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 |TERMINE] Une étrange rencontre entre terre et ciel.

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: |TERMINE] Une étrange rencontre entre terre et ciel.    Lun 19 Fév - 22:33

Tout était différent. Absolument tout. Le seul point commun entre Hantonael et Karn devaient être  le fait que ces deux villes étaient les capitales de leurs Royaumes respectifs. En dehors de cet état de fait, les deux villes étaient comme le jour et la nuit. Ermaëlle n'avait connu que la seconde, son lieu de naissance d'après son ancien maître. Une capitale immense, fortifiée de toute part et dans laquelle seuls certains nobles, des proches de l'Empereur, pouvaient résider. Une ville faite pour la guerre, pour tenir un siège plus long que tous les hivers qu'avait connu la jeune femme. Un endroit sécurisant pour elle, aussi étrange que cela puisse paraître. A ses yeux, Karn n'était pas plus froide qu'une autre cité. C'était son chez-elle, sa maison, son foyer. Certes, elle n'avait pas de famille, mais cette ville fortifiée avait été le seul endroit qu'elle avait connu de toute son existence. Même en étant esclave, Ermaëlle savait qu'elle avait été une privilégiée. Les esclaves comptaient chers, pour certains. Leurs maîtres ne pouvaient se permettre de les '' abîmer '' de trop, sans quoi leurs acquisitions devenaient totalement inutiles. Bien sûr, il y avait des privations et des punitions, mais Ermaëlle se demandait bien si elle aurait pu devenir une femme lettrée sans avoir été esclave auparavant. Très peu de paysans avaient accès à une éducation convenable. Quel étrange paradoxe que voilà. Elle était née enchaînée, mais était d'une certaine manière plus libre que certains habitants de son territoire d'origine...

Ermaëlle secoua la tête. Après tout, cela n'avait plus beaucoup de sens à présent. Elle était considérée comme une femme libre, à Hantonael. Du moins, si elle ne remettait jamais les pieds dans les territoires de l'Empire de Kartendark. Là-bas, elle serait à nouveau considérée comme étant une esclave, et certains profiteraient certainement de sa situation délicate pour des raisons diverses que la jeune femme fit en sorte de bannir de son esprit. Pour le moment du moins, Ermaëlle sachant pertinemment que des pensées parasites de ce genre reviendraient d'ici très peu de temps habiter son esprit...

L'ancienne esclave poussa un petit soupir. Hantonael était plus lumineuse que Karn, plus altière. Et céleste, pour ainsi dire. Il suffisait de se promener dans le Parc Suspendu ou les rues du même acabit. Ici, une partie des constructions tutoyait les cieux et semblait s'harmoniser avec eux. Ermaëlle en avait presque le vertige. Elle n'avait jamais vraiment quitté la terre ferme. Autant dire que se retrouver à plusieurs mètres de ce qui devait être le sol, si toutefois il y en avait réellement un chose dont l'ancienne esclave doutait parfois, n'était pas pour lui plaire. Ermaëlle savait qu'elle devait se faire violence cependant. Les Rues Suspendues étaient le seul moyen de rejoindre certains endroits de la capitale. C'était un passage obligé, vertige ou non.

Pour éviter de penser au vide tout proche, Ermaëlle entreprit d’observer les constructions se trouvant dans les environs. Certaines habitations étaient comme suspendues dans le vide, retenues par des pans de ce qui semblait être de la pierre. L'ancienne esclave se demandait bien comment un tel miracle était possible. Les architectes d'Hantonael devaient être de grands savants pour parvenir à tels prouesses architecturales. L'ancienne esclave ne put s'empêcher que ce genre de décor aurait fière allure en illustration ou en enluminure. Bien sûr, il était impossible de tout représenter, mais Ermaëlle était certaine qu'en ne prenant que certains bâtiments en compte, elle pouvait créer une enluminure tout à fait convenable. Si seulement elle avait de quoi s'acheter du matériel... Les écrivains publics avaient beau être utile, leur salaire n'était pas des plus élevé. Les pièces récoltées par Ermaëlle lui permettait de se nourrir convenablement tout en ayant un toit plus ou moins régulièrement. Elle allait devoir économiser un moment pour racheter les pigments dont elle avait l'habitude...

D'un autre côté, rien n'empêchait Ermaëlle de s'arrêter un moment et de faire quelques esquisses. Elle pourrait toujours les enluminer plus tard, quand elle en aurait les moyens. De plus, la jeune femme devait s'entraîner pour ne pas perdre la main. Elle n'avait pas suivit un apprentissage de plusieurs années pour ensuite perdre tous ses acquis à cause d'un simple manque de pratique. Mais où s'arrêter pour ne pas gêner les autres et ne pas attirer de trop l'attention ? Fébrilement, Ermaëlle serra sa main droite sur la sangle de sa besace. Non, il n'était pas question de s'arrêter. Il fallait qu'elle retourne à couvert. Ici, elle ne se sentait décidément pas en sécurité...

Marchant d'un pas vif, mais incertain, Ermaëlle cherchait un moyen de faire taire ses angoisses. Si la marche lui permit d'oublier en partie ses craintes, l'ancienne esclave ne tarda pas à comprendre qu'elle avait un autre problème sur les bras. S'arrêtant net, la jeune femme regarda tout autour d'elle. Décidément, cette partie de la ville ne lui disait rien. Déglutissant difficilement, Ermaëlle tenta de se remémorer les rues et ponts qu'elle avait traversé. Sans résultat. L'ancienne esclave devait se rendre à l'évidence. Dans sa panique, elle s'était perdue... Elle était devenue une proie facile...


Dernière édition par Ermaëlle Fyrnam le Jeu 22 Fév - 19:22, édité 1 fois
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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: |TERMINE] Une étrange rencontre entre terre et ciel.    Mar 20 Fév - 0:04

Il y avait bien longtemps que le regard des gens ne m'atteignait plus, même si je pouvais toujours comprendre le fait que ça impressionnait toujours de voir quelqu'un comme moi se balader dans une cité aussi somptueuse qu'Hàntonael. Mais je savais également que je pouvais m'y rendre tous les jours si je le voulais, l'étonnement au sein de la population restera comme si c'était leur première fois. Dans mes débuts en tant qu'apprenti Gardien, j'avais senti cette fascination d'autrui me monter à la tête, comme bien des jeunes dans ma situation sans doute. J'avais adoré me pavaner auprès des gens, et j'appréciais leur soutien, leur offrande, et tout ce qu'ils avaient semblé bon de faire et de m'offrir pour montrer à quel point j'étais un bienvenu. Tel était le destin des Gardiens sans doute que d'être autant acclamé.

Tout ceci s'était éclipsé avec le temps. Désormais, je restais indifférents à tous ces regards. Pas par cruauté, ou pas réelle indifférence, mais par maîtrise de soi et pas un ego qui s'était égaré durant mon apprentissage. J'avais acquis la sagesse des grands Arlaüds pour en devenir un à mon tour et il n'y avait pas plus humbles personnages que nous autres. Je devais reconnaître que les regards étaient plus tournés sur Dementör. Il en imposait, c'était peu dire. Alors tout le monde pointait les prunelles vers les cieux pour admirer jusqu'à son large bec tandis qu'il me suivait d'un pas lent et calculé afin de n'écraser personne en chemin.

