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 [TERMINE] Un modeste présent. ( ft.Ásmundr Krönos. )

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Ermaëlle Fyrnam
La Renarde Érudite

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MessageSujet: [TERMINE] Un modeste présent. ( ft.Ásmundr Krönos. )   Ven 2 Mar - 23:51

Si le jour était levé depuis au moins une heure ou deux, les rues étaient encore vides, ce jour-là. Le froid devait rebuter certains à sortir de chez eux. Du moins, c'était l'avis d'Ermaëlle. Il est vrai que même si l'hiver ne faisait que commencer, la température ambiante n'était pas des plus clémentes. Pour le coup, la jeune femme devait avouer qu'elle était bien heureuse d'avoir emporter sa cape avec elle. Ermaëlle n'était pas inquiète, cependant. Si les rayons du soleil peinaient à réchauffer la ville pour le moment, les températures augmenteraient sensiblement pendant la journée. De plus, le vent était des plus discrets. Autant dire qu'une belle journée hivernale s'annonçait !

Ermaëlle avait besoin de faire le point, de s'arrêter un moment. De comprendre les tenants et les aboutissants de sa nouvelle condition. De nouveaux chemins s'offraient à elle. Des chemins dont la jeune femme ne connaissait même pas l'existence il y a encore peu de temps. Devait-elle les emprunter ? L'ancienne esclave n'en savait rien. Il y a encore moins d'un an, elle vivait à Karn. Le seul endroit qu'elle avait connu. Son destin lui semblait tout tracé. Une fois affranchie, Ermaëlle aurait sûrement rejoint son ancien mentor. Après tout, il se plaignait toujours du manque d'enseignants. Si cela n'avait pas été possible, la jeune femme se serait sûrement mise à son compte. En tant qu'ancienne élève de Maître Dyarm, il ne lui aurait pas été difficile de se forger une clientèle ou d'en reprendre une chez un enlumineur qui souhaitait prendre sa retraite. Et après cela... Elle aurait peut-être pu se marier. Pourquoi pas après tout ? En tant que femme libre, la loi du ventre ne s'appliquait plus à sa descendance. Ses enfants auraient été aussi libres qu'elle. D'un autre côté, Ermaëlle ne pensait pas faire une bonne mère. Elle n'avait jamais connu ses parents, et le groupe d'esclaves qui s'était occupé d'elle et de d'autres enfants esclaves n'avaient pas eu le droit de s'attacher à eux, sous peine d'être éloignés. Autant dire que l'amour filial ou maternel était quelque chose de tout simplement inconnu pour l'ancienne esclave. Mieux valait éviter d'avoir une descendance, dans son cas. C'était un service qu'elle rendait à ses potentiels enfants.

Chassant ces pensées de son esprit, Ermaëlle entreprit de revenir sur sa situation actuelle. A présent, elle avait un endroit où vivre, en quelques sortes. L'auberge de Jackõn était un endroit sûr, la jeune femme n'en doutait pas une seconde. Mais ce n'était pas chez elle. Elle ne pourrait pas y rester éternellement. Une fois qu'elle aurait remboursé sa dette, Ermaëlle partirait. Elle ne voulait pas abuser de l'hospitalité de l'homme. Elle avait un moyen de subsistance, en quelques sortes. Deux fois par semaines, Ermaëlle offrait ses services d'écrivain public. En réalité, elle pourrait y aller plus souvent dans la semaine, mais sa santé ne le lui avait pas permit. Si sa jambe était rétablie, il avait fallut un certain temps au corps de l'ancienne esclave pour recouvrer l'intégralité de ses forces. De plus, certaines personnes venaient la voir pour commander des enluminures. A croire que les tarifs qu'elle pratiquait étaient plus accessibles que ceux des autres enlumineurs de la ville... Cet emploi du temps lui avait aussi permit de donner un petit coup de main à Jackõn de temps en temps. Mais à présent, la jeune femme inspirait à prendre son envol. Du moins, c'est ce qu'elle souhaitait dans une partie de son for intérieur.

Une autre partie d'elle-même lui disait de ne pas rester à Hantonael. Après tout, elle n'était pas d'ici. Pourquoi ne pas quitter les lieux et essayer de trouver un endroit où elle serait chez elle ? Un endroit plus proche de la frontière, où le climat serait plus proche de celui que la jeune femme avait toujours connu. Une ville ou un village où son accent semblerait moins exotique. Pourquoi pas, après tout ? C'était une idée comme une autre. Mais voulait-elle vraiment partir maintenant ? Dans ce dernier cas, la jeune femme devrait tout reconstruire et perdre les quelques bases qu'elle avait ici. Ce n'était peut-être pas la meilleure des décisions à prendre.

Ermaëlle finit par s'arrêter. Les habitants commençaient à envahir les rues, et la jeune femme ne tenait pas particulièrement à rentrer dans un passant à cause de ses rêveries. Aussi, l'ancienne esclave s'installa sur le rebord d'une fontaine. L'eau y était encore vive, la température n'étant pas assez basse pour qu'elle soit transformée en glace. Plongeant doucement sa main droite dans le bassin, la jeune femme joua pensivement avec l'eau. Cette dernière était gelée, mais Ermaëlle n'y faisait pas attention. Elle était trop perdue dans ses pensées pour cela. Il fallait qu'elle fasse un choix. Dans le cas d'un départ, il lui faudrait de quoi acheter des vivres voire une monture afin de se déplacer plus rapidement. Il faudrait aussi qu'elle conserve un petit pécule, afin de pouvoir vivre décemment pendant son voyage. Toujours est-il qu'Ermaëlle ne comptait pas prendre cette décision à la légère.

