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 [Terminé]Faux et usage de faux [ft Ermaëlle]

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Ebao Kuza
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MessageSujet: [Terminé]Faux et usage de faux [ft Ermaëlle]    Mar 27 Fév - 13:08

Il est un dicton chez les chevaliers qui dit que le plus dur n'est pas de combattre un ennemi mais de combattre un allier. Tu avais ta propre idée sur la question, et tu considérais que se battre contre quelqu'un sous-entendait qu'il était forcément un ennemie... Mais aujourd'hui, alors que tu venais tout juste de rentrer à la capitale et qu'on te confiait des missions des plus barbantes que surveiller le trajet de la reine dans le parc ou retrouver un voleur d'antiquités, tu ne pouvais t'empêcher de peser ou sous peser ce dicton.
Si l'on prenait le terme d'allier dans son plus large des sens, excluant tout ce qui n'était pas Hetenlaudor, ce voleur en était forcément un. Tu allais donc devoir courir, en terrain conquis, à la recherche d'un Hetenlaudor qui s'amusait à voler ces pauvres nobles de leurs biens ancestraux.

Les gens d'Hetenlaud avaient vraiment des préoccupations qui te dépassaient. Enfermés dans leurs richesses et leur propre satisfaction d'être forcément mieux que le reste du monde à cause de quelques bestioles volantes, ils avaient tendance à perdre de vue ce qui était vraiment important et pouvaient ainsi dédier leur vie à voler des objets qui auraient fini à poubelle depuis longtemps dans n'importe quel autre pays. Au Kyls par exemple, si un objet n'était plus utile; on ne s'amusait pas à le garder par nostalgie, on le recyclait ou s'en servait pour faire du feu. Avoir le luxe de posséder des ressources au point d'en gaspiller l'usage était vraiment typique d'un empire trop riche pour se questionner de l'utilité même de leurs possessions. Et l'utilité d'un manuscrit comme celui que tu tenais dans les mains était proche du néant.

On pouvait te reprocher ton manque de culture, ton esprit trop pratique pour s'attarder sur les connaissances théoriques ou les arts, mais tu refusais de reconnaître qu'un vieux bouquin qui devait être à peine plus intéressant qu'un recueil de recettes de cuisine puisse avoir le moindre intérêt pour qui que ce soit !
Et pourtant !
Ce truc, jaunie par le temps et aux pages grignotées par un quelconque insecte, valait plusieurs centaines de pièces d'or ! "Prenez en soin" qu'on t'avait dit ! Mais là maintenant, dans ce froid hivernal dons ton surcot aux couleurs d'Hetenlaud te protégeait mal, tu ne pouvais t'empêcher de te dire que sec comme il était, ce livre ferait un bon départ de feu.

Grommelant, tu rabattais ton mantel par dessus tes épaules et continuais d'avancer dans les plus bas quartiers de la capitale. Tu avais cherché un faussaire toute la mâtinée, car tu savais que ce voleur allait vouloir s'emparer de ce livre en prochain lieu. Tu voulais le piéger et le plan te semblait plutôt efficace... Mais trouver un faussaire quand vous êtes habillé en représentant de l'ordre d'Hetenlaud relève -étrangement- du parcours du combattant. Finalement, on avait fini par te diriger vers quelque chose de plus légal, pour lequel l'or du royaume n'aurait pas à rougir quand tu le débourserais: Une enlumineuse.

On t'avait dit qu'une personnes de grand talent officiait dans les bas quartiers, vivotant de quelques travaux d'écrivain publique mais ne parvenant pas encore à se faire reconnaître. On t'avait indiqué une adresse où tu pourrais la trouver et tu finis par mettre le pied dans la bonne ruelle. Elle était comme toutes les autres, pleines de badauds qui baissaient la tête et fixaient d'un air inquiet l'épée fixée à ta ceinture. Un comportement typique des bas quartiers ou leur méconnaissance des lois les faisaient craindre d'en avoir trop enfreintes.
Tu jetas un coup d’œil aux différentes portes, on t'avait dit qu'elle était petite, en bois de cèdre et que de ce fait, elle paraissait bien plus claire que ses voisines.
Ton regard capta l'éclair de clarté et tu t'en approchas d'un pas décidé. Quelques coups à la porte et tu te raclas la gorge, décidant de t'annoncer par la même occasion:

-Je suis un chevalier d'Hetenlaud, je cherche une enlumineuse, on m'a dit que je pourrai en trouver une à cette adresse. J'ai du travail pour vous, pouvez vous m'ouvrir ?

Le silence fut d'abord ta réponse, et tu demandais si l'objet de ta visite était chez elle.