On allait souvent en ville, faire une ou deux patrouilles, s'assurer que tout allait bien. Mais étant né ici, j'avais toujours eu une préférence d'y aller plus souvent que les autres. Dementör avait l'habitude de se faufiler dans les rues et les avenues malgré sa grande taille. Il était bien agile pour ça. Chacun de ses pas étaient précis, placé là où il n'y avait rien ni personne. Et nous traçons ainsi notre chemin dans les Rues Suspendues qui menaient aux "étages" de la cité, vers les quartiers plus nobles. Mes origines. Je menais la marche, et le Laüd suivait docilement derrière moi. Les gens s'écartaient volontiers sur notre passage et on pouvait sans cesse se demander comment ces ponts de pierres qu'étaient ces rues tenaient sous le poids de l'imposante créature bleue. Disons qu'elles étaient un peu fait pour ça aussi.

Je n'avais pas de raison particulière de me trouver en ville aujourd'hui, si ce n'était que de faire patrouille. Peut-être qu'à l'occasion, j'irais rendre une petite visite à la famille aussi. Cela restait une décision à prendre plus tard. C'est alors que, suivant une nouvelle rue dans les airs, sentant une douce brise souffler ma longue chevelure noire en arrière, je passais à côté d'une jeune femme qui me faisait dos. En général, je n'aurais naturellement pas prêté attention à cette dernière, jusqu'à ce que j'entendis un léger mugissement derrière moi. Dementör n'avait pas fait assez attention, en me suivant, de sa patte griffue, il bouscula légèrement la demoiselle et comme pour s'excuser auprès d'elle, il l'avait regardé de ses yeux de rapaces avant de pousser son petit cri qui sonnait presque comme une plainte, s'étant arrêté au passage. Je m'étais arrêté aussi, et avais jeté un oeil par dessus mon épaule pour voir ce qui se passait. Finalement, je revins sur mes pas, vers la jeune femme à la chevelure presque aussi longue que la mienne, mais d'une couleur bien plus chaleureuse. Je fis une légère courbette en guise d'excuse également avant de lui dire :

- Ah, veuillez lui pardonner sa maladresse, il a visiblement mal évaluer la distance.

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: Re: |TERMINE] Une étrange rencontre entre terre et ciel.    Mar 20 Fév - 0:51

Alors qu'Ermaëlle vérifiait si elle n'était pas suivie, quelqu'un la bouscula. La jeune femme manqua de perdre l'équilibre, et si elle n'avait pas retrouvé une certaine stabilité, il y avait de grandes choses qu'elle se soit retrouvée au sol en quelques instants. L'ancienne esclave se retourna précautionnement, histoire de voir celui ou celle qui venait de la bousculer. Quel ne fut pas son effroi en voyant la bête qui l'observait !

Ermaëlle ne put s'empêcher de regarder l'immense créature qui se tenait non loin d'elle, les yeux écarquillés. Les lèvres tremblantes, la jeune femme ne parvenait pas à prononcer le moindre mot. C'était la première fois qu'elle voyait une créature pareille. Si grande si... L'ancienne esclave n'arrivait même pas à mettre des mots sur ce qu'elle voyait. Toujours est-il que l'immense bête l'observait, de ses grands yeux bien trop expressifs pour appartenir à un simple animal. La plainte émise par la créature surpris à un tel point la jeune femme, que celle-ci recula de plusieurs pas, serrant sa besace contre elle, comme si elle pensait que l'objet ferait une protection efficace face à une telle créature. Au bout de trois ou quatre pas, Ermaëlle sentit le sol se dérober sous elle. Avec un petit cri de surprise, l'ancienne esclave se retrouva sur le dos, son sac tombant lourdement sur sa poitrine. Ermaëlle retint  de justesse un juron, le poids du livre se trouvant sa besace ayant manqué de lui couper la respiration.

C'est alors que la jeune femme remarqua l'homme qui accompagnait l'immense créature. Immédiatement, Ermaëlle se redressa, faisant en sorte de s'asseoir. Néanmoins, sa position, peu naturelle, indiquait que l'ancienne esclave n'attendait qu'une ouverture afin de s'enfuir. Cependant, Ermaëlle fut coupée dans son élan en voyant l'étrange comportement de l'homme. Depuis quand  se courbait-on devant elle ? Elle n'était pas une noble ou une personne importante. Normalement, c'était elle qui s'inclinait, pas l'inverse... Cette situation était de plus en plus étrange.

L'homme s'excusa pour sa créature. Le regard pâle d'Ermaëlle passa plusieurs fois de la créature à son maître, l'incompréhension se lisant sur ses traits. Depuis quand un animal pouvait-il évaluer les distances ou ne serais-ce que penser à cela ? Le regard de la jeune femme se planta alors quelques instants dans celui de la créature. Non... Il ne s'agissait pas d'un simple animal...

« … Un Laüd... » murmura Ermaëlle.

De toute sa vie, l'ancienne esclave n'avait jamais pensé croiser une créature de ce genre un jour. Au mieux, elle en avait vu quelques illustrations, mais elle savait qu'en restant à Karn, elle n'en croiserait jamais. Ou alors, si c'était le cas... Ermaëlle n'avait jamais voulu y penser. Après tout, les affaires de l'Empereur ne la concernait pas, pas plus que celles de certains nobles...

Mais alors, si c'était bien un Laüd... Ermaëlle se permit de jeter un petit regard dans la direction de l'homme. Il devait être son Ars. La jeune femme sentit un frisson lui parcourir le dos. Elle qui voulait passer inaperçue, la voilà feintée ! Elle venait d'être vu par des Gardiens ! Que devait-elle faire ?! Une partie de son être lui commandait de fuir, et l'autre de rester passive, pour éviter de faire preuve d'un comportement plus suspect que celui qu'affichait déjà l'ancienne esclave en temps normal ! Pourquoi fallait-il que ses pensées soient toujours aussi contradictoires ?! Ermaëlle secoua la tête, tâchant de retrouver son calme ou au moins faire comme.