La jeune femme joua encore quelques instants avec l'eau gelée, regardant avec un certain amusement les ondes qu'elle provoquait. En levant les yeux de son jeu, l'ancienne esclave remarqua que les rues étaient à présent noires de monde et que le soleil pointait timidement certains de ses rayons, en partie caché par une importante voûte nuageuse. Mieux valait qu'elle y aille, à présent.  Sortant sa main de l'eau, Ermaëlle la frictionna quelques instants afin de réactiver sa circulation sanguine. Ensuite, la jeune femme se leva du rebord de pierre. Elle devait rentrer à l'auberge. Un travail tout particulier l'attendait là-bas.

Arrivée à l'auberge, la jeune femme salua certains des habitués déjà présents d'un mouvement de main. Si elle en avait le temps, elle irait les rejoindre tout à l'heure. De toute façon, si Jackõn avait vraiment besoin d'elle, il savait où la trouver. Rejoignant l'endroit où elle dormait, Ermaëlle du faire preuve d'une grande prudence en ouvrant la porte. L'ancienne esclave s'était étalée plus qu'à l'accoutumée, et de ce fait, sa dernière œuvre en date reposait à même le sol avec des coupelles et des pots d'encre ici et là. Mieux valait éviter d'entrer avec une trop grande précipitation, donc.

Une fois à l'intérieur, Ermaëlle referma la porte avec précaution. Une fois cela fait, la jeune femme se débarrassa de sa cape et se mit à genoux à côté d'un feuillet. Il lui avait fallut plusieurs jours pour en arriver là. Tout lui semblait correct. Le feuillet n'avait pas absorbé trop d'encre et les nuances étaient telles que la jeune femme les avait souhaité. A présent, il ne lui restait plus qu'à appliquer le glacis, afin que les couleurs ne ternissent pas avec le temps ou la lumière.

Avant de passer à la dernière étape de son travail, la jeune femme entreprit de ranger le reste de son matériel. Elle ne voulait pas gâcher son travail à cause d'un pot d'encre noire sur lequel elle aurait trébuché. Les pots d'encre et autres coupelles rangés à leur place, Ermaëlle sortit un flacon de son sac. Ce dernier contenait un liquide totalement transparent. De loin, on aurait même dit de l'eau.Il n'en était rien cependant, et mieux valait ne pas boire ce liquide sous peine d'en tomber malade.  Pour s'assurer qu'elle ne s'était pas trompée, Ermaëlle ouvrit le flacon avant d'en sentir son contenu. Étant donné l'odeur âcre du liquide, elle ne pouvait pas se tromper.

Avec une grande précision, Ermaëlle versa une petite partie du flacon dans une coupelle propre. A cela, la jeune femme ajouta un peu d'eau avant de mélanger les deux liquides. Une fois cela fait, l'ancienne esclave s'installa devant le feuillet. Après avoir vérifié à l'aide d'un morceau de tissu si l'encre était tout à fait sèche, Ermaëlle se saisit d'un pinceau assez large dont elle se servit pour appliquer le glacis. Il lui fallut un certain temps pour appliquer le liquide protecteur convenablement. Il fallait qu'il soit répartit de manière égale sur tous les endroits du feuillet, sans quoi celui-ci vieillirait sur certaines parties mais pas sur d'autres.

Sa tâche terminée, Ermaëlle se redressa. S'étirant un peu, la jeune femme jeta un regard satisfait sur son travail. Une fois que le glacis serait sec, tout serait parfait. Ce n'était plus qu'une question de temps, à présent. La seule chose que l'ancienne esclave espérait, c'était que ce travail serait apprécié par la personne à qui il était destiné.

Profitant du temps de séchage du glacis, la jeune femme retourna dans l'auberge à proprement dite. Si l'endroit lui était plus ou moins devenu familier, Ermaëlle devait avouer que certains habitués l'étonnait toujours autant. Si elle avait l'occasion de discuter avec certains, d'autres lui restaient inconnus. Parmi eux, il y avait cette vieille femme, qui tenait toujours des propos pour le moins obscurs. Si la jeune femme ne la craignait pas, elle devait avouer que c'était une personne pour le moins particulière. Dans la même veine, l'ancienne esclave pouvait aussi citer la cartomancienne. Si Ermaëlle ne croyait pas en l'occulte, croyait-elle en quelque chose d'ailleurs, elle ne pouvait s'empêcher de trouver cette personne tout simplement fascinante. Pour autant, l'ancienne esclave avait toujours décliné poliment les rares fois à la femme lui avait proposé de lui dire la bonne aventure. Pourtant, de temps à autre, il arrivait à la jeune femme de se demander ce que la cartomancienne pourrait bien lui apprendre et si ses révélations étaient réelles ou juste le fruit d'une imagination débordante. Et si elle acceptait sa proposition la prochaine fois ? Ermaëlle nota cette idée dans un coin de son esprit, se promettant d'y réfléchir si l'occasion se présentait. L'expérience pouvait être intéressante et n'était pas risquée, après tout.
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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Un modeste présent. ( ft.Ásmundr Krönos. )   Sam 3 Mar - 18:18

Voilà bien deux semaines que je n'étais plus retourner à la capitale après avoir secouru Ermaëlle et l'avoir confié aux soins du bon vieux Jackõn D'Hysülv, un vieil aubergiste de ma connaissance qui tenait un ancien établissement dans un coin d'une petite place de la grande ville. Je n'avais jamais eu à me soucier de l'avenir de la jeune femme dès l'instant où je la savais entre les mains de cet homme là. Et après tout le temps qui venait de s'écouler, je me disais bien que désormais, elle devait tenir meilleure mine que la dernière fois que je l'avais vu. Je me demandais par ailleurs si elle y était encore et comme je passais à la capitale, il serait plutôt convenant de ma part que d'aller le vérifier par moi-même.