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Dernière édition par Ebao Kuza le Lun 2 Avr - 23:46, édité 2 fois
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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: Re: [Terminé]Faux et usage de faux [ft Ermaëlle]    Mar 27 Fév - 14:31

Nostalgique, Ermaëlle ne put s'empêcher de jeter un regard par la fenêtre la plus proche. Elle aimait voir le ciel se parer de ses couleurs hivernales. A Karn, il était presque tout le temps ainsi, et virait parfois au gris sombre quand une tempête se préparait. L'espace d'un instant, la jeune femme se cru de retour chez elle. Fermant les yeux, l'ancienne esclave imagina les hurlements du vent s'engouffrant entre les tours de la demeure de sa maîtresse, la neige qui entrait par des fenêtres laissées ouvertes par oubli, et les crépitements du feu qui dansait dans les cheminées. Dehors, les plus jeunes nobles de la maison s'amusaient, se battant à l'aide d'épées de bois tandis que d'autres s'adonnaient à une bataille de boules de neige. Des rires résonnaient, de nombreux rires qui semblaient pouvoir couvrir les cris du vent. Dans les couloirs, on pouvait entendre les pas cadencés des gardes, ou ceux, plus discrets, des domestiques et des esclaves qui entretenaient la demeure.

Ermaëlle finit par rouvrir les yeux. Hélas, elle n'était pas à Karn. Elle était ici, à Hentonael. La capitale des terres adverses, le seul endroit où elle avait pu trouver refuge après sa fuite. Certes, cette ville était belle, grande, et vivante, mais elle ne remplaçait pas sa ville de naissance dans le cœur de l'ancienne esclave. On ne pouvait aimer Karn sans y être né, c'était un fait. Et pour Ermaëlle, c'était le plus bel endroit du monde. Bien sûr, elle y avait connu l'esclavage, mais comment pouvait-elle détester l'endroit où on l'avait protégé, éduquée, donné un sens à sa vie d'une certaine façon ? Ici, tout était à reconstruire, à apprivoiser. Et Ermaëlle doutait de pouvoir se faire à Hentonael ou à une toute autre ville d'Hetenlaüd.

La jeune femme secoua la tête. Mieux valait ne pas ressasser ce genre de souvenirs. Elle avait du travail. De l'entraînement, plutôt. Trempant délicatement la pointe de son pinceau dans de l'encre grisâtre, la jeune femme entreprit ensuite d'ajouter quelques touches de couleurs sur le dernier de ses travaux. Il s'agissait d'un loup assis et dont une partie de la queue se trouvait enroulée autour d'une lettre, un '' L '' ornementé de très petites arabesques. Satisfaite du résultat, Ermaëlle attrapa sa plume d'oie, la trempant cette fois dans de l'encre noire. Tapotant délicatement la pointe de sa plume contre le rebord de son encrier pour en chasser le surplus d'encre, l'ancienne esclave rédigea ensuite quelques mots à côté de l'enluminure qu'elle venait de terminer. Ces quelques mots étaient forts simples, Ermaëlle n'écrivant que son nom, son prénom, ainsi que la date et le lieu de réalisation de sa dernière œuvre. Le reste de la page resta donc vacant, la jeune femme se promettant de le remplir avec les difficultés qu'elle avait rencontré un peu plus tard dans la journée. Pour le moment, mieux valait laisser l'encre sécher avant d'ajouter quoique se soit de plus.

Ermaëlle laissa donc son Ouvrage sur un coin de son bureau, afin de permettre à l'encre de sécher. Les Ouvrages étaient des livres dont l'usage était propre aux enlumineurs. Il s'agissait-là d'une manière de montrer leurs progrès dans le temps tout en donnant des conseils aux générations futures dans un même temps. En effet, quand un enlumineur se sentait trop vieux pour continuer son travail, il confiait son Ouvrage à quelqu'un de plus jeune, pour qu'il puisse faire partager son savoir aux plus jeunes enlumineurs ou aux apprentis. Certains maîtres avaient même des bibliothèques complètes contenant ce genre de livres. Ces derniers étaient d'ailleurs uniques, fait leur offrant une certaine rareté surtout pour les Ouvrages des plus grands maîtres ayant existé. Mais Ermaëlle ne faisait pas partie de cette catégorie. Son Ouvrage lui était surtout utile pour montrer son travail aux autres ou pour s'entraîner. Il y avait là toutes ses œuvres, de son début d'apprentissage à aujourd'hui. Parfois, l'ancienne esclave retournait même regarder ses premières enluminures. Ce n'était pas glorieux, certes, mais Ermaëlle était toujours amusée et attendrie de voir son écriture encore brouillonne s'étendre sur les premières pages de son Ouvrage. Elle en avait fait du chemin depuis ses douze ans.

La jeune femme sortit de ses pensées en entendant quelqu'un tousser. Ici, ils étaient trois. Trois écrivains publics qui offraient leurs services d'écrivains publics à la population des bas-quartiers. En effet, c'était généralement dans les classes sociales les plus basses que l'illettrisme était le plus présent. Deux fois par semaine, certaines personnes prenaient donc un peu de leur temps libre pour aider ceux qui ne pouvaient se débrouiller seuls pour écrire une lettre ou faire des requêtes à d'autres. Pour cela, on leur avait mis à disposition une petite bâtisse ainsi que quelques meubles afin de pouvoir travailler dans des conditions convenables. Il s'agissait-là de la volonté d'un noble d'aider les plus pauvres habitants de la ville, d'après ce qu'en savait Ermaëlle.