« … Je... Il... Ermaëlle jeta un nouveau regard dans la direction de Laüd. Il... Il est... Impressionnant... »

Ermaëlle se maudit d'avoir prononcé ces mots. Il aurait fallut qu'elle dise que le Laüd était pardonné, et non pas qu'il l’impressionnait ! Ce qu'elle pouvait être empotée ! Plus ce semblant de discussion avançait et plus la jeune femme se sentait idiote ! Pour rattraper sa bourde, Ermaëlle continua, sur le même ton :

« ... Pas étonnant qu'il ne m'ait pas vue... Se... Se sont des choses qui arrivent... »


Dernière édition par Ermaëlle Fyrnam le Mar 20 Fév - 22:08, édité 1 fois
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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: |TERMINE] Une étrange rencontre entre terre et ciel.    Mar 20 Fév - 1:18

La jeune femme se figea comme si elle venait immédiatement d'être changée en statue de pierre face à la bête. Dementör la fixait de ses yeux ambrés mais remarquait le comportement anormal de la jeune humaine face à lui. Il n'avait pas forcément l'habitude à ce qu'on prenne peur, surtout ici, surtout à notre époque. Tout le monde pouvait le reconnaître, voir qui il était. On le flattait, on le vénérait, on l'acclamait...Mais on ne tremblait certainement pas comme une feuille sous le vent devant lui. Pour tout vous dire, je n'avais pas tout de suite remarqué cette frayeur qui parcourait le regard de la femme. De ce côté là, Dementör était plus attentionné que moi pour s'en rendre compte. Moi, j'avais avant tout voulu mettre de côté l'erreur de la maladresse commise. Et j'avais tout autant peu l'habitude d'être accueillit par la terreur d'autrui.

Lorsque la jeune inconnue tomba à la renverse, je ne pu m'empêcher de me sentir déconcerté par cela. Les gens qui assistaient à la scène en faisaient de même. Ils ne devaient pas plus comprendre la peur de la jeune femme. Mais par politesse -il me semble- beaucoup d'entre eux passèrent également leur chemin. Je m'approchais d'avantage de la demoiselle. Je ne pensais vraiment pas que Dementör aurait pu un jour susciter ce genre de réaction. Mais il ne m'en fallu pas longtemps pour songer à la meilleure des hypothèses face à cela : cette femme n'était pas d'ici. Elle venait sûrement d'un autre pays, ce qui expliquerait qu'elle aurait vu un Laüd pour la première fois de sa vie, d'où sa réaction. Je ne voyais pas tellement d'autres possibilités. A moins qu'elle ait eu une mauvaise expérience avec l'un de mes camarades Gardiens, ce qui m'étonnerais d'avantage.

Je m'excusais donc pour ce qui était arrivé, ce qui se s'avéra plus que demandé vu qu'elle en était même tombée. Son regard exprimait toujours autant de stupeur, quand bien même je m'étais inclinée pour habillé mes paroles. J'étais d'un ordinaire courtois. J'ai grandi dans la noblesse et les bonnes manières étaient de mise et ne m'avaient jamais quitté, même chez les Gardiens. C'était la moindre des choses que je pouvais faire. Par ailleurs, Dementör l'avait remarqué. Aussi, le Laüd décida de m'imiter en posant une patte en avant et abaissant sa tête vers le sol. Il devait se dire que cela aiderait peut-être l'humaine à moins le craindre. Il se redressa finalement, m'adressant un regard, se demandant sûrement s'il avait bien fait. Mon attention, quant à elle, était portée sur la demoiselle qui venait de murmurer quelque chose. Voilà qui confirmait mes soupçons. J'adressais alors à mon tour un regard sur Dementör avant d'observer l'inconnue.

- Oui, fis-je, je ne crois pas me tromper en supposant que c'est la première fois que vous en voyez un. J'en conclus que vous n'êtes pas du coin, n'est-ce pas ?

Je me penchais légèrement vers elle avant de lui tendre la main pour l'aider à se relever. Car on pouvait dire tout ce qu'on voudra, mais traîner par terre, ce n'était pas très appréciable. La jeune femme bégayait. Elle se fascinait sûrement sans le vouloir de la bête, mais en restait visiblement très craintive. Je pouvais comprendre que voir un Laüd pour la première fois pouvait être perturbant. Moi-même je me souvenais encore du jour où j'en avais vu un pour la première fois de ma vie. A ses mots, je redressais le visage vers celui de mon compagnon ailé avant de lui traduire ce qu'elle venait de dire, en Langue des Anciens, rien que pour lui. Les plumes bleues de Dementör se hérissèrent doucement de fierté tandis qu'il redressa la tête également. Fierté qui demeura quelques secondes avant de retomber en curiosité vis à vis de la jeune fille.

- Cela ne devrait pas arriver,
répondis-je calmement, vous n'avez pas le craindre, il ne vous fera absolument aucun mal. Je peux vous l'assurer.

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: Re: |TERMINE] Une étrange rencontre entre terre et ciel.    Mar 20 Fév - 22:05

Quand le Laüd s'inclina, Ermaëlle resta aussi stoïque qu'une statue de glace. C'était de plus en plus étrange ! Néanmoins, la jeune femme, bien que très gênée, devait avouer qu'elle se sentait aussi étrangement honorée de recevoir ce genre d'attention de la part d'une telle créature. Tout de même morte de gêne et toujours aussi craintive, l'ancienne esclave n'osa pas accepter la main de l'Ar. Décidément, elle qui ne souhaitait pas se faire remarquer avait réussit à faire tout le contraire ! Elle avait bien remarqué le regard gêné de certains passants. La jeune femme aurait préféré faire meilleure impression, tout en évitant d'être suspecte... Il fallait vraiment qu'elle se renseigne sur les mœurs des habitants d'Hantonael. Cela lui éviterait bien des soucis...

Tâchant de faire taire les questions qui affluaient dans son esprit, la jeune femme finit par se dire qu'elle ferait mieux d'accepter l'aide de l'Ar, histoire de faire cesser cette étrange situation qui la mettait de plus en plus mal à l'aise. Malgré ses craintes, Ermaëlle finit donc par accepter la main de l'homme. Une fois campée sur ses jambes, Ermaëlle esquissa un sourire gêné. Le Ar avait raison, en lui demandant si elle n'était pas d'ici. Entre son léger accent des terres de Kartendark ou sa manière de se comporter en certaines circonstances, il n'était pas difficile de comprendre qu'elle n'était pas originaire d'Hantonael. Si tout le monde avait adopté un langage commun, chaque peuplade avait gardé des expressions ou encore un certain accent qui permettait plus ou moins de savoir d'où venait une personne, surtout si les brassages étaient peu fréquents au sein d'une population donnée.

Une autre question se posa alors à l'ancienne esclave. Devait-elle mentir ou dire la vérité ? Mentir à un Ar n'était pas la meilleure idée au monde, c'était certain, mais Ermaëlle ne pouvait pas se permettre d'avouer l'entière vérité sur son compte. Elle ne savait pas qui pouvait les écouter en ce moment, et cette partie de sa vie ne regardait qu'elle. Elle et les personnes qui voulaient retrouver l'ouvrage qu'elle était  obligée de garder avec elle bon gré mal gré.

« En effet, c'est la première fois que je vois un Laüd. avoua Ermaëlle, en regardant la majestueuse créature une nouvelle fois, toujours aussi impressionnée. Je suis arrivée à Hantonael il y a très peu de temps. L'ancienne esclave regarda autour d'elle, comme si elle craignait que quelqu'un puisse les entendre. Voyant que rien ne sortait de l'ordinaire, la jeune femme se permit de reprendre sa phrase, sur un ton plus bas. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je suis originaire de Karn. Je suis une ancienne esclave. Une affranchie. »

Ermaëlle appuya bien sur le dernier terme qu'elle avait prononcé. Une affranchie. C'était ce qu'elle aurait du être. Ce n'était qu'un demi-mensonge. Elle avait économisé pendant des années pour retrouver sa liberté, mais on lui avait volé ce droit. Elle avait un métier, une utilité, elle était une femme lettrée. A Karn, elle aurait pu se mettre à son compte, ou retourner travailler chez son ancien mentor. Ses projets appartenaient au passé. Tout ça à cause d'un livre qu'elle avait eu le malheur d'avoir en sa possession et de faire en sorte de traduire...

