digne de lui, ou simplement digne de porter une arme. En parlant de plume, l'homme à la courte barbe argentée devinait d’ors et déjà avoir affaire à une instruite. Et généralement, ce n'était pas l'art du combat qui intéressait ce genre de personne. Mais il la laissa poursuivre alors qu'elle disait son origine, que Père avait sûrement déjà deviner comme étant celle de Kartendark. L'accent ne trompait pas, surtout pour un homme qui avait perdu la vue en se battant contre l'armée de cet empire.

- Votre ancienne condition dites-vous ?
répéta t-il avant de prendre une gorgée de thé, celle qui faisait de vous une esclave j'imagine.

Bluffant. Même pour moi. Mon propre père était encore capable de me surprendre. Il avait facilement lié le fait qu'elle était de Karn avec celui qu'elle n'avait pas droit aux armes, utilisant son parler et son attitude pour en déduire son habitude soumise et la réputation des esclaves dans l'empire du nord. Il aurait probablement peu apprécier de savoir ce genre de personne dans son salon. Mais il n'aimait pas plus les préjugés que moi et il me faisait confiance. Mère se tenait aussi silencieuse que moi, sirotant son thé, signalant même à Syrià de lui rajouter du sucre.

- Peu sont les femmes qui demandent un tel enseignement Dame Ermaëlle,
reprit Père, pourquoi le désirez-vous ?



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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Ven 3 Aoû - 23:44

Ermaëlle manqua de s'étrangler avec sa gorgée de thé. La jeune femme ne pensait pas qu'il serait si aisé de deviner son ancienne condition. Après tout, elle pouvait tout à fait être une fille de paysans. Dans ce cas, elle était au moins tout aussi éloignée de l'Art Militaire que pouvait l'être une esclave. D'un autre côté... Sa manière de s'exprimer et de se comporter était bien plus proche de celles d'une femme de la noblesse que d'autre chose... L'ancienne esclave toussota quelques instants, afin de retrouver son souffle. Ce n'est qu'une fois cela fait que la jeune femme put prendre la parole.

« … C'est exact... avoua Ermaëlle, sur un ton qu'elle voulait neutre. J'ai été vendue alors que je n'étais qu'une fillette de quatre, ou peut-être cinq ans. »

La jeune femme ne jugea pas bon de continuer sur cette voie, à moins d'y être forcée. De toute façon, que pouvait-elle dire de plus ? Elle avait été vendue, puis achetée. La seule chose de sa vie qui différait de la plupart des esclaves, c'était sa formation auprès de Maître Dyarm. Pour le reste, Ermaëlle avait subis des mauvais traitements comme tous les esclaves, et ne ressentait pas le besoin d'en parler. Ses douleurs aux jambes étaient très certainement moins graves que la cécité dont souffrait le père d'Ásmundr. Au moins, elle pouvait toujours marcher...

La question du père de l'Arlaüd interpella Ermaëlle. La raison de cette volonté d'apprendre le combat ? La jeune femme y avait longtemps songé. L'ancienne esclave était arrivée à la conclusion qu'elle ne pourrait pas toujours compter sur autrui pour assurer sa protection. C'était un fait. Ermaëlle doutait même de pouvoir la confier à son époux, si toutefois elle acceptait de s'unir à quelqu'un. Pas par manque de confiance, non. L'ancienne esclave ne voulait pas être dépendante de quelqu'un d'autre. Elle avait été une enfant toute sa vie, au regard de sa position d'esclave. A présent, il fallait qu'elle devienne réellement adulte. A ses yeux, il n'y avait pas d'autre possibilité.

« Je veux être capable de me défendre. Je n'ai pas de famille. Si je ne me défends pas par moi-même, qui le fera pour moi ? Je ne veux plus être le jouet de mon propre destin. avoua Ermaëlle. Je veux le prendre en main et le guider là où je le souhaiterai. En arrivant ici, je n'avais presque rien. Juste une cape sur le dos, deux tuniques et un sac contenant le peu de choses qui m'appartenaient. Maintenant que les choses semblent changer, je ne veux pas retourner à cet état. Je ne suis pas une parfaite sujet de ce Royaume mais... Je fais de mon mieux pour que cela change. Je reste attachée à Karn car j'y suis née, même si je n'y ai pas passé les meilleures années de mon existence. Mon sang est peut-être encore là-bas, sans doute ne le saurai-je jamais. Je n'ai plus rien à perdre, mais en même temps... Je ne veux plus rien perdre. Ce que j'ai construis, ce que je vais construire, je veux être capable de le défendre. Je ne demande rien de plus. La gloire et l'or ne m'intéressent pas. Je veux juste défendre ma liberté. Prouver qu'avoir été esclave ne fait pas de moi une moins que rien. Je veux être une femme libre. »