« … Tu as pris le froid ? demanda alors la jeune femme à la personne qui avait toussé.
- Il faut croire. On aura beau dire ce qu'on veut, mais ce feu suffit à peine pour nous réchauffer. avoua l'intéressée, en indiquant la petite cheminée qui se trouvait dans la pièce.
-Il suffirait si l'isolation n'était pas aussi mauvaise. commenta un autre, en s'enveloppant d'avantage dans sa cape. C'est bien gentil de nous avoir donné un endroit où travailler, mais si c'est pour qu'il fasse plus froid ici que dehors, où est l'intérêt ?  »

Ermaëlle ne répondit pas, esquissant tout de même un petit sourire en entendant la mauvaise foi dont faisait preuve son collègue. Il est vrai qu'il faisait froid, que se soit ici ou dehors, mais cela ne la dérangeait pas réellement. L'avantage d'être née à Karn, sans doute. Là-bas, le froid endurcissait le corps dès la naissance, permettant aux habitants de mieux survivre une fois adulte. Bien sûr, le froid tuait, mais il tuait surtout les organismes déjà affaiblis ou trop peu habitué aux températures négatives. Il tuait aussi à cause de l'inconscience de certaines personnes, c'était un fait. Mais le froid n'empêchait pourtant pas certaines personnes d'atteindre un âge tout à fait vénérable et de les laisser mourir de vieillesse par la suite.

C'est alors que quelqu'un frappa à la porte. Ce fait ne surpris personne. En effet, les bas-quartiers n'étaient pas sûrs, ils avaient donc pour obligation de fermer la porte à clef et de n'ouvrir qu'après avoir vérifié de qui il s'agissait. Ce qui étonna d'avantage les quatre personnes présentes fut la manière dont la personne se présenta après avoir signifié sa présence.

« …Un chevalier ? répéta la femme enrhumée. Vous croyez qu'il s'est passé quelque chose de grave ?
- Il se passe toujours des choses étranges ici. lui fit remarquer l'homme. Mais vu ce qu'il a dit, ce serait étonnant qu'il soit là pour nous poser des questions.
- Il semblerait qu'il soit là pour moi, dans ce cas. remarqua Ermaëlle, après avoir jeté un regard sur son Ouvrage. A moins que je ne sois pas la seule enlumineuse ici.
- Va ouvrir, tu sauras vite ce qu'il te veut. Après tout, c'est un chevalier. Tu ne risques rien. » lui fit remarquer la femme.

Ermaëlle devait avouer qu'elle n'avait pas eu un très bon souvenir de la dernière fois où elle avait croisé des représentants de l'ordre. D'un autre côté, ce n'était qu'une erreur, une méprise dont ils s'étaient excusés ensuite, en payant la casse occasionnée. La jeune femme se leva donc sa chaise, rejoignant la porte. Jetant un coup d’œil dans la petite ouverture présente dans la porte afin de vérifier qui se trouvait devant, la jeune femme ne tarda pas à reconnaître l'uniforme aux couleurs d'Hetenlaüd. Se tournant vers ses deux collègues, la jeune femme leur fit comprendre d'un hochement de tête que tout était en ordre. Ensuite, l'ancienne esclave ouvrit la porte.

« Bien le bonjour, je suis Ermaëlle Fyrnam, la seule enlumineuse des environs. Je vous en prie, entrez. Ne restez pas dans le froid. » commenta la jeune femme, en s'écartant pour laisser l'homme entrer.

La jeune femme n'avait même pas prit la peine de cacher son accent. A quoi bon, elle finissait toujours par parler normalement, du moins, normalement pour elle. Avec son accent digne de n'importe quelle personne ayant apprit à parler à Karn ou y ayant passé une bonne partie de sa vie. De plus, ses collègues étaient habitués à l'entendre parler ainsi. Parler autrement devant eux risquait de leur paraître étrange.
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Ebao Kuza
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MessageSujet: Re: [Terminé]Faux et usage de faux [ft Ermaëlle]    Mer 28 Mar - 11:02

Tu entendis du bruit avant de voir la porte s'ouvrir. Finalement, elle se trouvait bien ici, et aux vues des nombreuses ombres derrière elle: elle n'était pas seule.
L'enlumineuse était de taille moyenne avec des yeux gris et une chevelure rousse. A son teint pâle, on aurait presque pu croire qu'elle était de Kartendark. Son accent acheva des soupçons.
Ta réaction fut imperceptible, un simple clignement des yeux tandis que ton cerveau prenait la mesure des origines de cette femme. Ils étaient peu nombreux ceux qui venaient du grand nord. Et même si tu y étais né, tu n'avais ni accent ni souvenir. Seulement une vague apparence qu'on aurait pu juger comme typique.