Les sombres pensées de la jeune femme la quittèrent quelques instants quand elle vit le Laüd redresser la tête et hérisser certaines de ses plumes suite à l'étrange langage utilisé par son Ar. C'était son '' compliment '' qui lui faisait cet effet ? Non, c'était sûrement autre chose... Ermaëlle ne savait pas quoi en penser. Si c'était réellement le cas, l'ancienne esclave se sentait honorée d'avoir pu amuser un tant soit peu le Laüd. Les plumes de la créature finirent par retomber, et l'ancienne esclave sentit à nouveau le regard du Laüd sur elle. Elle était si étrange que ça, pour lui ? Question idiote. Évidemment qu'elle était étrange. En tout cas, sa conduite actuelle l'était...

Aucun mal ? Au vu de la taille de la créature, Ermaëlle ne pouvait s'empêcher d'en douter. Après tout, elle venait du Peuple dont l'Empereur souhaitait s'accaparer les Laüds et leurs camarades Humains. D'un autre côté, elle n'avait jamais rien fait de mal. Elle avait juste servit des nobles proches de l'Empereur, sans pour autant avoir accès aux dossiers les plus privés. Heureusement d'ailleurs, sa vie serait sûrement encore plus en danger qu'elle ne l'était à présent...

Ermaëlle chassa cette idée de son esprit. Avec tout ça, elle en oubliait les politesses les plus élémentaires ! L'ancienne esclave tapota ses vêtements pour en ôter la poussière avant de remettre correctement sa tresse autour de son cou, telle une écharpe. Une fois cela fait, la jeune femme passa sa main droite sous sa cape, la portant au niveau de son cœur. Ensuite, elle avança l'un de ses pieds légèrement, avant de mettre son autre main dans son dos, de manière à ce qu'elle ne soit plus visible. A la fin, Ermaëlle se courba de moitié. Chez son maître, et chez d'autres familles nobles, les saluts étaient plus ou moins ritualisés. Les esclaves avaient donc leur propre salut, qu'ils devaient effectuer face à une personne plus importante qu'eux. Et aux yeux de l'ancienne esclave, tous les signes étaient réunis pour qu'un salut de ce genre soit de rigueur.

« Je suis Ermaëlle Fyrnam, de Karn. Ancienne esclave à talent, je suis désormais enlumineuse de profession, mais écrivain public quand la situation l'exige. Veuillez excuser mon comportement précédent. Je ne suis pas encore habituée aux mœurs de ces terres. Néanmoins, je n'y causerai aucun trouble. »

Sa tirade achevée, Ermaëlle se demanda si elle avait le droit de se redresser ou non. A Karn, les maîtres signifiaient à leurs esclaves quand ils avaient le droit de reprendre leurs occupations. Ici, la jeune femme n'avait aucune idée de la manière d'agir. Devait-elle se redresser d'elle-même ou attendre un signal de l'Ar, qui était mieux classé qu'elle hiérarchiquement ? Incapable de prendre une décision, la jeune femme resta un moment ainsi. Comme quoi, elle n'avait pas fini de se faire remarquer... A croire que sa chute n'avait pas suffit pour la ridiculiser auprès des habitants de la ville...
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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: |TERMINE] Une étrange rencontre entre terre et ciel.    Mer 21 Fév - 0:43

Ceux qui assistaient à la scène ne pouvaient que s'émerveiller de voir Dementör en action. Un Laüd qui s'incline, c'était bien trop rare pour passer inaperçu et tellement gracieux à observer. Même moi, pourtant habitué à toutes les postures dont pouvait être capable le Laüd, je devais reconnaître que je me réjouissais intérieurement de le voir un peu plus ouvert que d'ordinaire. La jeune femme était loin de s'en fasciner. C'était tout le contraire. Elle ne semblait pas même comprendre la nature du geste de l'animal. Par ailleurs, j'avais beau tendre la main vers elle, dans le seul but de l'aider à se redresser, mais elle avait l'air hésitante. Que craignait-elle de moi ? Une agression ? Un coup en traître ? Je m'en étonnais. Elle connaissait les Laüds malgré tout, j'étais persuadé qu'elle savait que nous étions Gardien. De ce fait et part définition, ce genre de coup bas était bien loin de nos habitudes. Nous étions des protecteurs du peuple, pas des voyous de rues. Et quand bien même je n'aurais pas été Gardien, mon ascendance de noble m'aurait elle-même empêcher d'être de fréquentation douteuse.

Mais soudain, je sentis les doigts fins de la jeune femme se glisser dans ma paume. Je les enserrais doucement en une prise suffisante avant de rabattre mon bras vers moi, servant de soutien pour la demoiselle qui se remit sur ses jambes. Sitôt fait, nos mains se séparèrent immédiatement, mais je gagnais un premier sourire de la part de l'inconnue. Pour ma part, j'étais déjà un peu plus satisfait qu'elle m'ai enfin fait confiance. Si on pouvait appeler ça comme ça. Maintenant qu'elle était de nouveau debout, les choses semblaient être de retour à la normale. Les gens faisaient moins attention à elle et c'était toujours Dementör qui attirait le plus de regard. Ce dernier restait sur le rebord de la rue, contre le muret de pierre, laissant sa longue queue pendre par-dessus, dans le vide. L'inconnue me confirma alors qu'elle n'était pas d'ici et qu'elle voyait un Laüd pour la première fois. Le fait qu'elle soit ici depuis peu expliquait pourquoi elle n'avait pas l'air très sereine en ce lieu. C'est intrigué que je la vis ensuite surveiller les alentours comme si on nous épiait, ce dont je doutais fort. Dementör aurait senti la moindre tension dans l'air. Avec étonnement, j'appris sa ville d'origine, la capitale de l'Empire de Kartendark ! Dementör, qui ne comprenait pas la langue classique des humains, avait néanmoins eut l'ouïe fine pour reconnaître le nom de cette cité. Un grondement sourd s'échappa de sa gorge tandis que son attention s'était à nouveau tournée vers la jeune fille. Je ne pouvais pas lui reprocher de ne pas apprécier ce nom. Mais néanmoins, je voulais en savoir d'avantage, car il était bien rare de croiser des Kartendarkors en Hetenlaüd, surtout avec la surveillance des frontières.