Dementör qui me suivait docilement dans les larges rues de la ville, je traçais la route en direction de l'auberge, que je savais ouverte aux heures les plus matinales. Je connaissais bien le chemin, et me retrouvais rapidement devant l'enseigne "A la Gueule du Loup" qui prônait fièrement sur une pancarte de bois qui se balançait doucement au rythme des brises hivernales. Je ne craignais pas vraiment le froid. Ayant grandi dans les montagnes et vécu, plus ou moins, sous un entraînement important, ce n'était pas les caprices du climat qui risquaient de me faire flancher. Il en était de même pour Dementör, que son plumage imperméable protégeait de toute fraîcheur trop intense.

Laissant Dementör sur la place, je poussais aussitôt la porte de l'établissement. Un filet de vent froid s'engouffra en même temps que moi à l'intérieur. Aussi, je m'empressais de refermer la porte pour ne pas déranger les clients déjà présent. J'en avais justement vu un frissonner à l'ouverture de la porte. Comme la dernière fois, on y retrouvait des têtes bien connues de l'auberge. Parfois, je me demandais s'il y avait des personnes qui habitaient ici pour toujours ? Il y avait encore cette bonne femme, aux cheveux gris qui lui tombaient sur les épaules. Il n'y avait personne autour d'elle. Elle devait intimider pas mal de mon avec son étrange attitude. La cartomancienne avait plus de chance, car sa fonction attirait de nombreux curieux. Mais en cette belle, mais fraîche matinée, d'autres visages moins communs profitaient de la chaleur des lieux, comme ce jeune couple qui s'embrassait, seuls dans leur monde en dessous d'une lanterne grise. Jackõn était touché par cet amour naissant, si pur et si innocent. Moins rassurante était la présence d'un second couple, derrière eux. Ceux-là étaient vêtus avec des habits gris, bruns et noirs, des pièces d'armures et ils arboraient leurs armes comme des trophées. Un chien était assoupi à leur pieds. Des chasseurs de primes. Un grand classique dans les auberges, ils n'apportaient pas la sensation de sécurité que pouvait avoir une troupe de soldat s'étant arrêté pour un verre à l'auberge.

M'ayant aperçu depuis son comptoir, Jackõn abandonna un ivrogne à moitié affalé sur celui-ci. Ivre si tôt dans la journée...? J'accueillais mon vieil ami d'un sourire néanmoins sincère une fois mes prunelles déviées d'un groupe de camarade qui se racontait visiblement des aventures palpitantes et peut-être même pas encore vécues. Jackõn était ravi de me revoir, comme d'ordinaire, mais plus encore, il savait la raison de ma visite en ces lieux, car il n'avait pas non plus oublié la personne que je lui avais confié. De sa main ridée par les effluves du temps, il m'indiqua une direction dans la grande salle de l'auberge, parcouru de part et d'autres par les serveuses qui s'attelaient à leur tâche d'aussi bon matin. C'est alors que j'aperçu Ermaëlle qui, je devais bien le reconnaître, avait pris de meilleures couleurs. Et elle se tenait comme il se devait sur ses deux jambes. Je n'étais pas mécontent de la retrouver ainsi. Je m'avançais alors vers elle, les pans de ma tunique noire voltigeant non loin du parquet au rythme calme de mes pas.

- Bonjour Ermaëlle, lui dis-je une fois près d'elle, je vois que vous vous portez mieux.

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Un modeste présent. ( ft.Ásmundr Krönos. )   Sam 3 Mar - 20:48

Toujours perdue dans ses pensées, Ermaëlle ne remarqua qu'assez tardivement la présence des chasseurs de prime. Autant dire que vu sa situation actuelle, la jeune femme n'était pas spécialement rassurée de devoir rester dans la même pièce que ce genre d'individus. D'un autre côté, l'ancienne esclave doutait que ceux qui recherchaient le livre soient au courant en ce qui concernait le fait qu'elle ait réussit à franchir la frontière. Aussi, Ermaëlle pensait avoir un certain répit, bien que cela ne l'empêchait pas de ne pas apprécier les chasseurs de prime. De l'endroit d'où elle venait, c'était eux qui ramenaient les esclaves en fuite, voire qui fournissaient certains marchés humains. L'ancienne esclave décida donc de ne pas s'approcher de la table des chasseurs de prime, et ce, même s'ils représentaient pas un danger pour elle. C'était une question de principe.

Reportant son attention ailleurs, Ermaëlle ne put s'empêcher de se demander comment ses parents s'étaient retrouvés sur un marché d'esclaves. Étaient-ils des prises de mercenaires ou de chasseurs de prime, des criminels ou juste des personnes qui s'étaient retrouvés au mauvais moment au mauvais endroit ? Étaient-ils de Kartendark ou d'ailleurs ? Avaient-ils eu d'autres enfants ou  avait-elle été la seule ? Étaient-ils toujours vivants ? Se demandaient-ils ce qu'elle était devenue ? Les avaient-elle croisés un jour sans même le savoir ? La jeune femme retint un soupir. A quoi bon se soucier d'une famille qu'elle n'avait jamais eue ? Ce qu'elle était devenue, elle ne l'était pas grâce à eux.