Elle te proposais d'entrer, ce que tu te décidais à accepter. Le lieu semblait composé d'une unique pièce. Beaucoup trop grande pour le petit feu qui semblait brûler dans la cheminée, tu pouvais voir qu'ils étaient en tout quatre à se partager l'espace. Tous te regardaient avec des yeux curieux mais semblaient prêter plus d'attention à ton uniforme qu'à ta véritable personnes. Dans un sursaut de lucidité, tu te tournais vers l'enlumineuse qui refermait la porte derrière toi et t'inclinais poliment. Noble ou paysanne, cela restait une marque de respect et tu ne voulais pas que la femme à qui tu allais demander un service ne te reproche ton manque de galanterie.

-Enchanté. Répondis-tu dans un premier temps Je suis Ebao Kuza. Je suis à la recherche d'un voleur et on m'a indiqué que vous pourriez m'aider.


Avec un soin tout à fait feint tu pris la peine de sortir le vieux livre de sous ta cape. En réalité tu t'en fichais toujours autant, mais dans cet endroit où l'écriture était leur gagne pain tu te doutais que le respect des livres primait autant que le respect des personnes.
Quelle idée... C'était bien une lubie de bibliothécaire que de penser que les livres étaient un des trésors les plus inestimables.
Tu tendais le recueil à Ermaëlle et tu surveillais sa réaction devant l'antiquité. Si personnellement tu ne doutais pas qu'il aurait pu être bénéfique au feu de cheminé, tu te demandais si une enlumineuse des bas quartiers se rendrait compte de sa soit disante importance.

-Un voleur sévit actuellement dans les hauts quartiers de la ville. Il prend un malin plaisir à annoncer ses prochains vols et prouver que personnes ne peut l'arrêter. Il compte s'en prendre à cette antiquité la prochaine fois, et j'ai décidé d'en faire un faux pour parvenir à le piéger.


Mais si le dit voleur était si bon que ça, il te faudrait un faux de qualité. Ce que tu serais incapable de déceler vu ton effroyable ignorance en matière d'art ou de culture. On pouvait questionner le choix de te choisir pour cette mission de précision, quand tu étais bien plus douer pour jouer de l'épée.
Un air neutre habillant ton visage, tu décidais de poursuivre ta requête:

-J'ai cherché un faussaire dans toute la ville, mais vous vous doutez bien qu'aucun ne s'est présenté à un chevalier en armure. J'ai entendu parler de vous, je sais que vous n'êtes pas faussaire, mais on m'a assuré que vous pourriez surement reproduire ce livre à l'identique... Je vous paierai en pièce d'or, acceptez vous l'offre ?

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: Re: [Terminé]Faux et usage de faux [ft Ermaëlle]    Jeu 29 Mar - 14:30

Le chevalier entré, Ermaëlle se pressa de refermer la porte. Une fois cela fait, la jeune femme reporta son attention sur l'homme. Ce dernier s'inclinant devant elle, l'ancienne esclave ne tarda pas à l'imiter. Après quelques instants, la jeune femme se redressa et observa quelques instants la personne qui se trouvait devant elle. A son grand étonnement, Ermaëlle remarqua quelques ressemblances dans les traits du nouveau-venu avec des personnes qu'elle avait pu croiser sur les terres de l'Empire. Non, elle devait se tromper. Ce chevalier semblait être originaire d'Hetenlaüd et non pas du même pays qu'elle. Même avec cette conclusion à l'esprit, une partie de l'esprit de la jeune femme persistait à croire que les traits du chevalier se rapprochaient de ceux d'une personne originaire Katendark, sans pour autant être identiques.  

« Enchantée de faire votre connaissance, Messire Kuza. Je ne vois pas en quoi mes compétences pourraient vous être utile, mais expliquez-moi donc en quoi une enlumineuse pourrait vous aider. »

Ermaëlle se demandait bien comment elle pourrait être utile pour coincer un malfrat. Elle était écrivain public, pas soldate ou chevalier comme cet homme. C'est alors que le dénommé Ebao lui présenta un livre. Cela faisait un moment que la jeune femme n'avait pas vu un ouvrage de la sorte. De là où elle était, l'ancienne esclave aurait juré qu'il s'agissait de mémoires familiales ou de quelque chose s'en rapprochant. Les familles nobles tenaient énormément à ces recueils. Ces derniers relataient les exploits de leurs ancêtres, dont certains étaient mystifiés au point que la vérité était difficilement discernable, la vie des plus importants d'entre eux et contenaient aussi de nombreux arbres généalogiques. Certaines grandes familles nobles possédaient même plusieurs ouvrages relatant leur histoire familiale, étant donné l'ancienneté de leur lignée.