Une esclave. Oui, Kartendark était notamment connu pour ses esclaves. Dès qu'il s'agissait de plaire à la noblesse de ce pays, tout était permis, même le trafic de vie humaine. Voilà quelques années maintenant que l'Empire du nord s'était calmé mais je n'osais même pas imaginer la vie que la population avait là-bas. En soi, je comprenais la présence de cette femme ici. Je devais supposer que c'était toujours mieux à vivre. Je la considérais un instant avant de répondre :

- Je vois...Vous êtes la première esclave affranchie que je rencontre. Vous parlez de sorte parce que vous craignez que cela vous soit reproché ? La vie ici est loin d'être similaire à la rudesse du pays d'où vous venez. Les craintes à avoir sont moindres.

Le regard de Dementör avait changé depuis qu'il avait deviné tout seul l'origine de la jeune fille. Mais il ne fit rien de plus que d'en dévoiler une soudaine méfiance. Moi-même, je n'étais pas un homme à qui la confiance s'accordait à tout va. Mais j'étais assez instinctif et je doutais fortement avoir affaire à une ennemie en face de moi. Par ailleurs, celle-ci s'inclina à son tour en guise de salut avant de se présenter convenablement, visiblement dans les règles d'un art qui ne venait que de chez elle. Il n'y avait jamais eu d'esclaves en Hetenlaüd. Par conséquent, c'était une situation qui avait tendance à me dépasser un peu. Je ne savais d'eux que ce que tout le monde globalement savait. Le strict minimum. Je me doutais que les esclaves savaient faire des choses -ce qui paraissaient logique- mais je devais le reconnaître, je ne pensais pas autant.

- De votre savoir-faire, cela ne devrait pas être trop difficile de trouver ici de quoi refaire votre vie, non ?

J'ignorais où en était sa situation à vrai dire. Je ne savais pas si elle avait un réel travail, sûr et stable, un foyer, ou même assez d'argent pour manger à sa faim.

- Redressez-vous donc, ajoutais-je en me rendant compte qu'elle demeurait immobile, je ne dispose d'aucun titre de seigneurie qui justifie une telle attention.

Même si j'étais parmi les hauts-gradé du pays, en tant que Gardien, je vivais en dehors de la société et n'était pas atteint des mêmes moeurs. Et ce, même en tant que noble de naissance. Ce genre de courbette, elle devait se les réserver pour la grande royauté plutôt.

- Je me nomme Ásmundr Krönos. Gardien au rang d'Arlaüd. Et je vous présente Dementör, celui qui partage mon destin. Je suis enchanté de faire votre rencontre. Et vous êtes toute pardonnée. Je ne peux qu'avoir une vague idée de la tourmente qu'a engendré votre nouvelle vie et vous souhaiter de vous y adapter rapidement.

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Ermaëlle Fyrnam
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MessageSujet: Re: |TERMINE] Une étrange rencontre entre terre et ciel.    Mer 21 Fév - 20:44

Serrant sa besace contre elle, Ermaëlle ne put s'empêcher d'avoir un léger mouvement de recul en entendant le grondement du Laüd. Ce sac contenait ses derniers souvenirs de sa ville, de son ancienne vie. En leur présence, la jeune femme était rassurée. Du moins, généralement. Le grondement du Laüd ne lui inspirait rien de bon. Certes, l'Empereur n'avait pas les meilleurs desseins pour les Laüds, mais tout de même ! Elle ne ferait pas de mal à une mouche ! L'ancienne esclave n'était pas là pour s'attirer des ennuis ! Déjà qu'elle n'osait même pas voler pour se nourrir, elle n'allait tout de même pas s'en prendre à une créature aussi immense ou à l'homme qui l'accompagnait !

« Je me doute... C'est juste que... Ermaëlle poussa un petit soupir. C'est juste une vieille habitude. Une manie dont je vais faire en sorte de me défaire. »

Ou au moins essayer de s'en défaire, Ermaëlle ne pensant pas qu'une telle chose soit possible. Parfois, elle se retournait même en entendant le bruit de ses propres pas ! S'en était pitoyable... L'ancienne esclave, d'avantage anxieuse depuis qu'elle avait comprit la méfiance que le Laüd affichait à son égard, baissa le regard. Elle ne redressa les yeux qu'au moment où l'Ar reprit la parole.

La jeune femme ne pouvait pas se permettre de s'arrêter pour le moment. Certes, la capitale était sûrement plus sûre qu'un village plus éloigné, mais la jeune femme ne savait pas si elle avait réellement sa place ici. Si l'ancienne esclave s'était arrêtée un moment, c'était surtout pour travailler un peu ici et là, en espérant accumuler un peu d'argent pour ensuite continuer son périple. Depuis son arrivée, elle avait mis ses talents d'écriture à contribution pour éviter de devoir dormir dehors, mais cela ne lui permettait pas réellement de pouvoir manger tout le temps comme elle le désirerait. Si l'ancienne esclave mangeait une fois ou deux en deux jours, elle en était déjà bien heureuse. Le reste du temps, pour calmer sa faim, la jeune femme vivait sur ses maigres réserves. En effet, à chacun de ses repas, Ermaëlle mettait un peu de nourriture de côté. Ainsi, elle pouvait toujours picorer quelque chose entre deux repas un peu plus copieux. C'était là une habitude d'esclave. En effet, si chacun était plus ou moins nourrit, il n'était pas rare que les adultes mettent de côté une partie de leur portion. Ainsi les enfants et les plus vieux, qui souffraient plus facilement de la faim, avaient quelque chose de plus dans l'estomac. Quand il faisait plus froid qu'à l'ordinaire, ce genre de pratique pouvait sauver des vies.

Néanmoins, l'ancienne esclave n'était pas aveugle. Son état de santé s'était détérioré depuis qu'elle courait les routes et les chemins. Le sommeil lui manquait souvent car même à l'abri dans une auberge, elle ne pouvait s'empêcher de penser à tout ce qui pourrait lui avouer si, par malheur, elle dormait trop longtemps. Ses repas, sûrement trop rares, faisaient qu'elle avait perdu un certain poids depuis qu'elle avait quitté Karn. La dernière fois, elle avait eu la mauvaise surprise de remarquer que ses cheveux avaient ternis et que ses joues commençaient à se creuser. A moins que cette vision ne soit due à sa peau qui lui semblait encore plus blanche qu'auparavant, et ce, malgré le climat plus clément du royaume où elle avait trouvé refuge... Et que dire de son ossature ? Ermaëlle était certaine de l'avoir entendue craquer quand elle s'était inclinée puis redressée. La jeune femme frissonna. Elle se demandait bien quelle image les passant avaient d'elle... Une mauvaise, sans doute... Si elle ne trouvait pas rapidement une alternative à sa fuite, l'ancienne esclave craignait de ne plus du tout se reconnaître la prochaine fois qu'elle croiserait son reflet dans un miroir...

« … Pour le moment, je gagne assez pour vivre décemment. avoua Ermaëlle. Il faut juste que je me fasse au fait de vivre loin de chez moi. On aura beau dire... Mais Karn est tout ce que j'ai connu. Il va me falloir un peu de temps pour m'adapter, mais je ne suis pas à plaindre. »

Ermaëlle espérait que son ton était convaincant, de même que l'image qu'elle donnait d'elle aux autres. Elle n'était pas si maigre que ça, après tout. Du moins, c'était ce que disais l'ancienne esclave pour se rassurer. En réalité, elle n'en avait aucune idée. Il fallait qu'elle trouve un moyen de mettre un terme à cette conversation, ou au moins d'en changer le sujet. Déjà qu'elle était à découvert, la jeune femme ne voulait pas en plus attirer d'avantage l'attention des autres sur elle. Moins en on savait à son sujet, mieux c'était.