Pourtant, de temps à autre, l'ancienne esclave se demandait de qui elle tenait son apparence, si elle ressemblait à sa mère ou bien si elle avait les yeux de son père, si le brun roux était courant dans sa famille et d'autres choses encore. Pour quelqu'un qui ferait mieux de ne pas s'en soucier, Ermaëlle devait avouer qu'elle y pensait plus que nécessaire. Cela lui venait par période, bien que la jeune femme devait avouer que ce genre d'interrogations revenaient chez elle en cas de grands changements. Chassant ce constat de son esprit, l'ancienne esclave entreprit de se trouver une occupation. Cela lui permettrait sûrement d'oublier pendant un moment les pensées parasites qui avaient envahi son esprit.

C'est alors que la porte de l'auberge s'ouvrit, provoquant un léger rafraîchissement dans l'auberge. Ermaëlle n'y fit pas attention, trop occupée qu'elle était à rassembler quelques verres vides présents sur une table. Les serveuses avaient déjà bien assez à faire avec les clients présents, autant qu'elle leur donne un petit coup de main. Aussi, quand on s'adressa à elle, la jeune femme se raidit. Cela ne dura pas cependant. En voyant qu'il s'agissait d'Ásmundr, Ermaëlle ne put retenir un sourire. S'il y avait bien une chose à laquelle elle ne s'attendait pas aujourd'hui, c'était de voir l'Arlaüd. Autant dire que l'ancienne esclave était agréablement surprise.

« Mieux, c'est le mot. avoua Ermaëlle, toujours souriante. Ravie de vous revoir, Ásmundr. »

Il n'y avait pas de doute, la jeune femme se portait beaucoup mieux qu'il y a encore peu de temps. Sa jambe ne lui faisait désormais plus défaut grâce aux bons soins de la compagne de Jäckon. Il en allait de même pour son allure générale. Ayant eu plus souvent qu'à l'accoutumée la possibilité de manger à sa faim et de se reposer, la jeune femme avait reprit quelques couleurs et affichait une bien meilleure mine qu'auparavant.

« J'espère que vous avez fait bonne route. Qu'est-ce qui vous amène en ces lieux ? » s'enquit la jeune femme sur un ton des plus avenants.
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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Un modeste présent. ( ft.Ásmundr Krönos. )   Sam 3 Mar - 23:47

Loin de moi avait été l'intention de la surprendre, à croire que j'avais un pas véritablement trop discret qu'il ne pouvait s'ébruiter d'avantage dans l'ambiance déjà bruyante de l'auberge. Je m'étais éloigné du centre de la pièce pour me diriger vers Ermaëlle, pendant que Jackõn avait appelé sa femme à la rescousse pour son soucis d'alcoolique. La vieille femme était arrivée avec sa grosse cuillère en bois, tambourinant sur la tête du malheureux ivrogne qui, fort heureusement, ne devait pas sentir grand chose vu son état. A croire que le vieux couple y était habitué, ce qui ne m'étonnerait guère.

C'est un sourire qui me fut adresser lorsque la jeune femme se tourna finalement vers moi. Et à présent que j'étais proche d'elle, je remarquais d'avantage cette lueur nouvelle qui semblait pétiller dans son regard, comme une renaissance suite à ses récentes mésaventures. Je venais de l'interrompre alors qu'elle accomplissait même un travail qui n'était pas le sien : desservir les tables. J'ignorais si c'était là un travail qu'elle accomplissait d'elle-même où si c'était une tâche demandée par l'aubergiste. Dans les deux cas, cela ne faisait pas de mal de la voir à l'oeuvre et ainsi prendre en note son état de santé visiblement retrouvé.

- Moi de même, lui répondis-je.

Elle semblait également moins craintive. Sûrement parce qu'elle me connaissait déjà, certes, mais aussi vis-à-vis de la foule environnante. Sans doute qu'à force de côtoyer de nombreux clients, elle avait dû se ragaillardir de ce côté là. Faire bonne route ? Oui, sur un Laüd, on a peu de chance d'en faire une mauvaise en tout cas. Sauf en cas de mauvaise rencontre sur le trajet, ce qui n'était pas arrivé de mon côté. Le pays était bien calme en ce moment et cela ne faisait pas de mal. Mais ce n'était pas une raison pour baisser sa vigilance pour autant.

- Je ne fais que passer à la cité,
ajoutais-je à sa question, et j'en profite pour venir m'assurer de votre nouvelle prise d'intégrité en ces lieux, ce qui me semble réussie, si je ne m'abuse.

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Un modeste présent. ( ft.Ásmundr Krönos. )   Dim 4 Mar - 0:22

Ermaëlle avait finit par se faire à cette situation, personne ne pouvait dire le contraire. Si elle avait encore un peu de mal à s'approcher de certaines personnes, la jeune femme faisait de son mieux pour s'intégrer. Elle ne voulait pas passer pour une rustre. Son accent lui donnait déjà quelques problèmes, et bien que personne n'osait lui faire de remontrances à ce niveau, l'ancienne esclave savait bien que sa manière de parler était un obstacle à son intégration ici. Avec le temps, son accent disparaîtrait peut-être. C'était l'un de ses derniers liens avec son lieu de naissance. La jeune femme n'avait pas à cœur de s'en séparer par elle-même.

« Votre sollicitude me touche. Tout va pour le mieux, soyez-en certain. Jäckon me confie parfois des travaux ici et là et j'ai pu reprendre mon activité d'écrivain public, que se soit ici ou dans les bas-quartiers. A mon grand étonnement, je reçois aussi quelques commandes pour des enluminures. Il semblerait que mes menus travaux soient appréciés par certains. »

Menus travaux qui lui permettaient d'amasser un petit pécule qui lui permettrait par la suite de rembourser ses dettes ici. Quand Ermaëlle gagnait de l'argent, une partie était destinée à Jäckon tandis que l'autre était conservée pour ses futurs projets. Quels qu'ils soient. Ermaëlle voulait être certaine d'avoir de quoi vivre qu'importe ses choix. La jeune femme allait devoir réfléchir sérieusement à ce qu'elle comptait faire par la suite. Elle était rétablie après tout.