En voyant qu'Ebao lui tendait l'ouvrage, Ermaëlle se permit de le prendre. Avec un luxe de précaution, la jeune femme ouvrit le livre et le feuilleta délicatement. Les pages étaient jaunies et certaines enluminures avaient perdu de leur éclat. A cela, il fallait ajouter quelques dégâts dus au temps. Ce livre n'avait pas reçu tous les soins qui lui était nécessaire, c'était un fait. Si l'ancienne esclave s'était déjà retrouvé avec des livres dans un bien pire état, elle devait avouer qu'il y avait là un sacré travail de restauration. Tout à fait le type d'ouvrage qu'un apprenti de sa profession pourrait avoir à restaurer pour obtenir le statut d'enlumineur. Était-ce pour cela qu'on avait besoin d'elle ? La jeune femme en doutait. Ermaëlle ne voyait pas en quoi une restauration pourrait aider ce chevalier à mettre sous les verrous ce voleur d'antiquités.

La situation s'éclaira lorsque le chevalier expliqua la situation plus en détails. Ermaëlle l'écouta attentivement, refermant précautionneusement le livre par la même occasion pour s'intéresser à la couverture. Bien que légèrement abîmée, on voyait toujours distinctement les détails ajoutés ici et là par le créateur de l'ouvrage. La personne qui était à l'origine de l'ouvrage avait eu la volonté de bien faire, c'était certain. L'ancienne esclave se demandait bien à qui appartenait ce recueil. Si à Karn le nom des différentes familles nobles n'étaient pas inconnus à la jeune femme, à Hantonael la situation était tout autre.

Un faux ? Voilà un travail qui ne serait pas aisé. D'un autre côté, ce criminel se comportait d'une étrange façon. Annoncer ses crimes ? Voilà une chose qu'Ermaëlle n'avait encore jamais entendu. Cette personne devait avoir un sacré cran, pas de doute. Se ferait-il piéger par un faux ? En voilà une bonne question. Si le voleur était aussi doué qu'il en avait l'air, il ne se laisserait pas avoir par une grossière copie, c'était un fait.

Toujours à moitié plongée dans son observation, la jeune femme écouta d'une oreille distraite ce que disait l'homme. Ermaëlle ne sortit réellement de ses pensées que lorsque le chevalier lui proposa de créer la copie de l'ouvrage. Une copie ? Voilà un moment qu'elle n'avait pas fait cela. En règle générale, les enlumineurs recopiaient des livres et il était rare que la couverture ou que les détails soient identiques à l'original. Dans ce cas précis, il faudrait reproduire chaque déchirure aussi petite soit-elle, chaque tâche, chaque enluminure délavée par le temps. Si la tâche qu'on lui proposait ne semblait pas impossible aux yeux d'Ermaëlle, elle serait sûrement longue et harassante...

« Ce stratagème ne me semble pas absurde. avoua la jeune femme. La vraie question ne concerne pas le paiement mais plutôt le temps que vous me laissez pour achever une telle besogne.  Si vous voulez un faux de qualité, vous vous doutez bien qu'il ne se fera pas en une journée. Les ouvrages comme celui-ci sont de petites œuvres d'art. Faites-moi part du délai qui vous semble approprié et je verrai si mes capacités me permettent de vous donner satisfaction. »

Ermaëlle jeta un dernier regard sur l'ouvrage. Il était d'assez petite taille, rien à voir avec son propre Ouvrage qui était d'une taille assez conséquente afin de pouvoir contenir le plus d'enluminures possibles tout en ne devenant pas handicapant si l'enlumineur avait besoin de se déplacer pour une raison ou pour une autre. En ce qui concernait le nombre de pages de livre qu'avait amené le chevalier avec lui, l'ancienne esclave devait avouer qu'il était somme toute normal pour un livre de cette taille. De plus, toutes les pages ne comportaient pas des enluminures, ce qui raccourcirait le temps de travail.


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MessageSujet: Re: [Terminé]Faux et usage de faux [ft Ermaëlle]    Dim 1 Avr - 18:49

On dit que le beau varie d'une personnes à l'autre, que le véritable beau devrait être une émotion désintéressée et un idéal à atteindre mais que l'humain en est incapable car il est forcément intéressé. Aussi, quand la jeune femme qualifia ce tas de feuille jaunie "d'oeuvre d'art", tu te retins de réagir.
C'était assez facile pour toi, de rester placide et de ne pas dévoiler tes véritables émotions. On pouvait imputer ça à l'entrainement des chevaliers car il fallait en effet rester de marbre dans les pires des contextes. Mais si tu avais pu glisser quelques mots, tu n'aurais certainement pas qualifié cette antiquité d'oeuvre d'art...
Non, les seuls oeuvres d'art que tu consentais à reconnaître étaient ces peintures qui représentaient les plus beaux paysages. Tu avais toujours pensé que rien n'était plus merveilleux que ce que la nature t'offrais, et ton enfance dans les Kyls t'avait habitué aux horizons grandioses et aux milles dégradées de couleurs s'étalant sur une journée. Une peinture, capturant ces quelques instants que la nature offrait, était une oeuvre d'art. Un vieux livre qui n'exprimait rien de plus qu'un narcissisme profond d'une famille de noble était au mieux: un effort passable.