Un Arlaüd ? Il fallut un bref instant à Ermaëlle pour comprendre de quoi il en retournait réellement. Elle venait de se faire remarquer par quelqu'un qui se trouvait à la tête de la hiérarchie des Ars ! Décidément, si elle avait voulu se faire d'avantage remarquer, elle n'aurait pas pu faire pire ! La jeune femme tâcha de faire bonne figure. Après tout, c'était là les premiers noms qu'elle entendait depuis son arrivée à la capitale. Elle saurait s'en souvenir. Non pas pour en profiter, mais juste pour se dire qu'elle connaissait quelqu'un, même si elle ne revoyait plus jamais la personne en question. C'était réconfortant, d'une certaine façon.

« Le plaisir est partagé. assura Ermaëlle, avec un léger hochement de tête pour appuyer ses propos. Je m'excuse pour... Pour ce que vous avez vu. Il y a des habitudes dont il est difficile de se défaire, surtout quand elles sont inculquées dès l'enfance. »

Ermaëlle adressa un regard à Dementör. Mieux valait qu'elle dissipe la méfiance qu'avait le Laüd à son égard. L'ancienne esclave ne tenait pas à être considérée comme l'ennemie d'une telle créature. Après un moment plongée dans le silence, l'ancienne esclave mit donc ses pensées à exécution. Sur un ton qui se voulait rassurant, elle reprit la parole en portant son regard dans la direction de Dementör.

« Il me semble avoir comprit qu'il n'a que peu apprécié de savoir que j'étais originaire de Karn. Pourriez-vous lui dire que je n'ai aucune mauvaise intention à son égard ? Et que je suis très honorée de faire votre rencontre à tous les deux ? Ermaëlle se ravisa, serrant sa main autour de la sangle de son sac. Du moins, si cela ne vous dérange pas... C'est juste que.... Que j'aimerai dissiper tout malentendu... »


Dernière édition par Ermaëlle Fyrnam le Mer 21 Fév - 22:54, édité 3 fois
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Ásmundr Krönos
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MessageSujet: Re: |TERMINE] Une étrange rencontre entre terre et ciel.    Mer 21 Fév - 22:44

Je n'avais prêté que peu d'attention au son qu'émit Dementör qui venait d'apprendre l'origine de la jeune femme. En réalité, ce son était déjà plus naturel de son caractère que sa courbette de tout à l'heure face à l'inconnue ! Il n'était pas le Laüd le plus chaleureux du pays et avait toujours eu tendance à se tenir en retrait des étrangers. D'un naturel méfiant et protecteur, son agressivité arrivait avec plus d'aisance quand Kartendark tournait dans la conversation. Il était inutile que je vous en explique les raisons. L'Empire n'avait d'appréciation de personne dans ce pays et encore moins des Gardiens, et si Ermaëlle n'était pas une simple victime de ce malfaisant pays, Dementör aurait déjà réagit avec d'avantage d'agressivité. Mais la réaction du Laüd, évidemment, n'aidait pas la jeune femme à se mettre en confiance. Qui pourrait le lui reprocher ? Personne n'avait envie de se mettre un animal tel que lui à dos.

Je la jaugeais un temps des yeux. Elle semblait un peu plus jeune que moi, mais ne devait pas être loin de la trentaine pour autant. Elle avait vécu suffisamment longtemps dans son pays natal pour avoir acquis bon nombre de choses qui s'en trouvaient inutiles ici. Ce n'était certainement pas ce genre de choses que je lui reprocherais à supposer que j'avais quelque chose à lui reprocher, ce qui n'était guère le cas pour le moment. J'hochais alors la tête, lui affirmant que je comprenais sa situation actuelle. Du moins, je comprenais la difficulté qu'elle aurait de passer à autre chose, sans pouvoir comprendre ce qu'elle ressentait vraiment avec tout le changement qu'elle s'était imposée dans sa vie. J'ignorais si la capitale était le meilleur endroit pour elle pour démarrer. Ca restait une grande ville où les gens avaient tendance à être égoïstes et trop jugés selon la classe dans laquelle ils se trouvaient. Ici, il y avait des pauvres comme des riches et ce n'était jamais très bon d'évoluer dans un endroit pareil. Les petits villages étaient plus vivants, plus solidaires et plus égalitaires. Elle serait davantage mieux accueillit.

- Vous l'êtes encore moins à présent, lui répondis-je, je peux comprendre un peu votre ressenti, lorsque l'on doit quitter tout ce qu'on connaît pour aller vivre dans l'inconnu.

Tel un futur Ar, j'avais quitté mon foyer, ma richesse, ma famille, ma ville natale, mes amis, tout ce que je connaissais pour partir à jamais vivre au sommet des montagnes, parfaire un rude entraînement en compagnie uniquement de guerrier et de Laüd. Quand on avait dix ans, ça restait assez perturbant, même si la fascination d'une telle vie atténuait la perte de l'ancienne. Les premiers jours avaient été étonnamment les plus simples. Mais au fil du temps, lorsque je compris que je ne pourrais jamais faire marche arrière, on s'en sentait un peu délaissé et on était heureux d'avoir un compagnon tel qu'un Laüd pour palier ce sentiment de solitude soudain pesant. Dementör avait grandi à mes côtés, mais lui n'avait jamais eu besoin de quitter les siens pour cela. Cela ne voulait pas dire que je me plaignais de mon existence. C'était moi qui l'avait voulu après tout. Et au fur et à mesure, on gagnait en maturité et on devenait heureux avec bien peu de chose. Et puis finalement, je ne quitterais la vie au Panlaüd pour rien au monde car j'y avais gagné ma place.

Pendant un moment, je me demandais si ce que je venais de lui dire lui parlait. Car finalement, elle pouvait très bien ne pas savoir ce qu'était un Arlaüd et je voyais une réflexion intense sur son visage. Réflexion qui semblait laissé place à l'éclaircissement. Elle avait comprit. Et j'espérais qu'elle ne s'en montrait pas moins intimidée. Cette espérance avait l'air un peu vaine. Je le voyais dans son regard et je voyais presque qu'elle devait regretter cette rencontre. En tant qu'esclave de jadis, elle avait sûrement été habitué à la discrétion, ce qui avait été perdu d'avance aujourd'hui, il fallait le reconnaître. Pourtant je n'étais pas contre l'idée de faire de nouvelles rencontres, surtout quand elles étaient aussi rares que celle-ci.

- Vous n'avez pas à vous excusez pour ce genre de choses, assurais-je, c'est oublié. Et la maladresse vient de nous, à la base.