« Pour être totalement franche avec vous, je pense bientôt quitter cet endroit. avoua l'ancienne esclave. Le temps d'éponger mes dettes et de trouver un lieu où je serais vraiment chez moi. Je ne compte pas abuser de trop de la bienveillance de Jäckon. »

Chez elle... Oui, Ermaëlle voulait trouver un endroit où elle se sentirait en sécurité même seule, que se soit dans l'obscurité ou dans la lumière. Un endroit où elle pourrait se construire une vie. Celle d'une femme libre. Si elle ne pouvait plus le faire à Karn, autant le faire ici ou dans une autre ville. Après tout, la jeune femme n'avait pas le choix. Elle ne pourrait pas courir les routes indéfiniment... Certes, la fuite lui avait permit de survivre, mais l'ancienne esclave se souvenait très bien de cette période de sa vie. La peur, la crainte, la faim... Ermaëlle ne voulait plus revivre ça. Elle trouverait un autre moyen de se protéger. Il le faudrait bien...
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Un modeste présent. ( ft.Ásmundr Krönos. )   Dim 4 Mar - 16:07

Sollicitude ? Oui, j'en avais un peu effectivement. Disons que pour l'avoir aidé, je m'en sentais un peu responsable, surtout après l'avoir lâché aux mains de Jackõn. Et bien que j'avais une totale confiance au vieil homme, lui abandonner une femme blessée à son chevet restait un acte un peu...impoli, si je puis dire. Il ne m'en tenait pas rigueur, bien évidemment, et par conséquent, j'espérais que la jeune femme non plus ne soit pas sentit délester par cette décision. Décision qu'elle aurait pu refuser si jamais cela ne lui aurait pas convenu, mais peut-être qu'elle n'avait pas osé non plus. Néanmoins, j'étais rassuré de la voir se porter pour le mieux du monde. Elle me confirma que l'aubergiste lui donnait un peu de travail. Quelque part, ça devait la consoler en paiement pour le temps qu'elle passait sous son toit.

- Bien entendu, répondis-je, des talents comme les vôtres trouvent toujours une utilité.

Peut-être devrait-elle en faire le métier de sa vie et s'installer définitivement à Hàntonael. Après tout, il fallait bien qu'elle finisse sa cavale maintenant qu'elle avait quitté les froides terres du nord. Par ailleurs, elle m'avoua qu'elle s'apprêtait bientôt à quitter l'auberge. Je pouvais comprendre qu'elle n'avait pas forcément très envie de passer sa vie ici. Une auberge n'était pas faite pour y vivre en permanence. Abuser de la bienveillance de Jackõn ? Je crois que la jeune femme était encore bien loin d'atteindre les limites de bienveillance de cet homme, si toutefois il en avait. Quand à ses dettes ici, j'aurais pensé qu'elle les remboursaient justement en travaillant un peu dans l'auberge. Quoi que pour ce travail, elle pouvait au moins avoir une ardoise plus courte.

Il était agréable de voir des gens pourvu d'un certain honneur, qui ne profitaient justement pas de la générosité des autres pour vivre aux frais de la princesse. J'avais tout de suite vu en Ermaëlle que ce n'était pas son cas. Dans un sens, je pouvais également lui faire confiance pour cela. En vue de sa situation actuelle et de son projet d'avenir, je devais reconnaître que j'étais rassuré en tout point la concernant et que je pouvais ainsi détacher de moi la responsabilité qui me liait à elle.

- Eh bien, je suis certain que vous allez y arriver.

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Un modeste présent. ( ft.Ásmundr Krönos. )   Dim 4 Mar - 19:32

Ermaëlle ne souhaitait que cela, se trouver une utilité. Un rôle qui lui conviendrait à la perfection, maintenant qu'elle ne pouvait plus jouer celui qu'elle avait tenu toute sa vie. En tant qu'esclave, la jeune femme n'avait jamais eu à se soucier de ce fait. Son destin lui semblait tout tracé et elle ne craignait pas réellement ce que l'avenir lui réservait. Depuis sa fuite, sa vision des choses avait bien changé. Il lui fallait tout réapprendre, absolument tout...

« Que ce soit ici ou ailleurs, je trouverai ce qu'il me faut. Il est grand temps pour moi de commencer réellement ma vie de femme libre. » avoua Ermaëlle, sans se départir de son sourire.

Une vie qui serait différente de tout ce qu'elle avait imaginé jusque-là, c'était certain. D'un autre côté, la jeune femme pouvait s'estimer heureuse d'être toujours en vie et non pas dans un caveau, surtout au vu de ce qui l'avait poussé à venir jusqu'ici, dans un royaume qui était l'ennemi de l'endroit où elle avait vu le jour. L'ancienne esclave avait survécu à la pire expérience de toute sa courte existence. Il était temps pour elle de recommencer à zéro, ou tout moins, essayer. Cela ne serait pas simple, Ermaëlle en avait bien conscience. Mais elle n'avait pas le choix. Il lui faudrait essayer de reconstruire tout ce qu'elle avait perdu.