Mais c'était son métier, elle avait décidé à se consacrer aux livres et ouvrages et tu ne pouvais vraiment pas laisser déborder tes opinions sur le sujet.

-Je ne peux que vous laisser deux semaines. Et vous comprendrez que vous ne pourrez pas ébruiter ce que vous êtes en train de faire ni.. Rester ici.

Pendant deux semaines, elle allait devoir rester sous bonne garde avec le livre. Elle refuserait peut-être. Surtout si sa vocation était mue par l'envie d'aider les plus démunies, ce que tu reconnaîtrais et respecterais. Ceux qui dédiaient leur vie aux plus faibles étaient à tes yeux des gens bien plus respectables que ceux qui s'en donnaient l'air en inventant des stupides réformes du haut de leur trône. Le roi d'Hetenlaud était le parfait exemple de cette hypocrisie. Il pensait que son pays était forcément mieux que son voisin nordique, mais aussi fort qu'il était, il n'était pas parvenu à lutter contre la misère et les inégalités de son pays. Tu étais sous ses ordres, bien évidemment, mais tu aimais à penser que tu étais l'homme de main du peuple et pas seulement de l'élite de ce dernier que tu méprisais au plus haut point.

-Evidemment, vous pourrez dormir chez vous si vous le souhaitez, mais il faudra surveiller sous bonne garde car le livre doit toujours être accompagné d'un chevalier au moins.

Quel perte de temps de dédier un membre des meilleurs guerriers du pays à une tâche aussi... Inutile, avouons le !

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MessageSujet: Re: [Terminé]Faux et usage de faux [ft Ermaëlle]    Lun 2 Avr - 15:06

Deux semaines... Ermaëlle avait déjà connu tâche plus complexe. Cela signifiait juste plusieurs nuits blanches à perspective. Il lui faudrait aussi du matériel aussi. Du parchemin, un peu de cuir et surtout de l'encre. Sans oublier des pigments et de quoi fabriquer un glacis de qualité. Il fallait bien ça pour que le voleur tombe dans le panneau. Dans tous les cas, le coût des matières premières serait amortit par le paiement. Pour ce qui était de la discrétion, la jeune femme ferait de son mieux. La discrétion était le propre des esclaves, après tout.

Discrétion qui serait bien plus difficile à obtenir si un chevalier en surcot coloré la suivait tout le temps ou gardait sa porte à l'auberge. Même en civil, cela semblerait louche à beaucoup de monde de la voir accompagnée de quelqu'un. La situation aurait été bien plus simple si elle avait un réel endroit où vivre. Au moins, le fait qu'elle soit avec quelqu'un d'autre n'aurait semblé étrange à personne. De plus, certains habitants de la capitale connaissait le visage de certains chevaliers ou de certains gardes. Tout ça pour dire que l'ancienne esclave ne tenait pas à devenir une potentielle cible une fois ce contrat mené à bien. Même avec un chevalier, Ermaëlle se promit de faire deux fois attention qu'à l'accoutumée. Plus encore au vu des relations que la jeune femme entretenait avec le corps militaire de la capitale.

C'est alors que le chevalier parla de laisser son activité actuelle de côté. L'ancienne esclave jeta un regard dans la direction de ses collègues. Tous semblaient s'être remit au travail, consultant des livres de loi ou en terminant de rédiger des lettres qu'ils avaient entamé avant l'arrivée du chevalier. La jeune femme n'était pas la plus utile ici, ses connaissances juridiques étant moins importantes que celles de ses collègues, mais elle avait apprit à se rendre utile et elle apprenait beaucoup ici. Il n'y avait pas de meilleur moyen de connaître un Royaume que par ses lois. Si son absence risquait d'être gênante, Ermaëlle n'était pas irremplaçable ou indispensable pour autant. Ses comparses seraient tout à fait en mesure de faire tourner la boutique en son absence.