Suite à sa tirade, Ermaëlle se tut. Au fond d'elle, la jeune femme était étonnée par sa propre franchise. C'était donc ce qu'elle voulait vraiment ? Être libre... Il était vrai qu'elle en avait rêvé toute sa vie. L'ancienne esclave qu'elle était n'avait fait que repousser cette échéance alors que c'était là son rêve le plus profond. Le plus précieux. Bien sûr, tout ne s'était pas passé comme prévu mais... Ermaëlle avait le pressentiment qu'elle devait accepter les choses ainsi. Elle allait vivre à Hantonael. Peut-être même que ses descendants, si toutefois elle en avait, ne connaîtraient jamais Karn ou les terres de l'Empire. Karn ne voulait plus d'elle, c'était un fait. Si Ermaëlle y remettait les pieds, elle ne risquait rien d'autre que la mort. Hantonael allait devenir son foyer... La jeune femme venait de le comprendre.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Sam 4 Aoû - 1:51



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Mon regard s'était un moment attardé sur Ermaëlle qui semblait ébranlée par la découverte de mon père. Il était brillant, sans nul doute. Il savait surprendre. Il était d'une perspicacité hors norme et c'était bien un atout qui lui était indispensable dans le nouveau métier qu'il exerçait. Son esprit n'était plus le même depuis sa dernière bataille. La perte de la vision lui avait ouvert des brèches d'intelligences et de clairvoyance que bon nombre d'individus aurait du mal à obtenir. La jeune femme eut du mal à reprendre la parole, mais quand elle le fit, elle mentionna des détails qui ne lui étaient pas demandés.

- Tragédies Kartendarkiennes, commenta Père.

Mère et moi préférions à nouveau nous tenir dans le silence, en restant néanmoins très attentifs à l'échange que Père et Ermaëlle avait. Pour les habitants d'Hetenlaüd, les esclaves étaient une chose primitive et cruelle, bien ancrée dans la société de l'Empire du Nord. Par la suite, Ermaëlle expliqua longuement pourquoi elle tenait tant à apprendre à se servir des armes. Elle en disait ainsi plus que ce qu'elle m'avait dit avant que je la conduise ici mais je crois que c'était nécessaire. Au fur et à mesure qu'elle parlait, c'était comme si elle en découvrait en même temps ses vraies raisons. Père sembla le comprendre tout comme moi. Il écoutait avec une attention certaine, toujours tourné vers elle. Pour lui, la raison de l'apprentissage était d'une importance capitale. Il n'entraînerait jamais quelqu'un s'il jugeait ses raisons mauvaises ou inadéquates.

- Vous en êtes déjà une, répondit-il après quelques secondes de silence.

Il esquissa un sourire. Je pensais la même chose que lui. A partir du moment où Ermaëlle avait renoncé à son pays et avait commencé sa vie ici, on pouvait dire qu'elle était libre. Mais elle comptait remporté ce titre avec honneur en sachant aller de l'avant et prendre les choses en main.

- Qu'est-ce qui vous fait dire que vous êtes digne de mon enseignement ?

Il est vrai que Père faisait parti désormais des plus grand maître d'arme de la ville. Ses élèves ne le consultaient pas pour rien. Aussi, la question était piégée, à mon avis du moins car c'était la première en vérité que j'assistais à une entrevue de maître à future élève. Bien évidemment que Père n'était pas un vantard de sa réputation. Bien au contraire. Sans être modeste, il savait où se placer et ce n'était ni au dessus du podium, ni en dessous. Tout ceci n'était qu'un test finalement.