Alors qu'elle terminait de placer les verres sur le plateau qui se trouvait sur la table, Ermaëlle se souvint de son travail en cours. Il devait être sec, à l'heure qu'il était. Pourquoi ne pas aller le chercher maintenant ? Après tout, elle avait son destinataire devant elle. Mais pour cela, il lui faudrait prendre congé. D'un autre côté, Ermaëlle ne savait pas quand une occasion comme celle-ci se représenterait. Mieux valait ne pas la laisser filer. Forte de la décision qu'elle venait de prendre, la jeune femme décida de reprendre la parole.

« … Veuillez m'excuser quelques instants. Je dois m'assurer que mon dernier ouvrage a bien terminé de sécher. Cela ne me prendra pas longtemps, soyez-en assuré. »

Ermaëlle se saisit du plateau puis le ramena jusqu'aux cuisines. Une fois cela fait, la jeune femme retourna dans sa chambre et y récupéra le feuillet qui séchait toujours sur le sol. Une fois sûre que le glacis était bien sec, l'ancienne esclave se permit d'observer une dernière fois son travail, pour s'assurer que tout était en ordre. Sur le feuillet, on voyait la tête d'un Laüd dont le plumage bleu sombre était nuancé de teintes de bleues beaucoup plus claires par endroits. Sur le haut de son crâne, la jeune femme avait prit le soin de dessiner de longues plumes argentées. Le glacis donnait une certaine brillance au plumage du Laüd, effet qu'Ermaëlle avait déjà expérimenté sur le plumage des représentations d'oiseaux qu'elle avait du faire par le passé. Satisfaite de son travail, la jeune femme le reposa précautionneusement puis alla en chercher un autre de ses travaux. Ce dernier se trouvait dans un coin de la pièce, enroulé avec un grand soin. Pour s'assurer qu'il s'agissait bien de ce qu'elle cherchait et non pas une esquisse destinée à l'une de ses commandes, la jeune femme déroula le feuillet. Il était bien plus petit que l'autre travail d'Ermaëlle, faisant à peine une trentaine de centimètres de haut pour une vingtaine de large. Cette taille plus restreinte n'avait pas empêché à l'ancienne esclave de faire de son mieux pour représenter Ásmundr. En effet, si l'idée de base de la jeune femme était de représenter uniquement Dementör, elle avait changé d'idée peu de temps avant de se mettre au travail et avait également fait un portrait de l'Arlaüd. L'idée lui avait semblé plus judicieuse, bien que plus longue à mettre en application.

Son second travail toujours déplié, Ermaëlle le déposa sur le feuillet restant avant de l'enrouler à son tour. Une fois cela fait, la jeune femme maintint le rouleau en place à l'aide d'un morceau de ficelle qu'elle noua solidement. Mieux valait éviter de perdre le document présent à l'intérieur du rouleau. Il était tout aussi important que le plus grand.

Son rouleau à la main, Ermaëlle retourna dans la salle principale. S'arrêtant devant Asmundr, la jeune femme hésita un moment, jetant un dernier regard sur le rouleau qu'elle tenait à la main. Était-ce vraiment une bonne idée ? D'un autre côté, elle ne pouvait plus reculer à présent. L'ancienne esclave n'allait tout de même pas gâcher plusieurs jours de travail à cause de ses doutes. Pour les esquisses, il lui avait fallut une journée pour le plus petit dessin et quatre jours pour le plus grand. En même temps, Ermaëlle n'avait jamais dessiné de Laüd auparavant et n'ayant pas de modèle devant elle, la jeune femme avait du travailler avec ses souvenirs. Il en allait de même pour l'autre dessin, bien que l'ancienne esclave avait l'habitude des portraits. Il était fréquent de dessiner les portraits de certaines personnes importantes, surtout dans les ouvrages historiques. Si Ermaëlle n'était pas la meilleure dans ce domaine, elle avait tout de même quelques compétences qui rendaient ses travaux corrects aux yeux des autres enlumineurs.

« … Je... Je tenais à vous remercier. Sans vous, je ne sais pas où je serais à  l'heure actuelle... Ermaëlle marqua une pause, tendant le rouleau dans la direction de l'Arlaüd. Ce n'est peut-être pas grand chose, mais j'espère que cela vous plaira... avoua Ermaëlle. Et que cela sera ressemblant. » ajouta la jeune femme.
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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Un modeste présent. ( ft.Ásmundr Krönos. )   Mar 6 Mar - 0:22

On devait tous à jour ou l'autre se découvrir des capacités d'adaptation afin de pouvoir progresser dans notre existence. Parfois parce qu'on le voulait, et parfois parce qu'on avait pas le choix. Si Ermaëlle aimait tant que ça sa vie d'esclave, je pense qu'elle aurait plutôt chercher à retourner de là d'où elle venait, qu'elle aurait refuser d'être affranchie, ou qu'elle aurait chercher un poste qui y ressemblait le plus dans ce pays. Non, je pense qu'elle avait aussi envie de changer de vie, de progresser, d'évoluer, et également de découvrir la vie d'une femme libre. Avec son savoir-faire, c'était une chose qu'elle était tout à fait apte à accomplir. Elle semblait déterminée. Je hochais donc la tête, convaincu de ses dires. Elle avait sûrement déjà fait un grand pas en avant depuis qu'elle était arrivée dans ce pays.