Je jetais un oeil à Dementör. La maladresse venait de lui, mais formant une paire, j'avais toujours tendance à m'exprimer au pluriel lorsque je parlais de moi ou de lui. Le Laüd, quant à lui, soutenait le regard que lui lançait la jeune femme, loin d'être aussi curieux que les premiers instants, c'était plutôt un regard soupçonneux qui lui renvoyait. Ermaëlle s'en rendit bien compte et me demanda même d'expliquer à l'animal qu'il n'avait pas à s'en faire pour elle. J'acceptais sa requête. Je traduisis à nouveau ses dires à Dementör dans la Langue des Anciens. Le Laüd dévia sur regard sur moi, attentif. Après quoi, il posa à nouveau ses yeux d'or perçant sur la jeune fille. Je le savais toujours aigri néanmoins, cependant il consentit à ne plus le montrer et redressa la tête, se voulant désinvolte.

- Veuillez ne pas trop prendre à coeur ses pensées à votre égard, fis-je alors, il n'a jamais beaucoup aimer les étrangers. Ceci dit, je peux toujours vous assurer qu'il ne se montrera nullement agressif envers vous.

Pas tant qu'il n'en voyait pas la nécessité. Dementör avait son petit caractère mais il n'agissait pas non plus sur un coup de tête sans réelle preuve, ni ordre de ma part.

- Si je peux me permettre, vous me sembliez un peu égarée dans cette vaste cité. Recherchiez-vous un lieu spécifique avant notre rencontre ?


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MessageSujet: Re: |TERMINE] Une étrange rencontre entre terre et ciel.    Mer 21 Fév - 23:46

« Nous savons toujours ce que nous perdons mais jamais si la mise nous sera rendue. Mais bon, au fond, j'ai tout à gagner et rien à perdre en voyageant. »

Si la présence de Dementör avait sûrement permit à son Arlaüd de tenir le coup quand cela avait été nécessaire, le seul réconfort d'Ermaëlle était d'être seule. Avec une famille, elle n'aurait jamais pu se permettre de fuir. Soit le noble aurait brutalisé les siens, soit... L'ancienne esclave ne voulait pas y penser. Dans ce cas, elle aurait du se rendre pour éviter à d'autres personnes de souffrir inutilement. Et le livre serait tombée entre les mains de personnes peu recommandables. Ermaëlle avait beau être dans cette situation à cause de ce maudit livre, sa vie était désormais liée à lui. Si on lui prenait, elle serait dépourvue de toute protection. C'était son seul moyen de trouver une vie meilleure ici. Une vie qui vaudrait le fait de ne pas être morte auprès de sa maîtresse.

Ermaëlle pouvait comprendre les ressentiments qu'éprouvait le Laüd à son égard. D'un certain côté, la jeune femme devait avouer qu'elle était plutôt blessée de la réaction de l'animal, elle ne pouvait que comprendre les raisons de sa méfiance. Il ne fallait pas juger un livre à sa couverture. L'ancienne esclave était bien placée pour le savoir. Il est vrai que les nobles de son pays, et surtout l'Empereur, n'étaient pas forcément respectables, mais pour le reste... Ermaëlle avait vu dans certaines maisons plus d'amour qu'elle n'en avait ressentit dans tout un palais. La plupart des gens n'avaient aucunes intentions belliqueuses. Les paysans souffraient en silence tout en obéissant pour éviter de subir d'avantages de mauvais traitements. A côté de cela, la jeune femme avait beau n'avoir jamais connu d'amour maternel au sens propre du terme, elle avait toujours été sincèrement touchée par l'affection que se portaient certaines personnes. Aussi, même si elle comprenait l'aversion qu'on pouvait avoir certaines personnes à l'égard de son Peuple, elle n'appréciait pas pour autant qu'on mette tous les œufs dans le même panier. Enfin bref, ce n'était pas important. Elle ne pourrait pas changer les choses et mieux valait faire en sorte que tout le monde ignore qu'elle venait de Karn. L'Arlaüd avait raison, mieux valait ne pas qu'elle prenne trop à cœur le ressentit du Laüd. Tant qu'il ne lui faisait pas de mal, elle ferait en sorte de l'éviter. Tout le monde s'en porterait pour le mieux.

« Je comprends... Il est vrai que mon Peuple n'est pas de plus appréciés. A raison sans doute... Je pourrai en vouloir aux esclavagistes qui m'ont arraché à mes racines, mais au fond, j'ai été mieux traitée que certains hommes libres. C'est malheureux à dire. A Karn, on traite mieux certains chiens que certains Humains. Rien que pour ce constat, je ne peux que comprendre que nous inspirions la méfiance quand cela n'est pas pire. » avoua Ermaëlle, en chassant ses derniers mots d'un petit mouvement de main, pour montrer qu'il fallait oublier ce qu'elle venait de dire.

Du moins, elle faisait en sorte que cela n'ait pas d'importance. Ermaëlle n'avait pas toujours été traité dignement. Avant d'être formée pour travailler dans les livres, elle en avait reçu des coups de bâton ou de lanière. Il fallait modeler les esclaves dès l'enfance, pour qu'ils soient plus serviles par la suite. Les coups les plus douloureux, l'ancienne esclave les avait reçu aux jambes. Il y avait une raison pour laquelle elle connaissait aussi bien les protocoles de son territoire d'origine. On les lui avait gravé dans le crâne à coup de bâton. Aujourd'hui, elle était encore obligée de porter des sortes de protection au niveau de ses tibias. Elles évitaient au froid de passer et de réveiller des douleurs très anciennes mais qui étaient à ce point gravées dans sa chair qu'Ermaëlle doutait de ne plus ressentir de douleur un jour.

Si l'aide de l'Arlaüd l'étonnait, Ermaëlle ne pouvait pas lui dire qu'elle cherchait à fuir. A fuir quoi d'ailleurs ? Des ombres ? Oui, c'était cela, des ombres. Des chimères, rien de plus. Mais des chimères effrayantes, qui la hantaient dans son sommeil ou qu'elle pensait voir à certains moments, au bout milieu de la foule. Les hommes qui avaient attaqué le convoi n'avaient pas pu la suivre jusqu'ici. C'était impossible. L'ancienne esclave se souvenait encore de sa fuite, du moins, en partie. Il y avait eu des combats entre les gardes de sa maîtresse et des bandits. Du moins, c'était ce qu'avait pensé Ermaëlle à ce moment. Par la suite, sa vision des choses avait changé. Ce n'était pas là de simples bandits. Ils n'auraient pas pu mettre en déroute la garde qui était assignée à sa maîtresse aussi facilement. Il s'agissait de soldats entraînés à se battre qu'importe les circonstances, par tempête de neige ou par temps clair. Des brigands normaux n'auraient rien pu contre eux. Mais là, la situation avait tourné différemment. Ermaëlle avait fuit, en voyant sa maîtresse mise à l'abri par deux de ses gardes. La jeune femme avait fuit. Elle s'était enfoncée dans les bois tout proches, et s'était glissée dans une crevasse, entre les racines d'un arbre. Les bandits étaient passés non loin d'elle, mais ils ne l'avaient pas vue... Ermaëlle était restée longtemps dans sa cachette, allongée dans un mélange de boue et de neige, une journée au moins... Elle craignait tant que les hommes la retrouve... Quand tout danger était écarté selon elle, Ermaëlle avait rejoint le village le plus proche. Les bruits de l'attaque y couraient déjà, de même que la nouvelle de la mort de sa maîtresse. C'était à ce moment-là que la jeune femme avait comprit qu'elle devait fuir. Ce qu'elle avait fait. Et aujourd'hui...