« Deux semaines me semble être un délai suffisant. avoua Ermaëlle, en remettant sa longue tresse autour de son cou d'un geste fluide. Pour ce qui est du reste... Vous avez du le comprendre à mon accent. Je ne suis pas d'ici. Je vis dans une auberge la plupart du temps. Je pense qu'on a connu plus sûr comme endroit, même si celle où je vis en ce moment n'est pas dans la partie la plus malfamée de la ville. Si ce lieu ne vous semble pas convenable, chose que je comprendrai aisément même si rien ne laisse présager un quelconque danger là-bas, nous trouverons une autre solution. Pour ce qui est de cette activité, il est vrai que je préférerai la continuer. Les demandes ont beau se faire rares en ce moment, de l'aide supplémentaire n'est jamais de refus.
- Ne t'en fais pas pour ça. commença Ismelle, le nez plongé dans un livre. Tu auras toujours ta place ici. Ce n'est que l'histoire de deux petites semaines, après tout. Tu seras vite de retour parmi nous. »

Ismelle avait très certainement raison. De plus, si Ermaëlle ne croulait pas sous les dettes, elle avait besoin de quelques moyens afin de pouvoir s'installer et reconstruire sa vie. Un contrat comme celui-ci ne se présenterait pas deux fois. Et si en plus la jeune femme pouvait aider à coincer un criminel... Pourquoi pas. Cela lui semblait être honorable. Elle n'aiderait juste pas les mêmes personnes qu'à l'accoutumée. De toute façon, l'ancienne esclave serait vite de retour ici. Si son absence serait remarquée, elle n'aurait rien d'étonnant, surtout avec les rotations qu'effectuaient les groupes d'écrivains publics.

« Cette offre est des plus honorables. déclara la jeune femme. Si la protection que vous souhaitez offrir à cet ouvrage est nécessaire, je m'y ferai. Vous aurez la copie que vous désirez dans les délais alloués, je ferai tout pour. Je commencerai le travail dès que vous le souhaiterez. »

Ermaëlle n'avait pas encore prit l'habitude de faire attention à la valeur des paiements. Pour elle, un travail était un travail. Quand la jeune femme était esclave, elle ne recevait qu'une somme symbolique pour ses travaux. A présent qu'elle travaillait à son compte, la question du paiement passait toujours bien après celle de la tâche à effectuer. Si Ermaëlle ne l'oubliait pas, le manque d'habitude faisait qu'elle ne demandait d'avantage de précisions sur le paiement qu'à la toute fin d'une conversation.

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Ebao Kuza
Chevalier Entêté

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MessageSujet: Re: [Terminé]Faux et usage de faux [ft Ermaëlle]    Lun 2 Avr - 21:01

Il aurait été compliqué de ne pas entendre son accent chantant à tes oreilles, cet accent que tu avais imaginé à chaque fois que tu lisais les lettres de ton propre père. Il te parut cependant très étonnant que la jeune femme ne disposât pas d'un foyer à elle seule, son travail paraissant stable on aurait pu facilement supposer qu'elle avait déjà pu trouver un abris.
Un sourire poli se glissa sur tes lèvres et tu t'inclinais une nouvelle fois quand elle accepta pour de bon.

-Avec l'or que vous allez gagner vous pourrez vous acheter votre propre chez vous. Mais je vous remercie d'accepter de m'apporter votre aide.

Evidemment, tu ne pensais pas qu'une auberge soit le lieu idéal pour laisser une enlumineuse travailler sur un objet qui valait plus cher que ton propre cheval et qui était menacé de vol par le plus agaçant des parias. C'était un espace où trop de gens passaient, et si tu postais l'un de tes hommes devant les portes de la chambre de la jeune femme, les ragots iraient de bon trains et ne tarderaient pas à arriver à l'oreille du malfrat. Tu ne pouvais pas faire confiance à un lieu où toute la ville se pressait dès que son gosier était trop sec, tu devais t'assurer que ce faux se fasse dans la plus totale des discrétions et les bas quartiers (même s'ils n'étaient pas mal famés) étaient des zones où les ragots se répandaient aussi vite qu'une épidémie.

-Vous travaillerez à la citadelle dans la zone militaire. Nous avons plusieurs bureaux qui feront parfaitement l'affaire. Nous vous fournirons tout le matériel dons vous avez besoin, ainsi l'ouvrage pourra être conservé en toute sécurité et à l'abris des rumeurs. Evidemment, vous pourrez sortir quand bon vous semble, et les soldats connaîtront votre identité afin de faciliter vos déplacements. Cette idée vous semble-t-elle acceptable ?

Tu ne voyais pas meilleur plan pouvant permettre à la jeune femme de faire son travail dans de bonnes conditions et surtout au livre d'être à l'abris du voleur pour quelque temps. Deux semaines était la durée que le malfrat allait prendre à retrouver la trace de l'ouvrage qu'il désirait. Acharné, tu ne doutais pas une seconde qu'il remuerait ciel et terre pour avoir cet objet et pas un autre, comme il l'avait annoncé. Ainsi annoncer ses vols et parvenir à les effectuer malgré les tentatives de protection n'était que la marque de quelqu'un d'incroyablement fier et imbu de lui même. Il voulait démontrer son talent, même si celui-ci était illicite et désirait par dessus tout être admiré. Sauf que tu étais bien décidé à l'arrêter.
Tu profiterais de cette période pour le chercher, chercher un individu qui recherche des rumeurs sur un livre.
Avec un peu de chance, tu n'aurais même pas besoin du faux !