Je ne comptais pas m'attarder à l'auberge. Comme je venais de lui dire, je n'étais que de passage et je comptais bien encore survolée pas mal de contrées avant de retourner au Panlaüd. Maintenant que je savais que tout se passerait bien pour elle -du moins je l'espérais-, il n'y avait plus grand chose qui me retenait ici, ni qui me disait à l'avenir de revenir en ces lieux avec pour seule ambition que de savoir ce qu'il advenait de la jeune femme. C'est alors que cette dernière fit une pause dans notre conversation avant de disparaître du côté des chambres de l'auberge, assurant qu'elle n'en aura pas pour longtemps. J'aurais peut-être dû être plus rapide et prendre congé avant, afin qu'elle puisse prendre tout son temps pour aller s'occuper de ses travaux en cours. Il serait assez impoli de ma part de filer ainsi de la sorte durant son absence, surtout que j'ignorais quand nos routes se croiseraient à nouveau. Aussi me décidais-je de patienter comme il se doit.

Il ne fallu qu'un moment, le temps à peine pour moi de reporter mon regard sur les autres clients, remarquant que j'avais par ailleurs attirés des regards également. Les Gardiens ne se voyaient que rarement dans ce genre d'endroit. Surtout parce qu'ils n'avaient nul sou à y dépenser. Ermaëlle revint donc face à moi, un rouleau à la main. Quel ne fut pas mon étonnement lorsque la jeune femme me remercia, d'une voix mal assurée, pour ce que j'avais fait pour elle. Je m'apprêtais à lui répondre lorsqu'elle me tendit le rouleau qu'elle avait descendu. Mon regard se posa sur ce qui se découvrait être un présent. Il n'était pas dans ma nature d'accorder un réel intérêt pour les récompenses. Les Gardiens n'agissaient nullement pour la gloire et la reconnaissance. Nous étions bien trop indépendants et immatérialistes pour ça. C'était justement pour cela que je n'avais pas l'habitude de me voir offrir quelque chose et c'était pour cela aussi que j'en restais assez étonné. Je récupérais donc le rouleau.

Devais-je l'ouvrir devant elle ? Devais-je m'en occuper une fois hors de vue ? J'avais oublié comment ce genre de choses se passaient en général. Le dernier présent de ma vie remontait à bien longtemps désormais. Mais je suppose que ça lui ferait plaisir que j'y jette malgré tout un coup d'oeil. Cela serait la moindre des choses avant de la remercier à mon tour pour cette attention. Qu'importait de quoi cela s'agissait. J'ôtais donc la ficelle qui liait le tout, déroulant un premier rouleau qui en cachait un second. Je reconnu immédiatement un talent d'artiste sur ce qui était sans nul doute une représentation de Dementör. J'avais déjà vu de nombreux Laüds enluminaient dans des ouvrages de la bibliothèque du Panlaüd, mais jamais encore je n'avais eu l'occasion de voir là un portrait de celui qui partageait mon destin. La seconde représentation, c'était moi, sans nul doute également. Elle ne devait plus s'étonner que son travail attire la population de la capitale, car il valait ceux d'un professionnel. Cela me faisait néanmoins assez étrange d'observer mon propre portrait. Je crois n'en connaître qu'un à mon édifice actuellement, c'était quand j'étais encore enfant, dans un portrait de famille que mes parents gardaient en tenture au sommet de leur grand escalier de marbre.

- Vous n'auriez jamais dû vous donner autant de peine, finis-je par répondre après avoir pris mon temps pour contempler le travail -car il valait vraiment la peine qu'on se pose un instant devant lui-, la ressemblance est des plus frappante. J'espère que vous ne sous-estimez jamais vos capacités. Ce présent me restera cher et votre attention m'atteint en grande estime. Je l'accepte.

Les deux derniers mots furent ponctuer par un geste délicat de ma part pour enrouler à nouveau les rouleaux comme ils étaient avant, que je fermais à nouveau avec la ficelle adéquate. Le tout fut glissé dans une poche intérieure de ma large tunique noire et bleue.

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Un modeste présent. ( ft.Ásmundr Krönos. )   Mar 6 Mar - 22:32

Si Ermaëlle n'avait pas réellement fait attention aux regards des clients de l'auberge alors qu'elle discutait avec Ásmundr, à présent, elle trouvait l'attention que leur portait les autres pour le moins gênante, presque oppressante. D'un autre côté, la jeune femme n'avait jamais apprécié être au centre de l'attention. Sauf pour son travail, l'ancienne esclave se sentant comme protégée par ses ouvrages. Après tout, on ne venait pas la voir pour elle, mais pour ses travaux. La situation actuelle était différente. On les observait car leur discussion était sortie de l'ordinaire.

Tâchant de masquer son trouble, Ermaëlle reporta son attention sur l'Arlaüd. L'espace d'un moment, la jeune femme se demanda si Ásmundr allait dérouler les parchemins. On aurait dit qu'il n'était pas habitué à recevoir des présents. L'ancienne esclave ne connaissant pas réellement le mode de vie des Gardiens, elle n'avait que peu d'informations à ce propos et elles lui venaient de son ancien maître enlumineur. Était-ce impoli d'offrir quelque chose à un Arlaüd ? A cette pensée, la jeune femme sentit un frisson lui parcourir le dos. Il ne manquerait plus que ça ! En aucun cas Ermaëlle ne souhaitait passer pour une rustre ! Surtout pas auprès de l'homme qui lui avait sûrement sauvé la vie !

Son sang, qui lui semblait s'être changé en eau glacée dans ses veines, se réchauffa au moment où Ásmundr déroula les parchemins et se prononça sur leur contenu. A cet instant, la jeune femme ne put retenir un soupir de soulagement. Se tromper était sa hantise. A présent rassurée, l'ancienne esclave retrouva le sourire qui l'avait quitté peu de temps auparavant. Elle avait mené son projet à bien ! La jeune femme ne pouvait qu'en être satisfaite !