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MessageSujet: Re: [TERMINE] Confidences. [ PV Ásmundr Krönos. ]   Sam 4 Aoû - 13:59

La jeune femme ne pouvait s'empêcher de songer qu'elle avait eu de la chance dans son malheur. Il y avait des rôles bien plus ingrats que celui qu'elle avait occupé. Elle aurait pu devenir domestique ou travailler dans les champs. Voire pire. Mais son maître avait préféré l'instruire, la jugeant plus utile le nez dans les livres plutôt que dans les champs. Ermaëlle était consciente de sa chance. Cela pourrait sembler étrange aux yeux de personnes n'ayant vécu à Karn, ou au sein de l'Empire en général, mais les esclaves affranchis s'en sortaient parfois mieux que les hommes libres de naissance. Certains étaient instruits, comme elle, et d'autres étaient à l'abri du besoin en restant au service de la famille qui les avait acheté, tout en étant désormais des personnes libres. Bien sûr, il y avait de très nombreux cas où les affranchis se retrouvaient démunis mais... Disons que pour la jeune femme, la tragédie ne se trouvait pas dans son enfance ou son adolescent. A ses yeux, elle se trouvait plutôt dans l’événement qui l'avait poussé à s'enfuir, en sachant au plus profond d'elle-même qu'il n'y aurait sûrement aucun retour possible...

« J'ai reçu quelques mauvais traitements, il est vrai. Mais croyez-moi, je n'étais pas celle qui en a reçu les plus. Mon maître savait épargner les esclaves qu'il jugeait précieux. avoua Ermaëlle. La tragédie n'est pas pour moi. J'espère avoir une fin plus heureuse que celles qu'on peut lire dans certains livres. » termina la jeune femme, sur un ton dans lequel on pouvait sentir comme une pointe d'espoir.

Ermaëlle n'avait pas l'impression d'être libre. Dans les faits, elle l'était. Elle n'était plus sous la coupe d'un noble de Karn et faisait ses propres choix. Mais au fond d'elle-même, la jeune femme savait qu'elle restait encore esclave. Elle n'avait pas encore cette sorte d'aisance qu'avaient les personnes libres de naissance. Pour être réellement libre, Ermaëlle devait y penser, là où une telle chose semblait normale pour d'autres personnes. Tant que sa liberté ne lui semblerait pas normale et totalement acquise, l'ancienne esclave ne pourrait jamais se considérer comme une femme libre.

Était-elle digne de suivre un enseignement auprès d'un membre d'une famille prestigieuse ? Non. Ermaëlle savait que beaucoup d'autres personnes étaient plus légitimes qu'elle pour une telle chose. Elle n'était qu'une ancienne esclave, après tout. Sans être totalement aux antipodes des fils de Haute Noblesse, la jeune femme savait que ses prétentions étaient nulles, comparées aux leurs. Qu'avait-elle de plus qu'eux ? Elle n'avait ni grande fortune, ni famille, ni prédispositions au combat. Mais mentir ne faisait pas partie de ses intentions.

« Rien. répondit sincèrement la jeune femme. Je ne suis qu'une femme, sans lignage, et qui vient d'un Empire ennemi. Entre un jeune noble de votre pays et moi, le choix serait vite fait. Je ne suis pas courageuse, ni téméraire. Je n'ai rien d'une guerrière, c'est un fait. Suis-je indigne de votre enseignement pour autant ? Je ne saurais pas dire. La seule chose que je connais, c'est la valeur d'une vie humaine. Ce que vous m'apprendrez, jamais je ne l'utiliserai pour tuer. Un bon guerrier ne tue pas si cela n'est pas nécessaire. Il neutralise. Faites-moi devenir une personne comme ce guerrier. Ne m'apprenez pas à tuer. Apprenez-moi à défendre, à protéger. Voilà la seule promesse que je peux vous faire. Je ne tuerai pas avec ce que vous m'enseignerez. Car il n'y a rien de plus indigne qu'un guerrier qui tue pour tuer et qui s'amuse de voir le sang couler. »

Une arme n'était mauvaise qu'entre de mauvaises mains. Ermaëlle ne voulait pas faire partie de ces mauvaises mains. Tuer la répugnait, et n'entraînait en général que d'autres tueries. Elle ne voulait pas entrer dans ce cercle vicieux. Que ferait-elle si elle se retrouvait devant l'un des hommes qui s'en était prit à elle, à son monde ? L'ancienne esclave ne savait pas. Arrivait-elle à le tuer ou à l'achever ? Ermaëlle n'en avait aucune idée. Elle ne voulait même pas y penser... Tenir la vie d'un homme entre ses mains... L'ancienne esclave réprima un frisson. Elle n'avait pas le droit de s'improviser Divinité. La vie d'une autre personne ne lui appartenait pas et ne lui appartiendrait jamais.

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