Tu repris le livre et le glissais sous ta cape avant de relever la tête vers la jeune femme et ses collègues:

-Je comptes sur votre discrétion à tous, quand à vous, je vous remercie une nouvelle fois. J'enverrai un écuyer chercher la liste de ce dons vous avez besoin dans deux heures, prenez votre temps pour la faire. Je vous renverrai ce même écuyer dès demain, il vous accompagnera jusqu'à la citadelle. Cela vous convient-il ?

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Insérez ici une bonne dose de patriotisme

Crédit - Joy
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Ermaëlle Fyrnam
La Renarde Érudite

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MessageSujet: Re: [Terminé]Faux et usage de faux [ft Ermaëlle]    Lun 2 Avr - 23:33

Ermaëlle ne s'attendait pas à ce que le paiement soit si important. Se trouver un chez-elle rien qu'avec ce contrat ? Voilà une chose à laquelle elle ne s'attendait pas ! Certes, l'ancienne esclave avait mit quelques pièces de côté, le reste de ses salaires étant réservé au paiement de son ardoise à la taverne. Bien sûr, avec de la volonté, Ermaëlle aurait pu se trouver une chambre ailleurs ou un logement lui convenant. Mais il y avait-là un problème. Si le travail d'Ermaëlle était pour le moins stable, il n'en restait pas moins que la jeune femme cherchait à prendre ses marques. Elle ne connaissait pas encore assez la capitale pour savoir si elle voulait s'y installer. Pour être franche avec elle-même, l'ancienne esclave ne savait même pas s'il n'était pas plus judicieux de prendre un mode de vie plus nomade, afin d'échapper plus facilement à son passé.

Lorsque Ebao s'inclina, Ermaëlle eut le réflexe de faire de même. La jeune femme n'y pouvait pas grand chose. Son éducation avait été faite ainsi. L'ancienne esclave connaissait tout un tas de manière de s'incliner et toutes avaient un sens plus ou moins important à Karn. Après tout, elle représentait la réputation de la maisonnée de son maître, comme les autres esclaves. Si les gens comme elles ne savaient pas se montrer polis, l'image de la lignée qu'elle servait en serait altérée d'une manière ou d'une autre. Après tout, qui pouvait respecter un maître qui n'était même pas capable d'inculquer les bonnes manières aux esclaves qui le servaient et qui étaient à ses côtés quotidiennement ? Si les esclaves qui n'étaient jamais au contact du maître pouvaient se passer de ce type d'apprentissage, les esclaves comme Ermaëlle se devait d'être toujours on ne peut plus présentables.

La jeune femme chassa ces pensées de son esprit. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'Ermaëlle apprit qu'elle travaillerait et vivrait un temps à la Citadelle. Si l'idée ne l'enchantait pas réellement, il fallait avouer que c'était-là la meilleure solution. Le chevalier pourrait même venir s'assurer par lui-même de l'avancement de l'ouvrage, s'il lui souhaitait.

« Cela me semble être une solution tout à fait convenable. répondit la jeune femme, en hochant la tête pour appuyer ses propos. Si c'est ce qu'il faut pour coincer ce voleur, je m'y ferai sans mal. »

Après tout, la Citadelle était peut-être un endroit où il faisait bon vivre. Du moins, c'était ce que se disait la jeune femme pour se rassurer. Deux semaines... Cela passerait vite. De plus, Ebao avait dit qu'elle serait libre de ses mouvements. C'était là un très bon point. Si Ermaëlle pouvait rester plusieurs jours sans sortir de la pièce où elle se trouvait pour travailler, il lui fallait des moments de repos où elle pourrait prendre l'air.

Les écrivains publics se dévisagèrent quelques instants, avant de hocher la tête de concert. Ermaëlle savait que ses collègues ne parleraient pas. Après tout, personne ne tenait à devenir un complice de ce voleur sans s'en rendre compte en parlant de trop. Ismelle était sûrement celle qui avait le moins de risque de dire un mot sur ce qui venait de se passer. D'après ce que savait l'ancienne esclave, sa collègue était mariée à un garde, ou en tout cas à un membre du système militaire de la ville. Autant dire que cela n'aiderait pas son époux si elle parlait d'une affaire en cours de résolution.

« La liste sera prête quand l'écuyer se présentera. affirma Ermaëlle. Pour ce qui est de demain, qu'il passe ici, je l'attendrai devant cette bâtisse. Mieux vaut éviter qu'il aille jusqu'à l'auberge. Cela nous évitera de perdre du temps. »

Et surtout d'être remarqués. Si quelqu'un la voyait près de l'auberge avec quelqu'un, cela étonnerait sûrement beaucoup de monde. Et Ermaëlle, malgré la reconnaissance et la sympathie qu'elle éprouvait pour les habitants des lieux, elle savait aussi très bien que certains avaient la langue bien pendue. Mieux valait éviter que l'affaire en cours s'ébruite d'avantage.

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[Terminé]Faux et usage de faux [ft Ermaëlle]
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