« Point de peine pour ces ouvrages, soyez en assuré. Au contraire, cela m'a même amusée. Je dois avouer que c'était la première fois que je dessinai un Laüd. Si le résultat est aussi ressemblant que vous semblez le penser, j'en suis heureuse. Il n'y a rien de mieux pour un artiste que d'être reconnu pour son art. Je ne pourrai jamais vous remercier à la hauteur de l'aide que vous m'avez apportée. C'est un bien maigre présent, contrairement à l'aide que vous m'avez apportée. Ermaëlle marque une pause, puis reprit. Je sais que mon aide vous sera certainement inutile, mais... Mais si un jour vous avez besoin de quelque chose pouvant être de mon ressort, n'hésitez pas. Si je peux faire quoique se soit, je serais honorée de vous aider. »

A ces mots, Ermaëlle inclina élégamment la tête, sa main droite au niveau de son cœur. Après quelques instants, la jeune femme releva la tête, laissant sa main reprendre sa place. Même si elle essayait de se faire aux mœurs de ce Royaume qui n'était pas le sien, la jeune femme ne pouvait pas nier que certaines de ses habitudes avaient la vie dure. Si l'ancienne esclave arrivait à refréner ses anciennes manières, il y avait des moments où elles reprenaient le dessus sans aucun signe avant coureur.

Ermaëlle n'avait pas pu faire confiance à beaucoup de monde, depuis son arrivée ici. En réalité, dans ce Royaume qui lui était en grande partie inconnu, il n'y avait eu que deux personnes à qui elle avait accepté d'accorder ce privilège. Ce garde qui lui était inconnu et qui lui avait permit de fuir et Ásmundr qui l'avait aidé à survivre. La jeune femme savait que c'était difficile à imaginer pour certains, mais elle serait éternellement reconnaissante envers ces deux hommes. Elle leur devait la vie. C'était aussi simple que cela. La jeune femme se rendit alors compte qu'elle avait très certainement abusé du temps précieux d'Ásmundr. L'Arlaüd devait avoir beaucoup à faire ! Ce qu'elle pouvait être idiote !

« Je n'aimerai pas vous retenir trop longtemps. Vous n'aurez plus à vous soucier de mon sort. assura Ermaëlle. Soyez tranquille, et que vous et Dementör ayez le vol paisible. » termina la jeune femme, sur un ton apaisé.

Sur le coup, l'ancienne esclave se demanda d'où elle tenait cette salutation. Elle lui était venue naturellement, aussi naturellement qu'une salutation plus simple. Ermaëlle ne chercha pas bien longtemps la raison de cette phrase. Elle devait l'avoir lue quelque part, tout simplement. Après tout, beaucoup de ses connaissances provenaient des livres qu'elle avait eu l'occasion de consulter.

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Merci à notre chère fonda pour cette magnifique image et pour cet avatar. ^^

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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: [TERMINE] Un modeste présent. ( ft.Ásmundr Krönos. )   Ven 9 Mar - 15:28

Je l’avais remarqué, cette mine anxieuse qui était venue hanter la jeune femme le temps que je considère un moment son présent. Vrai que je n’avais plus l’habitude d’un tel geste, mais plus encore je ne m’y attendais pas du tout. Et pourtant, je n’étais en rien mal à l’aise et parvenais à cacher aisément la surprise que cette attention avait suscité. Une attention, ma foi, tout particulièrement charmante.

Les traits d’Ermaëlle se détendirent néanmoins lorsque je pris plus attentivement connaissance de ce qu’elle avait fait pour moi. C’était d’ailleurs un concept que je découvrais en tant que Gardien : que l’on fasse quelque chose pour moi et plus encore quand on y mettait autant d’effort. Pour être honnête, je n’y connaissais rien en enluminures, si ce n’était que les bases que le peuple savait sans effort. Mais je savais reconnaître le travail derrière une œuvre. Et je savais reconnaître une œuvre. C’était tout de même assez éblouissant comme représentation.

Pour une première fois, il fallait reconnaître que le talent était présent. Dementör se logeait parfaitement sur le parchemin et son plumage bleu était aussi rayonnant que réellement. Côté remerciement, je serais tenté de penser qu’elle en faisait de trop. La plupart des gens à qui on rendait service avait tendance à se comporter de la sorte, nous voyant comme des sauveurs, à la limite des Dieux. Une comparaison fort déplaisante pour un humble tel que moi. « Nous ne faisons que notre devoir » était une phrase très classique mais empli de vérité. Je me retins de le lui dire d’ailleurs.

- Je ne mérite point tant de reconnaissance, répondis-je, mais je prends en compte votre considération.

Il était inutile de repousser la reconnaissance des autres, ni même leur envie de rendre la pareille. Je ne pouvais qu’écouter et approuver, prendre note.

En effet, je n’aurais sans doute plus besoin de me soucier d’elle, car il semblerait qu’elle ai enfin acquis la force et le courage de reprendre sa vie en main et en bien. J’hochais la tête à ses mots avant de lui faire un signe de salut en répondant :

- Et que votre avenir vous soit favorable.

Je saluais également Jackõn dès que son regard fut à nouveau sur moi et lorsque j’eus son retour, je quittais enfin l’auberge. Dementör, qui s’était assis devant la bâtisse, se leva aussitôt. Je comptais bien lui montrer le présent d’Ermaëlle lorsque nous serons de retour au Panlaüd. L’animal tendit une patte avant pour m’aider à rejoindre son dos avant qu’il ne prenne son envol et ne s’éloigne rapidement de la majestueuse cité royale…

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MessageSujet: Re: [TERMINE] Un modeste présent. ( ft.Ásmundr Krönos. )   

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[TERMINE] Un modeste présent. ( ft.Ásmundr Krönos. )
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