Ermaëlle porta son regard sur les passants. L'espace d'un instant, elle cru reconnaître l'un des hommes de l'attaque. En quelques instants, son cœur se mit à battre une étrange mesure. La jeune femme déglutit difficilement. Non, ce n'était pas possible. Personne ne l'avait suivit. Tout le monde devait penser qu'elle n'avait pas réussit à passer la frontière, ce qui était une possibilité après tout. Qui pouvait penser qu'elle, une simple esclave, puisse fuir aussi facilement et quitter les terres de l'Empire sans se faire repérer ? Mais... Ermaëlle pouvait se tromper. Il fallait qu'elle prenne ses précautions, c'était plus judicieux. Il ne fallait pas prendre de risques. Il fallait qu'elle fuit, quitte à se perdre à nouveau dans les méandres de cette cité et de ne jamais pouvoir en ressortir. Dans son cas, le principe de précaution devait être poussé à l'extrême. Dans le cas contraire... Sa vie ne valait pas plus que le livre qu'elle avait avec elle... Tant pis si elle devait fausser compagnie au Laüd et à son Arlaüd. Si Ermaëlle n'appréciait pas cela elle n'avait pas le choix...

« Je... Je flânais. avoua Ermaëlle, sans parvenir à réellement cacher son trouble. Se perdre fait partie de ce jeu. Je.. Je vais vous laisser. Vous devez avoir des choses importantes à faire. Je... Ermaëlle esquissa un petit mouvement d'une main, le seul salut qu'elle connaissait quand on ne pouvait pas faire de révérence. Heureuse de vous avoir rencontré. »

Ermaëlle fit un nouveau signe de la main avant de pénétrer dans la ruelle la plus proche. Vu la taille du Laüd, il ne pourrait pas la suivre par ici. Au pire des cas, il pourrait l'observer un moment, et encore, l'ancienne esclave ferait en sorte de disparaître. Elle avait peut-être rêvé, mais mieux valait ne pas prendre de risques. C'était ces précautions qui l'avaient maintenue en vie. Sans elles, Ermaëlle savait qu'elle serait morte avant même d'avoir atteint la frontière...
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MessageSujet: Re: |TERMINE] Une étrange rencontre entre terre et ciel.    Jeu 22 Fév - 16:56

Elle n'avait pas tort et disposait d'un bon état d'esprit. Je pense que c'était essentiel pour quelqu'un comme elle. Quand bien même j'essayais de me mettre à sa place pour comprendre son point de vue, je devais reconnaître que c'était assez difficile de m'imaginer voir du bon dans l'Empire du nord. En même temps, j'étais de ceux qui luttaient contre, qui devaient protéger Hetenlaüd de ses tentatives d'invasion alors il m'étais délicat de rester neutre envers lui. Mais je n'étais pas non plus un bougre haineux et aigri. Je savais que le véritable problème de ce pays, c'était ceux qui étaient à sa tête. Qu'en dessous, il y avait de pauvres gens qui aimeraient sûrement, comme cette fille, passer la frontière pour vivre enfin en paix et en sécurité, loin du joug de leurs oppresseurs. Dementör était de mon avis. Bien qu'il était farouche de nature, il ne mettait pas tout le monde dans le même panier et savait bien distinguer la femme devant lui de l'Empereur de Kartendark. Sinon pensez-vous qu'il serait actuellement bien moins calme qu'en ce moment.

Si ça tenait à beaucoup d'entre nous, je pense qu'on aurait déjà tenté nous même une invasion de cet empire pour le libérer des monstres qui le gouvernaient. Mais c'était naturellement chose impossible. Nous ne devons pas nous mêler des affaires de l'autre côté des frontières. Cela avait quelque chose de frustrant, mais on avait appris à faire avec. Qui sait dans le monde, il y avait sûrement des pays bien pires que ça. Il n'était que trop personnel de voir en l'empereur du nord le diable incarné. Ermaëlle disait être mieux traitée que d'autres et c'était sûrement ce qui faisait que son point de vue avait tendance à défendre les siens contre les préjugés connus de tous. Elle n'avait connu rien d'autres comme vie et il était évident que si elle avait commencé à Hetenlaüd avant de finir à Kartendark, son opinion aurait été tout autre. Le parcours d'une vie avait beaucoup d'influence pour notre regard du monde.

- Je me réjouis donc d'apprendre que vous ne faites pas partie de ceux qui ont été le plus durement traité dans votre pays. Nous ne connaissons pas l'esclavagisme par ici et nous peinons ainsi à le comprendre.

Elle avait cependant eu beaucoup de chance d'être parvenue jusqu'en Hetenlaüd, et passer les frontières hautement gardées qui séparaient les deux pays. Enfin, c'était de la chance pour elle mais peut-être devraient-ont nous en inquiéter d'avantage. Si une esclave avait pu passer, il n'y avait rien à vanter du niveau de sécurité entre notre pays et le pire de tous par delà les montagnes ! Elle avait sûrement su convaincre la garde de la laisser passer car je concevais difficilement qu'elle puisse être passée en douce. Mais l'attitude de la jeune femme changea en quart de seconde lorsqu'elle porta son regard alentour. C'était comme si elle avait vu un fantôme. Je savais pourtant qu'aucune menace n'était à signaler au sein de la capitale mais très vite, Ermaëlle se décida à prendre congé suite à cela. Intrigué, je ne pu m'empêcher un coup d'oeil droite-gauche comme pour dénicher un potentiel danger, mais évidemment, c'était vain et Dementör n'avait pas spécialement réagit. Il se contentait de garder un oeil sur la jeune fille.

- Heureux de même, fut tout ce que je fus capable de répondre lorsqu'elle me salua d'un signe de main avant de s'éclipser rapidement pour se dégager dans une rue voisine.

Je la suivis des yeux alors qu'elle pressait le pas pour disparaître dans l'inconnu de la ville. Quelle rencontre...étrange. Dementör ne semblait pas soulager de sa disparition. "Une fille de Karn à Hàntonael !" devait-il se dire du plus indigné qu'il soit. Il fallait faire avec. Tout le monde avait droit à l'hospitalité de notre pays. Et si elle pouvait avoir une meilleure vie ici, nous n'étions certainement pas en droit de le lui refuser. Le Laüd et moi reprenions donc notre chemin le long des rues suspendues, libérant un peu plus le passage que nous avions monopoliser de tout le temps que nous avions converser avec la femme du nord. A notre tour, nous nous éloignons dans les profondeurs de la cité, si vaste et si grande que même Dementör ne se voyait plus aussi bien de loin...

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